Univers 3 de Collectif

Outremonde 3

Le Flambeau d’Outremonde :
En se promenant tard dans la nuit de Londres, un écrivain, voire même l’Ecrivain fait une étrange rencontre. L’Art se présente à lui sous une forme allégorique et l’emmène loin, dans une étrange odyssée vers le pays de l’imaginaire, là où se croisent tous les destins et les muses, à Outremonde : la croisée des chemins.

Le Chemin d’une vie :
L’homme est mort, il ne lui reste plus qu’une chose à faire avant de connaître la douceur d’un repos éternel…ou les souffrances d’un tourment sans fin. Il doit remonter la ligne de sa vie, celle que les Parques ont coupé bien trop tôt à son goût.

Nennius :
Le druide Nennius, drapé dans sa toge immaculée, poursuit sa route à travers les royaumes celtes. Les élements et les dieux ne lui inspirent aucune crainte, il connait le destin des hommes et le sien propre, il a une tâche à accomplir et il l’éxécutera.

Slaine :
Article présentant les aventures du jeune héros celte Slaine, né sous la plume du célèbrissime Pat Mills. Entre lutte manichéenne et souffle épique de la narration, il doit sauver le monde et devenir le nouveau dieu Cornu, mais l’ancien dieu n’est pas du même avis. Un article de Helgui le gris, spécialiste es mythologie celtique.

Liténa la maudite :
Les légions romaines se présentent devant la forêt de Litena, dernier obstacle avant la conquête de la Gaule. Mais les druides celtes sont prêts à tout pour protéger leurs villages, même à l’impensable, à l’innommable.

Les Barbares :
Devant la romanisation de la Gaule, les traditions celtes s’estompent, les druides tentent de faire revivre de leur mieux les anciens dieux, de leur montrer que les hommes ne les ont pas oubliés, en vain, leur fuite était inéluctable.

Roland.C.Wagner :
Interview du célèbre auteur français Roland.C.Wagner par Thierry Santander. Entre actualités, projets, activités et questions générales, découvrez tout ce que vous avez voulu savoir sur l’auteur des Futurs mystères de Paris.

La Chevauchée des immortels :
Les immortels, la légion d’élite du shadivari, doit s’avouer vaincue. Suite aux stupides manoeuvres de l’incompétent qui tient lieu de général à leur armée, leurs rangs ont été décimés et ils ont été contraints à la retraite. Mais s’ils ont été déshonorés, ils peuvent toujours tenter un dernier baroud.

L’En-deça :
Un Monde oppressant, proprement infernal, qui semble voué à la monotonie infinie, et à une effrayante plongée dans la souffrance humaine. Mais un homme, juste un simple humain condamné comme les autres à souffrir ici-bas, John Mortain, réussit à sortir de ses liens et entreprend de mettre un terme à ce monde monstrueux.


Le Flambeau d’Outremonde :
Idée assez originale que celle de lancer une série de texte portant sur Outremonde, avec juste quelques contraintes et énormément de liberté. Mais peut être un peu trop, vu le départ que prend ce «Flambeau». Le départ est assez lent, voire même au point mort, il y a beaucoup de descriptions, et même trop. Ce texte offre un parallèle saisissant avec le dernier texte de cet univers, soit pure coïncidence, soit volonté délibérée de l’équipe, mais offre un piètre hors-d’oeuvre. la qualité y est, indubitablement, mais l’action et l’interêt n’arrivent que dans le dernier tiers, et c’est bien dommage, car l’idée est prometteuse. Tout de même mention spéciale pour la beauté des phrases, qui nous donnent une image précise de la confrontation entre l’Art et l’Artiste.

Le Chemin d’une vie :
Linéaire, comme la ligne que suit le héros. Il avance, veille à ne pas perdre son unique point de repère, arrive à un carrefour, se laisse envahir par les souvenirs, se lamente et poursuit sa route. Le monologue intérieur peut parfois être intéressant, mais pas au point de devenir palpitant. La fin m’a un peu fait penser à l’instant de l’action, paru dans le précédent univers. A noter aussi un vocabulaire parfois malheureux, qui gâche l’ensemble du texte en alternant langage élévé et familier sans transition.

Nennius :
Ce texte, dans mon esprit, ne respecte pas vraiment les règles. J’avais plus l’impression d’être dans un texte de Howard, que dans une nouvelle avec pour thème la Gaule Celtique. De Gaule, point, de celtique, assurément si les druides appartiennent exclusivement au monde celtique. Mais finalement, le terme cimmérien irait tout aussi bien à ce personnage. Sans oublier les quelques incohérences, comme une barque qui abriterait un équipage relativement nombreux, autant dire un navire, une barge, ou n’importe quel terme indiquant une taille moyenne. Sans oublier que le capitaine est accroché à la barre, or l’époque n’avait pas encore vu le gouvernail faire son apparition, les marins optaient plus pour le cabotage,précisément à cause de ce problème de direction. Mais bon, c’est finalement un problème assez récurrent dans la sword et sorcery, alors il n’est pas aussi grave que ça. Cependant, pour en revenir à nos moutons, le texte offre une technique impeccable, vivante, accrocheuse, bien fournie en petits détails, avec un personnage qui mériterait un approfondissement, à moins que sa superficialité apparente ne soit justement voulue pour entretenir le mystère.

Slaine :
On y sent toute la passion de l’auteur pour la question celtique, on se laisse même emporter par sa plume comme par un maëlstrom. Ce texte est un article, pas un texte, mais est au final aussi interéssant qu’une nouvelle d’héroic fantasy. Ni trop long, ni trop court, il nous permet d’approfondir sans trop insister et de découvrir en détail toute l’intrigue de Slaine, juste de quoi nous donner envie d’aller regarder ça d’un peu plus près.

Liténa la maudite :
Le meilleur texte de cet univers, sans aucun doute. Une narration à plusieurs voix qui se succèdent et présentent chacune une vision qui ne se superpose pas à celles des autres narrateurs. La forme est belle, détaillée, fidèle aux sentiments auxquels on pouvait s’attendre, rendant bien compte de la situation sans trop s’y attarder, sans toutefois devenir pesante et ralentir le déroulement de l’histoire. Car il y a du mouvement, un fort élan en avant qui ne souffre aucune pause. Les batailles sont bien narrées, ça avance bien, l’histoire est entrainante même si nous connaissons à l’avance son issue, ce qui n’a ici rien de négatif.

Les Barbares :
C’est un texte qui se laisse lire, pas vraiment de points négatifs, mais rien d’exceptionnel en lui même. Un beau texte aux sonorités lyriques, un beau chant de désespoir, de résignation, et surtout un regret du monde passé. C’est agréable, court, bien écrit.

La Chevauchée des immortels :
Avec Liténa la maudite, il fait partie de mes textes préférés de cet univers, un vrai régal. Une bataille qu’on peut qualifier d’homérique vu les forces en présence!! Mais qu’on ne peut pas dire belle, puisque c’est une bataille, mais néanmoins fidèlement retranscripte, si tant est qu’il puisse y avoir de la fidèlité dans l’imaginaire bien sûr. Bon après, c’est vrai que l’honneur est une chose un peu stupide à mes yeux, mais c’est une problématique assez fréquente dans les textes guerriers et donc peu répréhensible. Mais la chute est sympa, mais prévisible elle aussi. Néanmoins un texte fluide et bien lisible, même s’il est plus long que d’autres, il se lit plus facilement que les plus court, car moins engoncé dans une priorité stylistique.

L’En-deça :
Texte vraiment lourd, très lourd, oppressant, sombre et tutti quanti. Même si la comparaison peut sembler malheureuse, on peut établir un parallèle avec la trilogie Matrix, même si je distingue plus de brio dans le texte que dans l’ensemble des trois films. Comme je le disais plus haut, ça ressemble au flambeau au niveau du style, sauf que Cyril Carau nous offre un texte nettement plus vivant, ou en tout cas avec plus de mouvement dans la scène. c’est plus accrocheur, plus attractif, mais pesant quand même. On se croirait presque dans une hallucination vraiment démesurée de Lovecraft, une vision encore plus cauchemardesque que possible de R’lyeh. Un beau message néanmoins, un combat contre l’oppression, traité de manière originale.

Les Barons de Castelfiel :
Leurs aventures et déconvenues de tous ordres sont un peu plus intéressantes que dans le précédent opus, mais ça ne vole néanmoins pas haut. Passé la surprise de univers 1, et malgré l’arrivée de la baronne, certains passages sont vraiment longs, on a hâte de voir le point final arriver. Ca s’étire trop à mon goût, et surtout et c’est dommage, ça ôte toute envie de lire la biographie de la victime du moment. Il faudrait vraiment donner un nouveau souffle à cette idée originale, mais difficile à gérer.

Avis global des textes :
Ce nouvel univers me permet de faire un constat bien triste, que je suis pourtant au regret de faire dans un souci d’honnêteté envers son équipe, c’est qu’il est décevant. Et pas qu’un peu, ou alors j’ai mal compris ses ambitions. Oui il est beau, oui il y a de la qualité, mais à quel prix? C’est bien là la question que je suis en droit de me poser. Car cet univers, peut être encore plus que les autres car on s’attendait à quelque chose de bien, est statique. Outremonde, contrairement aux promesses contenues dans un slogan tel que la croisée des chemins, ne s’inscrit pas dans le mouvement. C’est statique, c’est lourd, ça ne coule pas, il faut aller chercher le texte. Hormis Litena la maudite et La Dernière chevauchée, les autres textes s’enfoncent dans un style magnifique mais illisible, qui dessert la qualité globale. C’est regrettable, mais je pense qu’il faut privilégier l’action et l’histoire à la forme. Prions pour que le numéro 4 corrige tout ça, et rattrape le retard accumulé par la même occasion.

Illustrations et maquette :
Je vais commencer par les choses qui fâchent, le dessin numérique. La pauvre Nathy va croire à force que je ne l’aime pas, mais ces dessins ne me font rien, me semblent toujours aussi plat, vide. Mais cette fois, il y a pire, car par rapport au dessin de Bernie, le sien est un vrai chef d’oeuvre, qui a quand même le mérite d’être en rapport avec le texte. Alors que le dessin de Bernie, osons le dire même si ça peut paraître horriblement méchant, est grotesque. Grotesque car je n’ai pas reconnu le texte dedans, qui aurait été le meilleur texte de cet univers à mon avis sans ces dessins qui le défigurent. Le personnage au premier plan est ridicule, totalement inadapté au propos. Quand à l’arrière plan, s’il représente à la limite l’idée qu’on peut se faire d’immortels, je crois tout de même que Eric Gilard ne pensait pas à cette sorte d’immortels.
Ensuite, interessons nous aux dessins plus traditionnels. Nous avons là un choix un peu plus étoffé, et de qualité bien supérieure. Celui que j’ai le moins aimé illustre le texte «les barbares», réalisé par Tiger-222. En dépit d’effets de lumières bien pensés, il est un peu trop flou, trop haché pour être convaincant. Après viennent ex-aequo, parce que je ne vois pas comment les départager, car selon moi trop semblables dans la technique et le résultat final, les dessins de Fabien Fernandez pour «Nennius» et de Magali Villeneuve pour «Litena la Maudite». Que dire à part qu’ils sont beaux, qu’ils jouent adroitement sur les couleurs, et surtout qu’ils sont fidèles au texte original. La palme du meilleur dessin en couleur revient à Alain Mathiot, qui nous livre pour «L’En-deça» un dessin absolument fabuleux. l’arrière plan est parfois un peu vague, mais je trouve pour ma part que ce flou contraste bien avec le texte. Mais surtout, et je pense que n’importe qui en conviendra avec moi, le monstre représenté est absolument saisissant, absolument effrayant. ( L’équipe pense d’ailleurs en partie que le dessinateur a du faire poser Cyril Carau pour obtenir un résultat aussi horrible). En poussant un peu plus loin, on constate une petite différence entre les deux yeux, mais c’est si bénin que nous pouvons oublier ce défaut.
Et enfin, je garde à part quelques dessins. Quant aux photos des oeuvres de Roland Wagner, les analyser n’est pas notre propos ici, idem pour celles sur Slaine, même si elles contribuent à enrichir l’article de la plus belle des manières. Il ne nous reste plus que le dessin de Nadia pour «Le Flambeau d’Outremonde», qui dans son genre est aussi exceptionnel. La couleur n’aurait pas été approprié, c’est un constat que je pourrais affirmer péremptoirement. Il n’en est nul besoin au contraire, Nadia sait rendre à merveille les contrastes de couleur, les ombres et les clairs, Rien que la chevelure vaut le détour à mon humble avis. Les traits sont nets, précis, le dessin équilibré, symétrique, et surtout extrêmement expressif. Ce sont des torrents d’émotions qui s’en dégagent. Seul bémol, l’Artiste qui est bien mal représenté car, même s’il n’est que mineur, il a sa place et aurait peut être gagné à être un peu plus finement esquissé. Après ce merveilleux fusain de Nadia, la maquette encore et toujours conçue par Julien Louisandre. Et il n’y a pas à dire, il le fait toujours aussi bien, d’autant plus qu’il sait varier les couvertures en restant dans le même style, toujours différentes en étant semblables. Par contre, la page blanche en deuxième position est une transition un peu malheureuse pour un fichier pdf, c’est dommage de faire une telle erreur.
In Fine, des illustrations convaincantes, bien mieux réussies que leurs équivalents verbaux, et qui me semblent plus apporter de la valeur à ce troisième univers, bien que ce ne soit pas là leur rôle initial. A part le numérique, que je déteste toujours autant, les illustrations sont agréables et plaisantes. Bravo aux dessinateurs.


Auteurs :
Frank «DT» Marcadier, Théo, Georges Bernay, Guy-François Evrard, Sebastien Clarac, Zali F.Falcam, Thuerry Santander, Eric Gilard, Cyril Carau.

Illustrateurs :
Nadia, Nathy, Fabien Fernandez, Magali Villeneuve, Tiger-222, Bernie, Alain Mathiot.

Outremonde (2006)96 pages Couverture : collectif

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