Va-t-en-guerre de Terry Pratchett

Les Annales du Disque Monde 21

Une île apparaît a mi-chemin des deux continents, de deux territoires, de deux pouvoirs, de deux peuples. A qui va-t-elle appartenir ? Au plus fort, ou au plus intelligent…

DILVICH
LE livre à lire à notre époque troublée de destruction sauvage, de délires religieux et économiques, tout ces ingrédients d’une «bonne guerre ». Il semblerait que cela soit une coïncidence que la sortie de ce volume en France et la guerre d’Irak. Il est paru dans la langue en 1997, mais il y a toujours une guerre sur notre beau monde.
En tout cas, prenez quelque dose de démonstration chez les Guignols de canal + sur le sujet, puis lisez ce livre. Comprenez-le, amuser vous, riez par à-coups, en plein milieu de la nuit, dans votre lit, au boulot pendant votre pose, dans le métro, mais lisez-le. 444 pages pour montrer la bêtise humaine et sa mesquinerie qui nous mène à la guerre. Elle est encore loin de nos portes, et pourtant si proche, car nous sommes tous comme ces gens d’Ankh-Morpork, comme tous ceux d’Al-khali. La première pourrait être n’importe quelle ville d’Occident, l’autre n’importe quelle ville d’Orient. La guerre, bien que, comme tout à chacun, soyons de gentilles personnes, civilisé, mais humaine, peut naître à nos portes. Terry Pratchett le montre, le démontre, avec humour certes, et on s’amuse, on sourit et on rie. Mais à terme, on y repense, si l’on n’a pas été assez honnête avec soi-même pendant la lecture pour se voir dans des personnages qui ne sont pas si caricaturaux, tout bien réfléchi, c’est que tout est foutu.

C’est avec presque tous les acteurs des derniers livres de la série que se fait ce récit. Mais ne chercher pas Rincevent (qu’est-ce qu’il devient celui là, monsieur Pratchett ?), ou mémé Ciredutemps, les grands absents de ce volume. Mais rajouter un Leonard de Vinci, chercheur, inventeur qui voit détourner ses trouvailles pour un usage guerrier, un personnage inquiétant de type arabe, des pseudo berbères et vous avez un casting de folie pour une histoire digne des meilleurs volume de la série.

Ce n’est pas le but de l’auteur que de nous mettre le nez «dedans », bien que des fois j’en doute. Mais ce n’est pas un mal. On a le plaisir d’une lecture onctueuse, avec de la réflexion en prime. Que demander de mieux. La fantasy a une image si médiocre dans la littérature que ce livre, qui pour moi vaut tous les livres de géopolitique ou de philosophie, ne sera jamais étudié à l’école, au lycée… et pourtant sous le vernis de la fantasy, on trouve, d’une façon simple, tout ce qui, s’il était compris, pourrait changer… non, j’arrête, je suis entrain d’ «utopiser ».

En tout cas, le plaisir est intact, le rire reste possible, malgré les circonstances, et c’est là que l’on voit la force de l’écrivain et de son traducteur. Merci à eux.

ETIENNE
On a toujours autant de plaisir à lire un nouveau tome des annales, sur un thème peu abordé et riche. Quelques personnages sont approfondis avec bonheur (vétérini et Léonard, chique) et l’humour habituel est encore là.
Cependant, je dois avouer que je me lasse un peu des livres tournant autour du guet : carotte tourne un peu en rond dans celui-là, enfermé dans son rôle qui ne renouvelle pas la série “guet” dans la série “annales”.


l’Atalante (Février 2003)444 pages 9.99 € ISBN : 2-841-72231-7 (0)
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