Univers 2 de Collectif

Outremonde 2

La Première pyramide
Quand la momie se réveille, les hommes sont forcément surpris.

Une Race particulièrement sotte
Maitre Erastre, célèbre encyclopédiste du pays d’Anagobédundouille et magicien notoire part en voyage, accompagné de son serviteur, Servinius le lupron. La quête du jour est l’observation d’une race aux moeurs peu évoluées, puisque le maître le dit.

Dernière rencontre
La suite du témoin du désespoir, paru dans univers 1. La rencontre entre deux hommes, l’un arrive, l’autre part.

Turn-over
Dans les cités ouvrières, la vie est pénible, la tentation est grande d’essayer de s’en échapper.

La Voûte céleste est une passoire
Lorsque Victor, son neveu, et Felix et Sophie, les enfants de Pamela, se rejoignent durant les grandes vacances, ils passent tout leur temps ensemble, devant un ordinateur.

Forget me not
La rencontre entre une citadine et un insecte, objet obsolète dans cette obscure ville.

I&CO
Parfois, la sous-traitance permet de résoudre bien des soucis, surtout que les Dieux ont un emploi du temps chargé.

L’instant de l’action
La chute, inexorable, et le vide, la Peur, mais surtout le temps qui s’écoule.

La Première pyramide
Assez spécial, on sent une pointe d’inspiration chez Howard, tout en prenant aussi dans le cinéma moderne et les mythes récurrent associés à ce thème privilégié par le fantastique. L’interêt n’est pas dans l’identité du personnage, lequel est rapidement démasqué, même si le récit de son histoire n’est pas ininteressant. Néanmoins, la chute me laisse perplexe.

Une Race particulièrement sotte
Le registre du second degré est ici de mise, le titre laisse une bonne impression confirmée par la lecture. Critique du monde moderne et de l’absurdité de son organisation, mais aussi critique des préjugés et de la froideur de l’objectivité. La faute vient des deux camps, aucun des deux n’est totalement innocent. On appréciera la description des héros, assez bien campés dans leurs rôles stéréotypés, avec tous les inconvénients qui leur incombent. D’autant plus que les noms ne sont pas innocents. Enfin, il faudra considérer le choc culturel traité ici. Le titre met en évidence le mot race, qui n’est pas anodin.

Dernière rencontre
Il faut avouer que sans le premier texte, on n’y comprend pas grand chose. Et même avec, le texte reste assez brouillon. On ne peut pas dire qu’il m’ait particulièrement plu, je m’y suis plutôt ennuyé. L’idée n’est pas forcément mauvaise, apprendre l’identité des interlocuteurs est une surprise évidente, mais il y a de nombreuses longueurs, le texte souffre d’un manque de rythme. On préférera le précédent texte, moins original mais mieux écrit.

Turn-over
Il serait facile, voire logique, de réduire ce texte à une problématique dickienne de la paranoïa et de l’inéluctabilité des évènements. Mais on y dénote surtout une profonde amertume contre la société, un ras-le-bol contre l’exploitation des ouvriers. Soma de Huxley ou Formatage de l’auteur, il n’y a qu’un pas. Tout est bon pour maintenir l’employé dans l’ignorance de sa situation et maintenir ainsi la paix sociale. Le thème du révolté est un sujet tout ce qu’il y a de plus classique, mais ici, il n’est ni un super héros, ni un fugitif pétri d’idéologie, il veut juste être libre, même si celle-ci n’est qu’illusoire. La fin est surprenante, aussi bien pour les fugitifs que pour le prévôt. Ce là laisse présager bien des développements, une telle idée pourrait revenir ailleurs ultérieurement.

La Voûte céleste est une passoire
Texte vainqueur de l’appel à texte Outremonde, il se démarque de façon significative du reste des textes. Au premier abord, il semble décalé, hors-sujet. On en vient à se demander si les anthologistes ne se sont pas trompés en laissant passer un texte qui ne répond pas au sujet. Le titre n’est pas plus explicite d’ailleurs, mais je vous rassure, ce texte est une merveille de subtilité, un petit bijou à savourer. Il me rappelle une très vieille nouvelle américaine valorisant encore une fois les enfants, même si le contexte et l’action diffèrent totalement. Néanmoins, la chute est aisément devinée avant la fin du texte, mais le style et la fluidité de l’écriture remplacent avantageusement cette précoce découverte.

Forget me not
Cette nouvelle est courte, et se savoure lentement. Un cri d’alarme, une peur du lendemain contre la «bétonnisation» accélérée du monde et de la nature. Le contexte est tout ce qu’il y a de plus académique au regard des productions engagées contemporaines, mais elle sait se distinguer de la concurrence. Il y a un réel travail sur la langue et de nombreux jeux dans le texte, qui le rendent particulièrement bien écrit. Mais ce qui est le plus remarquable est incontestablement la relation brève mais émouvante qui se tisse entre les protagonistes de l’histoire. Tout les sépare, mais ils comblent mutuellement un manque chez l’autre. Les anglophones ne manqueront pas de deviner le jeu de mot du titre, qui sait rester obscur tant qu’on n’est pas parvenu à la dernière ligne.

I&CO
l’équipe d’Outremonde semble décidément bien en veine au niveau humour, et ce n’est pas forcément pour nous déplaire. Tout nous semble dévoilé à la première page. Nous voyons le dessin d’un être semblable à la représentation populaire, quoique caricaturale ici, d’un démon. Et le titre nous laisse suggérer l’existence d’une entreprise. Nous pourrions donc en conclure que le diable gère une société. Ce qui est effectivement ici le sujet du texte, mais n’est pas – heureusement – l’élément le plus drôle. Il s’agit plutôt du diable ou de n’importe quel être répondant à ce patronyme et à ses idées. Commentaires acerbes sur la divinité et sur son rôle à lui dans leurs affaires. Et surtout critique de la religion qui semble ici être légèrement au rabais, voire imparfaite. La mise en abyme de l’entrepreneur est délicieusement traitée, lui-même allant jusqu’à se demander si sa vie n’est pas elle même au rabais, et si une autre personne ne lui fait pas subir ce qu’il inflige à d’autres au moyen de ses embrouilles et de son talent de commerçant.

L’instant de l’action
Je reste totalement sceptique devant cette oeuvre, qui demande une relecture pour devenir compréhensible. Il n’est pas réellement lié à la sfff, mais n’en est pas détaché non plus, plutôt ambigu en quelque sorte. Le sujet est assez difficile à deviner, voire impossible au premier abord. Les deux personnages sont radicalement différents et n’ont pas de réels rapport. L’action en devient encore plus décousue et difficile à suivre. La différenciation se fait sur la police du texte, mais reste cependant assez malhabile. L’italique exprime l’intériorité de l’expression du second personnage, assez effacé et faible, mais le premier personnage aurait tout aussi bien mérité cette marque.

Avis général
Par rapport au premier tome, la qualité monte sensiblement. L’équipe d’outremonde commence à prendre ses marques et à prendre la vitesse de croisière. Par exemple, ils ont compris que le sang neuf apporte un souffle nouveau a un magazine et savent chercher des textes ailleurs que dans leur équipe. Cette étape était indispensable à leur développement, maintenant, ils disposent d’un bon magazine avec une marge de progression encore forte.

Les Auteurs
Thierry Santander, Elie Darco, Cyril Carau, Menolly, Alain Le Bussy, Anne Lanièce, Julien Louisandre, Sylvain Quainon.

Les Illustrateurs
Nathy, Cyril Carau, Fablyrr, Alain Mathiot, Magali Villeneuve, Annick.

Et aussi
Nous retrouverons avec plaisir un article de Cyril Carau sur l’oeuvre et la vie de Piet Mondrian, un artiste hors-norme, tour à tout cubiste, néo-impressionniste et créateur du néo plasticisme. Et aussi une interview de Phlippe Ward, directeur de la collection Rivière Blanche , par Thierry Santander. Sans oublier le concis mais complet éditorial d’Elie Darco.

100 pages Couverture : collectif
Outremonde 2006

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