Régiment monstrueux (Le) de Terry Pratchett

Annales du Disque Monde (Les) 28 IMPERATRICE MOA Le thème de cette nouvelle aventure sur les terres du Disque-Monde est assez classique : une fille qui s’habille en garçon pour retrouver un homme parti à la guerre. Il devient moins classique quand Pratchett le tord dans tous les sens pour en tirer un jus assez savoureux. La religion de Nuggan en prend pour son grade. La religion, c’est bien ; quand elle est raisonnable, c’est mieux. Cela évite que les cailloux, les betteraves et les artichauts deviennent des abominations aux yeux d’un dieu et de ses prêtres psychopathes. Une religion raisonnable permet de vivre. C’est sans doute à ça que […]

Aigles d

Wang 2 Suite un peu sans mystère du premier volume, toujours sans passion réelle. Peu de surprises agrémentent ce second volume. Après avoir planté le décor dans Les Portes d’Occident, le texte se déroule tranquillement. On baigne dans un sentiment de sécurité, qui fait que le héros survie toujours à la fin malgré le sang et la sueur, et que les peripéties paraissent un peu tièdes (“même pas peur”). Wang pourait traverser un champ de bataille bombardé de missiles thermo-nucléaire, il s’en sortirait toujours. Il saigne et souffre, mais on ne vibre pas avec lui. Ce personnage continu à me sembler totalement creux, et ses amours avec Lhassa n’y changent […]

Un chapeau de ciel de Terry Pratchett

Voici le retour de Tiphaine et des Nac Mac Feegle, toujours aussi bruyants, bagarreurs et saoûls, dans un nouveau volet de l’oeuvre de Pratchett, estampillé spécial jeunesse. C’est en effet un roman “jeune” car l’intrigue est moins élaborée que dans la série des annales du Disque-Monde. Elle est même assez attendue et sans surprise, mais le rythme du récit nous permet à peine de nous en apercevoir (sauf lorsqu’on a refermé le livre, évidemment). Avoir un roman du Disque-Monde (différent donc des Annales) qui se raccroche davantage au multivers que Le Fabuleux Maurice et ses Rongeurs Savants fait toujours plaisir. Si le premier volume faisait apparaître Mémé Ciredutemps et Nounoue […]

Vurt de Jeff Noon

Les joies de la traduction et de l’édition font que Vurt (1993) sort en français après Pollen (1996). Petite inversion qui n’a pas de grandes conséquences, si ce n’est que Vurt est tout de même bien plus abordable. Il est moins construit (Pollen est d’une efficacité redoutable sur le plan de la contruction, presque trop), mais l’univers est beaucoup plus accessible, moins dense. Disons que Jeff Noon y présente une partie de son univers qui n’est pas encore développé sous toutes ses coutures. Pas de mention du virus Fécondité (dommage) qui explique pourtant énormément de choses dans ce monde, et les zombies ne sont qu’une idée qui apparaît entre deux […]

la Lumi

Comment arriver à sentir la douleur, la sècheresse, et la décadence d’une certaine Afrique, mise sous globe ? S’il y a une chose que Thierry Di Rollo arrive parfaitement à faire, c’est à plonger son lecteur dans une Afrique sans pitié, écrasée sous le soleil. Les personnages y sont tous des déchets humains, fascinant par leur conscience de leur être et de celui des autres. La partie « africaine » du roman est particulièrement bien rythmée, bien menée, angoissante. Parce que c’est l’Afrique toute entière qui hurle pour que meurent enfin hommes qui sont de trop sur cette terre. Le rhinocéros entouré de l’aura bleuté de la mort n’est pas […]