Yardam d’Aurélie Wellenstein

Les éditions Scrinéo nous propose un nouveau roman d’Aurélie Wellenstein dont nous vous avons partagé un roman il y a quelques semaines (Le Dieu Oiseau).

Changement d’univers ici, et nous nous rendons à Yardam, ville dans laquelle nous retrouvons Kazan, un voleur sur le point de commettre un méfait… Et si nous focalisons tout de suite sur ce personnage, nous comprendrons très vite que le cœur de l’histoire est plus sur cette étrange ville, victime d’un mal encore plus étrange.

En effet, les habitants de la ville sont frappés d’un double mal : d’un côté des habitants disparaissent pendant qu’apparaissent des “coquilles” ainsi que sont appelés les créatures sans âmes et finalement sans apparence qui apparaissent et d’un autre côté, des suicides précédés de meurtres en masse se multiplient. Cette épidémie aux deux facettes inquiètent à un point tel que nous arrivons au moment où la ville est en quarantaine. Et si nous rencontrons dès le début Kazan, ce n’est absolument pas un hasard puisque le jeune homme est lui-même victime de cette étrange maladie.

Et si on parlait un peu du fond ? La maladie est une MST (Maladie Sexuellement Transmissible) qui donne la capacité à la personne nouvellement infectée d’ “aspirer” les âmes au travers d’un baiser s’appropriant leur personnalité et leurs connaissances et rendant leur corps “vide” comme… une coquille. Mais si vous pensez que ce don est vraiment génial, il faut comprendre que ces esprits vivent en permanence avec vous et finissent par vous rendre fou au point de commettre un massacre… Vous saisissez donc toute l’inquiétude du jeune Karzan qui ne souhaite pas finir sa vie aussi tôt.

C’est pour ça que lorsque la quarantaine est déclenchée et alors qu’il aurait pu s’enfuir, il va faire le choix d’aider deux médecins extérieurs, Féliks et Nadja, à entrer malgré la quarantaine pour contribuer à percer le mystère et soigner l’infection.

S’il est vrai que ce n’est pas la meilleure période pour lire un roman, indépendamment de sa qualité, qui parle d’une quarantaine suite à un virus (j’avoue que j’ai mis du temps à m’y lancer aussi), ce serait une erreur fondamentale tant le roman d’Aurélie est passionnant et entraînant. Au vu du mode de transmission, et connaissant la noirceur du récit, on va tout de suite préciser que ce roman est définitivement destiné à un public adulte et averti. Certaines scènes sont décrites de façon très visuelle et la violence se répand et se précise page après page.

La découverte du mode de transmission, les conséquences de la quarantaine sont autant d’éléments qui pourront faire détourner la tête ) plus d’un. Si ce genre de scènes ne vous rebutent pas, vous allez pouvoir découvrir autour des personnages d’Aurélie toute la réalité de ce qu’est l’humanité. Bien sûr, vous aurez compris que nos deux médecins sont là pour trouver une solution et le personnage de Karzan, que nous rencontrons d’abord comme un voleur, apparaît tout de suite bien sympathique, comme si ce métier n’était que la conséquence d’une enfance que nous découvrons difficile.

Mais il n’est pas que cela et c’est ce qui en fait son intérêt : doté d’un charme et d’un bagou indéniable, il est surtout un homme malade qui lutte pour survivre, s’appuyant sur toutes les méthodes possibles et notamment la drogue. Il ne reculera devant rien pour pouvoir sauver sa peau, quitte à le regretter rapidement. C’est lui qui est le cœur du récit et qui représente le mieux ce que devient la ville qui l’a vu naître. Une ville au bord de la rupture, comme lui, une ville qui cherche à évacuer un mal qu’elle ne comprend pas…

Un roman à découvrir, avec bien sûr les recommandations qui l’accompagne au regard d’un récit beaucoup plus “adulte” que ne l’était Le Dieu Oiseau.

Yardam est finaliste du prix Imaginaire de la 25ème heure

Scrinéo (Mars 2020) – 480 pages – 20€ – 9782367408637
Couverture : Aurélien Police

À Yardam, la folie est sexuellement transmissible.
Dans l’espoir d’endiguer l’épidémie, la population est mise en quarantaine, isolée du reste du monde.
Le virus n’a pas épargné Kazan. À l’image de la ville qui s’enfonce dans le chaos, il sombre lentement.
Pour s’en sortir, il serait prêt à toutes les extrémités, y compris à manipuler Feliks et Nadja, un couple de médecins étrangers venu s’enfermer volontairement dans la cité pour trouver un remède. Dans son désespoir, il va accomplir le pire…

1 commentaire sur “Yardam d’Aurélie Wellenstein”

  1. Cette histoire a l’air à la fois réaliste et un peu effrayante… Ces MST, ce confinement, tout ça, je trouve l’idée géniale d’une folie sexuellement transmissible…
    Ce roman m’intrigue depuis un long moment et je le mets dans ma liste ! Merci pour ce partage, super article concis et précis 🙂

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