Vert-de-Lierre de Louise Le Bars

Vert-de-Lierre est le premier titre que nous chroniquons de Noir d’Absynthe, maison d’édition spécialisée dans les littératures d’imaginaire. La collection Onyria porte plus sur du fantastique teinté de légendes populaires.

L’histoire que nous propose Louise Le Bars n’est pas dans l’absolu spécialement originale. Un auteur en difficulté dans son écriture retourne à la campagne pour se ressourcer, la mort d’un membre de sa famille lui donnant le prétexte pour s’extraire de son quotidien, et va petit à petit renouer avec les légendes locales.

Vert-de-Lierre, puisqu’il s’agit de lui, est avant tout une statue végétale et en même temps une légende autour d’un homme transformé en vampire suite à un amour qui a mal tourné. Intrigué par cette histoire, et lui-même fils et petit-fils de medium, Olivier Moreau, notre auteur en manque d’inspiration, se voit bien requinquer par un roman autour de cette histoire, puisque peu la connaissent.

L’apparition fredonnait tout en se coiffant avec de lents mouvements appliqués. Puis ses gestes changèrent brusquement, se firent de plus en plus saccadés, effrénés, comme ceux d’une poupée mécanique. Enfin, elle se retourna vers l’endroit où se trouvait Henri et un cri d’orage surgit de sa gorge. Son visage était dépourvu d’yeux et elle était décharnée.

Lorsqu’il arrive au village, Olivier va donc s’attacher à en apprendre plus sur cette légende locale et cette recherche va devenir plus vitale pour lui suite à sa rencontre avec un fantôme ou en tout cas un événement surnaturel… Ce sera aussi l’occasion pour lui de s’interroger sur deux femmes du village, une vieille femme et sa nièce dont l’aînée est perçue comme étant une sorcière par le reste du village.

C’est autour de ces trois personnages que va tourner le récit, la quête d’Olivier pour comprendre la légende, la tante qui semble connaître des secrets et la nièce qui est elle-même écrivaine.

Le récit de Louise Le Bars est très poétique et c’est réellement ce qui fait son charme, nous plongeant délicatement dans cet univers plein de mystère et de magie nous faisant découvrir plusieurs histoires imbriquées les unes aux autres nous permettant, malheureusement ou pas d’ailleurs, de deviner assez facilement une grande partie de l’intrigue.

Louise Le Bars nous permet de renouer avec ses légendes qui ont fait les beaux jours des soirées avec les grands-parents, participant fortement au folklore de nos arrière-pays. J’ai réellement retrouvé dans le récit de l’autrice ce côté “histoire au coin du feu” qui manque cruellement dans nos sociétés. Je serai d’ailleurs assez curieux de savoir si ce fameux Vert-de-Lierre existe vraiment ou s’il est totalement sorti de son imagination…

Le seul reproche que l’on peut adresser au roman est qu’il reste malgré tout prévisible et j’ai rapidement compris ce qui se tramait même si la fin reste différente de celle que j’imaginais. Malgré tout, ce n’est pas plus gênant que cela car ce qui est le plus intéressant reste le parcours des différents personnages et leurs interactions.

Pour faire simple, il s’agit d’un roman efficace, bien écrit et qui revêt tous les atouts d’un bon récit de légende populaire. Un roman à découvrir pour son aspect poétique voire romantique, nous permettant de renouer avec la magie de nos légendes locales.

Noir d’Absinthe (mars 2019) – Collection Onyria – 193 pages – 15 € – 9782490417247
Couverture : Marcela Bolivar

Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.

À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

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