Carpe Jugulum de Terry Pratchett

Les Annales du Disque-Monde 24

Mémé Ciredutemps se sent vieille. Elle sent un grand danger, un combat qu’elle pense ne pas pouvoir gagner, parce que ce sera un combat contre elle-même, contre son côté obscur.
Alors, elle part. Laissant à Nounou Ogg, Agnès et Magrat le soin de régler les problèmes qui déferlent sur Lancre.
Et ils sont légion…
Magrat va bientôt donner son nom de baptême à sa petite fille.
Vérence, roi et mari de Magrat, veut moderniser son royaume, ainsi que des vampires qui veulent faire de même avec leur condition et l’image que leurs victimes ont d’eux.
Frère Rudement Lavoine, prêtre omnien (vous savez ceux qui brûlent tout le monde, qui ont un dieu unique, tout ça…), est appelé pour la cérémonie du baptême. Au plus grand déplaisir des sorcières, que le culte omnien considère comme très bon combustible.
Igor, serviteur de vampires, fidèle et respectueux des coutumes… toute la famille Ogg… Hodgesouille, fauconnier hors pair, qui passe son temps à survivre aux oiseaux qu’il a dressé… un Phoenix, des pies, des pixies au langage pas facile à comprendre (bonne chance aux lecteurs)… Agnès et sa double personnalité, Perdita.
Voilà posée une situation qui va mettre en danger le royaume de Lancre, berceau de gens simples, mais aussi de sorcières.
Avec en guest star, un bref passage de Casanabo, nain voleur don juan de son état, et bien sur, la Mort.

DILVICH
Un volume avec moins de références sociales (un peu moins) que les volumes précédents. Mais qui nous fait découvrir plus en profondeur nos sorcières bien aimées ? On y trouve aussi les différentes visions du mal et du bien, de la nécessité de leur existence comme fond à un volume où mémé Ciredutemps a la vedette.
Je suis ressortie de cette lecture avec des sentiments plus forts pour ce personnage. Bien sûr, tous les autres personnages ont un contenu, une importance qui en fait autre chose que de la décoration. Mais c’est la première fois que le récit me paraît aussi intense, sentimentalement parlant. Contrairement à des volumes ayant, par exemple, Rincevent comme «héros », on y rigole beaucoup moins. Les situations restent amusantes, drôles, mais l’accent mis sur la vieille sorcière de Lancre apporte une sensation de gravité. On pourrait croire à un passage de fatigue de l’auteur par rapport à l’humain, mais heureusement, Terry Pratchett, malgré tout, garde de l’espoir en l’homme. Il finit sur plus de lueurs que d’obscurité, comme Mémé Ciredutemps.

ETIENNE
Un volume concentré effectivement sur l’aspect psychologique autour des sorcières, peut etre aussi plus construit comme un thriller avec action, rebondissements etc. Les Vampyres offrent une bonne gamme de mythes à déconstruire pour Pratchett mais plus de sourires en coin que d’éclats de rire dans ce volume.

Apparition des Nac Mac Feegle, qui parlent comme des chtimis et laissent présager des présences futures. à suivre.

2004 Editions l’Atalante (2004)411 pages 9.99 € ISBN : 2-84172-261-9
Traduction : Patrick Couton
Titre Original : Carpe jugulum (1998)

Couverture : de Josh Kirby

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