Oublier les étoiles de Xavier-Marc Fleury

Cela faisait quelques temps que je n’avais pas lu un recueil de nouvelles, non plus qu’un titre de Rivière Blanche… L’arrivée d’Oublier les étoiles est tombée à point pour combler ces deux manques et permettre de découvrir un auteur qui va nous questionner sur de nombreux sujets.

Les nouvelles de Xavier-Marc Fleury, préfacé par Simon Bréan, vont nous questionner sur de nombreux sujets d’actualité, avec un angle qui reste quand même relativement pessimiste.

Un peu de voyage dans l’espace

La première quête, qui ouvre le bal, va donner le ton… Nous suivons deux lieux qui fatalement, finiront par se croiser : un vaisseau à la recherche de nouvelles formes de vie et son équipage vont tomber sur un étrange artefact pendant que Cairn va découvrir le métier de cueilleur… Cette nouvelle est pour moi une des plus marquantes du recueil, nous faisant savourer une chute à la Mars Attacks.

La nouvelle Evanescence me rappelle le même propos, à savoir la découverte d’autres civilisations avec toujours ce côté mauvaise nouvelle qui ne quitte pas l’ensemble du recueil.

C’est un aspect un peu plus mercantile, sur fond de fin d’humanité qui vous attendra dans Les derniers terriens.

J’ai par contre moins été adepte de la nouvelle l’ami secret, peut-être parce que l’en-tête de la nouvelle m’a laissé penser autre chose que ce que j’ai pu lire finalement ou compris de ma lecture 🙂

… et le futur sur la Terre

Le questionnement par rapport à notre environnement et notre capacité à prendre les bonnes décisions font partie des thématiques abordées par Xavier-Marc, notamment au travers de Noir, une étrange nouvelle dans laquelle l’humanité se réveille aveugle… et dans cet univers, Julien, qui est on ne peut plus seul, à l’occasion de se mettre un peu en avant et, pourquoi pas sauver le monde…

Mais la question de la mémoire, et de l’humanité se pose beaucoup plus fortement au travers de Les hébergeurs, nouvelle dans laquelle une famille a transféré leur fille, victime d’un accident, dans un robot pour la garder auprès d’eux. Pourtant, quelle est la part d’humanité qu’elle garde et quelle image cela renvoit de l’humanité biologique ? Ce seront forcément des questions qu’il faudra se poser à un moment et pour lesquelles, à défaut d’apporter des réponses, la nouvelle met en avant les réactions probables à un futur qui se dessine.

Autre thématique, celle de l’immigration, traitée avec beaucoup de justesse de mon point de vue dans La Crique, probablement la deuxième nouvelle que je mettrai en avant… Quand la population se pose la question de savoir s’ils peuvent ou ne peuvent pas aider une personne en danger de mort (et ne me dites pas que cela n’a rien à voir avec l’actualité), c’est que le monde est devenu dingue… et c’est bien ce monde angoissant qui est décrite dans la nouvelle, porté par un trio de jeunes adultes qui regretteront probablement d’avoir bravé un interdit anodin. Et cette sécurité mise en avant dans cette nouvelle se retrouve sous une autre forme dans Le travail assassiné où les emplois humains ne sont là que pour donner un semblant d’humanité qui est devenue massivement oisive… Une situation qui peut amener certain·e·s à d’étranges comportements.

Et bien plus encore

Un recueil de Science-Fiction sans voyage dans le temps serait-il réellement un recueil de SF ? Toujours est-il qu’avec Soixante secondes chrono, nous allons participer un road trop temporel hallucinant qui rendra des franchises comme Fast & Furious totalement désuètes.

Le retour aux sources, dans une humanité hyper technologiques, au risque d’y laisser la vie, sera le cœur de La métamorphose de Luna Moth, qui oscille entre volonté de retour à la nature et sectarisme… Un récit qui m’a jeté un vrai froid…

Je vous laisse découvrir les dernières nouvelles

  • Jeu de guerre, une nouvelle façon de combattre, en impliquant la population civile mais pas trop non plus… effrayant
  • Un cadeau presque parfait porte totalement son nom et il peut être intéressant de s’assurer de l’origine des présents,
  • La forêt qui va surfer sur les thématiques de la nature vengeresse,
  • Immersion qui va permettre de découvrir le nec plus ultra de l’immersion dans la vie animale…
  • Oublier les étoiles dans un futur où les scientifiques doivent se cacher…

Un recueil de nouvelles qui vous enchantera et vous entraînera dans des mondes que vous n’imaginez pas. La variété des nouvelles, couplée à une bonne maîtrise de l’exercice de la nouvelle, avec des chutes parfois surprenantes m’invitent à vos recommander fortement Oublier les étoiles.

Black Coat Press (Mars 2021) – Collection Rivière Blanche – 252 pages – 20€ – 9781649320490
Couverture : Vincent Laik

Comment l’humanité peut-elle envisager d’explorer les étoiles tant qu’elle n’a pas appris à communiquer avec sa propre écosphère ? Robotisation à outrance, écologie totalitaire, contact avec d’autres formes de vie, défiance vis-à-vis du progrès, de l’écologie et de l’exploration spatiale, les sujets des seize nouvelles rassemblées ici sont autant de prétextes pour provoquer le lecteur et placer des êtres humains face à leurs contradictions, l’exhortant d’OUBLIER LES ETOILES…

SOMMAIRE
La première quête 
Noir 
Les Hébergeurs
Soixante secondes chrono 
La crique 
Les derniers terriens 
La métamorphose de Luna Moth 
Le travail assassiné 
L’ami secret 
Jeu de guerre
Pourfendre les dragons 
Évanescence 
Un cadeau presque parfait 
La forêt 
Immersion 
Oublier les étoiles

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