Univers 1 de Anthologie

Outremonde 1

Au travers de ce premier numéro d’Outremonde, vous pourrez trouver :

Coeur de Ténèbres de Charlotte Bousquet : Un chasseur qui arrive à emprisonner un vampire est déjà assez rare… Ce qui l’est encore plus est que ce dernier n’arrive pas à se résoudre à tuer sa captive…

Travail de secrétariat de Cyril Carau : Quand il fut pris pour ce travail de secrétariat, l’heureux élu ne pouvait pas imaginer tout ce que ce poste lui apporterait.

– Persistance de Franck “DT” Marcadier
– Jupiter et Sémélé, Article de Cyril Carau sur l’oeuvre de Gustave Moreau
– Le Témoin du désespoir de Sylvain Quainon
– Une interview de Johan Heliot par Benjamin Relat
– Le dernier de Thierry Santander : La guerre touche à sa fin et le règne de l’homme aussi
– Sombres Chimères de Julien Burnichon

Outremonde, ce simple nom fait frémir tous les webmestres de la websphère française. Ces êtres hybrides, mi-hommes, mi-canons, ont commencé à envahir internet, ne laissant que ruine et désolation sur leur passage. Déjà plusieurs forums ont eu à subir leurs assauts, et nombreux sont ceux qui y ont succombé, mais le nôtre continue encore et toujours à résister à cet insidieux envahisseur, dont la cruauté et la fourberie ne trouvent leur équivalent que dans la nullité et la médiocrité de leurs nouvelles.(Ndlr, ils sont sympas pourtant, on ne comprend pas l’avis d’orcusnf, il n’y pas plus sympa et chaleureux qu’eux…)

aspect général
Au premier abord, une couverture bleue claire, avec un titre écrit dans un alphabet tout en courbes et en blancheurs, timidement dévoilé par l’éclat des lueurs sourdant faiblement de l’arrière plan géométrique. Un sentiment de torpeur s’empare du pauvre lecteur qui, par malheur, a été pris dans les fascinants rets de cette couverture, qui nous réserve bien des surprises. Cette mise en bouche est suivie par la redondante présentation du contenu de l’oeuvre, la 2eme apparition se distinguant de la précédente par l’ajout des pages, faible consolation devant cette lourde répétition. Heureusement, un édito qui fait office de résumé, atténue cet effet, puisque l’odieuse équipe outremondienne essaye de brimer et de censurer la presse en lui livrant tout emballé le résumé-critique de leur magazine. Mais nous ne céderons pas, nous passerons outre cette maladroite tentative de corruption.

coeur de ténèbres
dessin étrange, j’hésite entre la femme délaissée au bord du suicide et la guerrière qui prépare son énergie mentale. Puis je vois les chaines, et tout se brouille en moi. Une alternance de rythme binaire et ternaire dans les descriptions, l’instabilité de la nouvelle, des sentiments du héros, de la situation tout ce qu’il y a de plus précaire. on sent que ce texte aurait très bien pu finir en poême mais que, finalement, l’auteur a choisi la prose, sans pour autant y perdre au change. Ce serait intéressant de voir ce que pourrait donner le vers. De toute façon, il y a peu de chance de nous instiller plus de nostalgie que sous cette présente forme.

travail de secrétariat
Première impression qui ressort, la lourdeur du texte. Nous ne lisons plus des paragraphes mais quasiment des chapitres entiers, des morceaux d’existence semés sur le papier. Et puis, la vérité se fait jour, ces paragraphes ne sont que les pièces d’un merveilleux puzzle. L’immensité de la tâche du secrétaire, qui petit à petit, rassemble les indices de sa quête. Le temps est partout, le texte commence par finalement et finit par le symbole de l’éternité. Tout ceci n’a été qu’un instant, et non l’écrasant poids d’un texte, une seconde d’une vie, qui pourtant rassemble de quoi nourrir les auteurs les plus prolixes. Merveilles de la compression du temps. Les piles de papiers montent vers l’infini, tout menace de s’écrouler, et tout tient bon.

Persistance
La nudité crue d’une fille déambulant dans les ruelles d’une ville en ruine. La pluie l’entoure, l’aspire, la fait sienne, son ours, dérisoire gardien, regarde en arrière, déjà nostalgique de sa patrie, déjà perdu dans un maelstrom de confuses douleurs. L’impression est bizzare dès les premières lignes, ne mâchons pas nos mots, on s’ennuit. Mais alors on s’ennuie face à une pluie d’effets verbaux du plus bel effet, une succession de comparaisons poêtiques pour évoquer la fin du monde. L’auteur dépasse le cadre du rythme binaire, voire ternaire, propre à l’exagération française dans la débauche des adjectifs, nous en sommes bien loin. Le simple mot constitue une exagération. Las, ce n’est plus un continent, mais un univers entier que la plus simple protubérance écrite. La perspective détone, une vue de haut, un observateur qui semble étranger, voire un ange gardien qui observe pour le compte d’une divinité qui s’en fout un peu. Pourtant, parfois, cette présence utilise des termes possessifs, comme si elle faisait partie de ce monde. Mais le cynisme est trop fort pour masquer cs points positifs. Un petit poême improvisé marque l’hoorreur de la situation, l’apogée de l’atrocité, la beauté dans la souffrance, l’esthétique du mal porté à son summum. Mais la fin est malheureuse, la chute est trop forte, on se croit en heroic fantasty, on retombe dans les affres contemporains de la hard science. Peut être pas déplaisante, mais qui ici, est de trop.

Jupiter et Sémélé
Etrange intermède que cette chronique artistique dirigée par l’outremondien suprême, l’individu aède. Une oeuvre brouillone, éclatante de naïveté, à une époque où la mythologie passe aux oubliettes. Un patchwork de citations et d’extraits de journal, on se perd, on pense trouver une sortie, mais on replonge dans la mélasse. Ce commentaire semble interéssant, mais sombre dans de nombreuses lourdeurs qui pourront décourager le badaud.

Le témoin du désespoir
Le numérique, l’artificiel, un personnage digne d’un final fantasy, toute la modernité d’un dessin qui est censé représenter l’éternelle absurdité de l’acte belliqueux. Mais le feu irradiant de l’épée peut laisser augurer la purification, le renouveau de la terre souillée. dernière impression qui m’est venue à l’esprit, le nom du pays, Hyleria, si proche du nom d’un autre royaume légendaire détruit peu à peu par les combats titanesques, puis par un cataclysme, je veux parler d’Hyrule bien sur, elle aussi à la recherche de son héros sauveur. D’ailleurs, ce cataclysme, véritable allégorie du deus ex machina semble bien improbable, un peu incohérente même, mais dans un monde magique, pourquoi s’étonner, la magie est la réponse à tout. En fait, c’est long, on attend avec impatience la fin du tetxe. Il est précisé que c’est un texte indépendant lié à un cycle, mais cette appartenance se sent. Trop de détails techniques, trop d’explications, finalement et paradoxalement, le combat semble secondaire. On ne parvient pas à adhérer aux idées de Gotan, personnage trop impersonnel, trop carictural même. Il ressemble un peu au héros du désert des tartares de Buzzati, il attend, reflêchit, et se désole de tout. Après la Hard science, la Hard fantasy. Dédoublement du magazine, toujours en train d’hésiter, de balancer. Un balancement hypnotique, celui de l’être bienheureux, après avoir découvert un joyau, et qui le contemple inlassablement, oubliant même les défauts qui lui passent sous les yeux.

Johan Heliot
Mais qui est donc cet auteur relativement nouveau sur la scène littéraire française, apparu en 2000 comme un cheveu sur la soupe et déjà récompensé par un prix Morane en 2005 et un prix Rosny ainé en 2000. Finalement, juste un amoureux de la sff, qui puise ses sources dans l’ingurgitation à grandes doses de tout ce qui tombe entre ses mains gloutonnes, et qui nous retranscrit tout ça à sa sauce personnelle pour nous pondre, espérons le pour lui et pour nous, des petits chefs d’oeuvres. Les débuts sont laborieux, la survie difficile, mais le succès est déjà là.

Le dernier
autant le précedent dessin de nathy semblait exprimer quelque chose, et réussissait à effacer son côté numérique, autant celui ci le proclame ouvertement, et signe par là même son arrêt de mort. Si je devais juger la nouvelle à son illustration, je n’oserai même pas la lire. Il n’y a aucune grâce dans cette oeuvre iconographique, du droit, du terne, du déjà vu, du froid, du flou. Heureusement, ces qualificatifs ne s’appliquent pas pour le texte. récit d’un génocide simple et efficace, sans commune mesure avec ce que nous avons connu dans notre honteux passé. Mais pourtant toujours un génocide. Tout est très court, comme la succession des évènements. Le lecteur est aspiré dans un tourbillon, tout se précipite, il court vers la fin…et est stoppé net par la chute, inattendue, qui nous prend par surprise et nous rend sensible à la poésie du texte. Finalement, une relecture s’impose sans discussion pour mieux saisir la parfaite quintessence de ce message d’amour sous son papier glacé de haine.

sombres chimères
Texte mystérieux, un homme dans le désert, le dessin qui l’accompagne est un des plus beaux du magazine, peut être le meilleur. Difficile de me prononcer dessus, en tout cas, il exprime une certaine façon de vivre la solitude, celle du sage peut être. un homme, un maraudeur traque, tue , vole pour le compte de ses emplyeurs. Aucun scrupule, l’homme le plus basique qui soit, le mercenaire, pourtant plus humain que certains. Car malgré sa couche de brutalité, se cache un homme sensible, un esthète qui ne peut résister au doux chatoiement d’une pierre, ou au miroitement de la lune sur les steppes vides. Mais la fin semble brouillone, on comprend ce qui se passe, mais la transition est brutale, d’autant plus que ce n’était pas la fin escomptée. Elle surprend, mais fait plaisir aussi, bien que le héros ne soit peut être pas du même avis.

le baron Castafiel
Le nom nu évoque déjà de bien tristes échos quand à la composante essentielle de ce personnage récurrent , qui interview chaque auteur et illustrateur de l’univers 1. Entrevues pleines de morgues et de hautaines bienveillances, brillament interprétées par le dénommé Arius, à qui l’habit de ce baron convient parfaitement. Il est dans son élément, cynisme et moquerie, hauteur et orgueil. Heureusement, ses interlocuteurs ne se laissent pas faire. D’ailleurs ces exubérantes ripostes s’essouflent rapidement. On distingue un decrescendo dans leur intensité, manque d’inspiration? manque de temps? limite au génie d’Arius? ou tout simplement bonification des malheureux participants, jugez par vous même.

NB suite à des avis de visiteurs, je tiens à préciser que cette critique d’outremonde est ironique. Il ne faut pas la prendre au 1er degré. De nombreuses remarques sont adressées à l’equipe d’outremonde que nous connaissons bien.

70 pages Couverture : Collectif
En savoir plus
2006

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *