Une Odyss

Nouvelles :
Une odyssée martienne : Pour la première fois, des hommes atterrissent sur Mars. Mais l’un des astronautes s’écrase à des centaines de kilomètres du vaisseau lors d’un voyage d’exploration.

Vallée des rêves : Après son odyssée sur Mars, Dick Jarvis part rechercher les bandes vidéos du vaisseau qui s’était écrasé, mais il découvre une civilisation disparue en chemin.

Vol sur Titan : Suite à une crise économique sans précédent, un homme et une femme partent faire fortune sur Titan, où des pierres aux prix fabuleux ont été découvertes.

Planète parasite : Ham Harrison est aventurier sur Venus, à la recherche de spores qui se vendent très cher. Mais sa cabane est détruite et il doit rejoindre à pied la colonie la plus proche.

Esclaves jaunes : L’immigration clandestine entre les USA et le Mexique se fait désormais par la mer, ce qui permet de se débarrasser facilement de preuves encombrantes…

Les Mangeurs de Lotus :Ham Harrison, récemment marié, explore le côté obscur de Vénus, et y découvre une espèce aussi intelligente que fataliste.

Les Lunettes de Pygmalion :De drôles de lunettes permettent de voir un film, mais aussi de sentir, de goûter, d’entendre et de toucher, comme dans la réalité.

Le Monde des si : Dixon Wells arrive toujours en retard, et cette fois, en loupant son avion, il évite une mort certaine dans le crash de celui-ci. Mais il se demande si l’accident est dû à son retard.

L’Idéal :Le professeur Van Manderpootz, ami de Dixon Wells, lui fait essayer une machine affichant son idéal. Et Wells tombe amoureux de son idéal féminim, qui n’existe évidemment pas.

Le Défi venu de l’au-delà :En créant un vortex vers une autre dimension, un professeur s’attire les foudres d’entités extraterrestres.

La Planète du doute :Revoilà Ham et son épouse Patricia, premiers explorateurs d’Uranus. Patricia va disparaître dans les brumes d’Uranus en voulant aller chercher un spécimen.

Red Peri :Depuis quinze ans, le pirate Red Peri s’attaque aux navires qui voyagent à travers le système solaire, sans qu’on ait jamais pu l’attraper.

Adaptation ultime :En voulant créer un vaccin, un jeune chercheur crée une nouvelle race, l’homo sapiens supérieur.

La Lune folle :Sur Io, les hommes exploitent une feuille aux vertus opiacées. Mais son exploitation dépend du bon vouloir des autochtones, de drôles de zinzins.

Mers étouffées :Alors que la guerre fait rage entre les USA et l’Asie, une algue envahit les cours d’eau, bloquant rapidement les circulations dans le monde entier.

Le Point de vue : A cause d’une invention de van Manderpootz, Dixon Wells peut voir le point de vue d’une autre personne, et tombe amoureux d’une personne belle selon une personne alors que lui même la trouve laide.

Le Cairn de la rédemption : Accusé d’avoir provoqué la mort de ses passagers à cause de sa lâcheté lors d’un atterrissage difficile, un pilote reprend du service pour une mission l’emmenant sur les lieux mêmes de l’accident.

L’Île de Protée : Abandonné seul sur une île de Nouvelle Zélande, un biologiste est confronté à un cas unique : une île où tous les animaux et les végétaux sont différents les uns des autres.

Le Cercle de zéro : A la suite du krach de 1929, un courtier entreprend de s’hypnotiser lui même pour voir l’avenir et acheter les bonnes actions.

Graphique : Un entrepreneur se plaint d’une maladie chronique depuis plusieurs années, alors qu’il avait habituellement une santé de fer.

Au bord de l’infini : Un mathématicien doit deviner un chiffre en ne posant que dix questions. S’il perd, c’est la mort qui l’attend.

Mers changeantes : Après une vague mondiale d’éruptions volcaniques, l’amérique centrale est engloutie et le Gulf Stream disparaît. Revenue à l’âge glaciaire, l’Europe se prépare à envahir l’Amérique tempérée.

Révolution de 1950 : En 1946, Steel Jeffers est élu président des USA. Deux ans plus tard, il met en place un régime fasciste. La résistance s’organise, jusqu’au sein même de ses conseillers.
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La Planète aux marées : Sur Europe est récolée la cree, une plante aux vertus médicinales exceptionnelles. Mais lors d’une des grandes crues, la formule lui donnant ces vertus est volée.

La Verte lueur de la mort : Un richissime homme d’affaire américain vient d’acheter une pierre précieuse inestimable, mais veut garder la transaction secrète. Un agent de l’assurance la protège pendant son voyage jusqu’aux USA

Divers :
Esquisse autobiographique :
Poèmes :
Bibliographie :

Cette anthologie est un ouvrage exceptionnel, car elle met en valeur un auteur méconnu mais pourtant incontournable de la SF. Car mort à 33 ans en 1935, alors que sa carrière commençait à peine, Stanley Weinbaum a marqué de manière indélébile la jeune sf américaine, laissant à ses lecteurs, dont les futurs auteurs de l’âge d’or américain, une forte impression. Ce n’est qu’aujourd’hui, 70 ans après sa mort, que son oeuvre commence à être sérieusement éditée en France. Et il faut avouer qu’elle a très bien vieilli.

Certes la majorité de son oeuvre correspond aux critères de publication de l’époque, des critères désuets à notre époque, où un jeune aventurier combat les extraterrestres et à la fin séduit une jeune fille superbe. Un schéma récurrent dans la plupart des nouvelles de l’époque, et auquel Weinbaum n’a pu échapper, seule condition pour être publié. Mais il n’y a pas que ça, car outre cette ébauche de space opéra à travers la représentation d’un système solaire colonisé et exploité économiquement par les terriens ( tryptique de Ham Harrison ou le dyptique de Dick Jarvis), il a sévi dans d’autres genres. On peut ainsi suivre les péripéties scientifiques loufoques de Dixon Wells et du professeur Van Manderpootz, aboutissant toujours à une déception amoureuse du premier, ou encore quelques textes plutôt axés policier («esclaves jaunes», «la verte lueur de la mort») et aussi quelques anticipations brillantes. De manière générale, on peut même dire que ce sont ces anticipations ses meilleurs textes, notamment Mers changeantes ou Révolution de 1950 qui ne dénoteraient pas à notre époque par leur sujet brûlant d’actualité. ( le premier évoque avec soixante dix ans d’avance la disparition du gulf stream, le deuxième est une brillante fable sur le fascime).

Mais ce qui rend Weinbaum si différent de ses contemporains, c’est son écriture intelligente. Car pour lui, la science-fiction ne se résume pas à des extraterrestres hostiles, des pistolets laser et des vaisseaux super rapide. Il utilise ces clichés-là, mais dans un cadre scientifique strict, lui permettant de faire de la vulgarisation tout en faisant avancer le récit. Weinbaum se montre ainsi au coeur de l’actualité politique(Révolution de 1950), économique (Le Cercle de zéro ), sociale (Esclaves jaunes) et scientifique (L’Île de Protée).

Et pourtant, en dépit d’un si beau palmarès, Weinbaum reste un auteur quasiment inconnu en France, contrairement à certains de ses contemporains bien moins bons. Gageons qu’avec cette anthologie et l’édition récente de ses romans, il gagnera en notoriété posthume et retrouvera la place qu’il mérite dans la genèse de la sf.

Né en avril 1902, Stanley Weinbaum meurt en décembre 1935 d’un cancer de la gorge après avoir brillé dans la littérature de science-fiction comme le plus brillant des météores. Malgré la brièveté fulgurante de sa carrière littéraire, il est « le premier génie de la science-fiction américaine » comme le proclame Isaac Asimov.
Ingénieur de formation, dès 1934 il bouleverse le genre avec Une Odyssée martienne qui met en scène des aliens doués de logique, mais d’un langage et d’un comportement étrangers à ceux de l’espèce humaine.
Alors qu’à son époque les auteurs et les lecteurs de science-fiction se bornent la plupart du temps au space opera, à connotation souvent militaire, voire militariste, les thèmes principaux des nouvelles de Stanley Weinbaum sont aujourd’hui demeurés d’une actualité saisissante : mondes virtuels, bouleversements climatiques (étonnant Mers changeantes!), paradoxes scientifiques, pouvoirs illusoires, sociétés totalitaires, clonage, écosystèmes différents, réflexions critiques, philosophiques et politiques, puissance de la télévision… Il est le créateur, avec H.G. Wells comme seul prédécesseur, d’une science-fiction intelligente, dotée d’une grande puissance d’évocation : certaines des images souvent surprenantes de ses histoires resteront longtemps gravées dans l’imagination de ses lecteurs.
H. P. Lovecraft, qui sait de quoi il parle, déclare à ce propos : « Stanley Weinbaum possédait une rare imagination, lui permettant d’inventer des situations, des psychologies et des êtres entièrement alien, de mettre en oeuvre une narration consistante à partir de motivations totalement étrangères et d’éviter les procédés cheap que déversent les écrivains de pulp fiction. »
Lorsque l’Association des Ecrivains de Science Fiction d’Amérique, qui attribue le prix Nebula, se réunit pour établir le Panthéon des récits de science-fiction (Hall of Fame), celui qui est choisi pour figurer en tête des trois volumes composés est Une Odyssée martienne, reconnu par tous comme un chef-d’oeuvre. Les autres auteurs, considérés comme des maîtres de la nouvelle, retenus pour figurer dans ce Panthéon, sont Poul Anderson, Isaac Asimov, Ray Bradbury, Fredric Brown, Arthur Clarke, Harlan Ellison, Robert Heinlein, Fritz Leiber, Murray Leinster, Anne McCaffrey, Richard Matheson, Michael Moorcock, Robert Silverberg, Clifford Simak, Theodore Sturgeon, Jack Vance, A.E. Van Vogt et H.G. Wells. C’est dire que Stanley Weinbaum est reconnu par ses pairs comme le premier des grands auteurs classiques du genre. Par ailleurs, le monde scientifique ne s’y est pas trompé pas non plus : un cratère de la planète Mars porte son nom…
Ce volume regroupe pour la première fois au monde les vingt-six nouvelles écrites par Weinbaum au cours de sa brève existence : vingt-deux n’avaient jamais été traduites en français, dont deux rarissimes, jamais reprises en volume même aux U.S.A. depuis leur parution en pulp magazine, dont aussi le légendaire Challenge From Beyond écrit à plusieurs, successivement par Stanley Weinbaum, Donald Wandrei, E. E. « Doc » Smith, Harl Vincent et Murray Leinster.
Un cahier couleurs de 24 pages reproduit les couvertures des pulp magazines originaux des premières parutions en volume ou en revue. Les dix poèmes de science-fiction de Stanley Weinbaum (très rares et inédits en volume) y sont offerts en bonus.
Enfin y figure une bibliographie très détaillée, la plus complète à ce jour.
Cette première mondiale constitue ainsi un véritable monument de la science-fiction — et un authentique futur collector.

Coda (2007)468 pages 29.00 € ISBN : 9782849670286
Traduction : Françoise Jackson
(Ined)
Couverture : Virgil Finlay

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