Service de Presse
Cela faisait un certain temps que Marie-Lorna Vaconsin ne nous avait pas proposé un nouveau récit. Nous avions pu échanger sur sa trilogie Le Projet Starpoint, publié chez Anne Carrère. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les chroniques de La fille aux cheveux rouges, Le réveil des Adjinns et Le 13ème pêcheur. Pour ce nouveau roman, publié dans la collection Exofictions des éditions Actes Sud, la nature a des choses à nous dire…
Un espoir pour la planète !
Dans une forêt de l’Utah, la Fish Lake Forest pour être précis, Tracy Bones, auxiliaire des forêt, découvre un chêne rougeoyant. La jeune femme au passé douloureux sera la première à se trouver face à cette manifestation surprenante de la nature. Rapidement, les scientifiques analyseront les raisons de ce changement et constateront que la photosynthèse de cette chlorophylle est largement plus efficace que celle que nous connaissions jusqu’à présent. Si les causes et les risques associés à cette nouvelle donne ne sont pas établis, beaucoup voient dans cet événement une réponse de l’écosystème des forêts à la pollution généralisée et surtout un début d’espoir au réchauffement climatique.
Cependant, ce n’est pas le principal sujet qui accapare l’esprit de Tracy. Victimes de nombreuses agressions sexuelles tout au long de sa vie, elle tente de se faire une nouvelle vie avec son travail. Elle espère que son responsable hiérarchique, le ranger Logan Mathison, n’a pas connaissance de son histoire personnelle. Parce qu’elle essaie tant bien que mal de se reconstruire. Avec un détail qui a son importance : elle a un désir d’enfants qui ne la quitte pas et qui la pousse à des actes pas très légaux pour y parvenir. Jusqu’à réussir à avoir sa propre fille, Edita.
Du côté du Ranger Mathison, la religion est vitale. Il fait partie d’une congrégation viriliste néo adventiste dont il est probable qu’il deviendra la tête suite à la mort du fondateur. Logan a eu un parcours compliqué de son côté et cette congrégation a été son salut. Un salut qui lui a permis d’avoir deux enfants : Moïra, née avec le syndrome de Laron et qui finira par être rappelé auprès de Dieu comme le dira le ranger, et Joshua qui développera une colère permanente.
Une nature inventive…
Comme on le comprend assez vite, les trois histoires vont se dérouler en parallèle. Si dans un premier temps, j’avais imaginé que l’axe serait fortement porté sur une dimension plus positive de notre avenir, j’ai rapidement eu l’impression que le coeur de l’histoire pencherait vers Joshua et Edita.
Malgré tout, parlons de cet étrange évolution de la nature. Les arbres, qui ont une forme de communication, commence à développer une forme de résistance au réchauffement climatique. Aucune explication scientifique ne permet de l’expliquer, néanmoins le phénomène se développe après avoir pris racine à proximité du centre de vie de nos personnages.
Si la science n’arrive pas à expliquer, les états n’hésitent pour autant pas à prendre le risque de multiplier les déplacements et à exploiter ce phénomène sans en comprendre les tenants et les aboutissants, comme d’habitude les Etats-Unis en tête.
Cette dimension de l’histoire nous questionne sur notre rapport à la nature, sur sa capacité d’adaptation et nous permet d’imaginer un monde qui pourrait s’en sortir.
… pour une humanité constante ?
Par contre, de l’autre côté de l’échiquier, pas sûr que l’humanité sorte grandie. Les deux personnages qui se répondent ont des passés très douloureux et semblent vouloir le répercuter sur leur progéniture.
Si on commence par Tracy, on ne peut que compatir aux souffrances qu’elle a subies et qui la marquent à jamais. Son rapport aux hommes est bien entendu changer à jamais. Pour autant, la voici qui reproduit, avec ses armes, une violence sur les hommes qu’elles croisent, de façon à récupérer leur semence et ainsi espérer elle-même être mère. Ce qu’elle finira par être, dans un contexte plutôt violent. Mais loin d’être une mère aimante, elle enfermera pendant de longues années sa fille Edita. Une fille qui grandira à l’écart de l’humanité, et possédant un lien fort avec le phénomène chlorophyllien.
Même forêt, et autre extrême. Le chef de Tracy, Logan, a lui aussi une histoire personnelle lourde et compliquée qui l’a amené à devenir un viriliste convaincu. Au travers des adeptes de sa religion, il formatera son fils Joshua sur ce modèle en faisant un enfant dur et violent. La rencontre avec la jeune Edita lui ouvrira des horizons qu’il n’imaginait pas.
Au travers de ces trois histoires, Marie-Lorna nous propose de voyager dans un monde en pleine transformation, que nous suivons aussi au travers de l’histoire de deux familles dysfonctionnelles, et surtout de leurs enfants qui vont tenter d’échapper à des vies familiales très contraintes.
Un roman qui passionne du début à la fin et qui sonne une approche originale de la science-fiction.
Editions Actes Sud (Mai 2026) – Collection Exofictions – 318 pages – 22 € – 9782330222536
Couverture : Arcangel Images
Fish Lake Forest, Utah.
Un phénomène étrange obsède les scientifiques : un grand chêne se met à rougeoyer. L’anomalie se manifeste aux quatre coins du monde et on observe un effet étonnant : la photosynthèse de cette chlorophylle est trois fois supérieure à celle de son homologue verte. L’écosystème des forêts a-t-il enfin conçu un début de réponse pour faire face au réchauffement climatique ?
Né dans une secte viriliste néo-adventiste, Joshua est endoctriné par l’enseignement religieux, mais quelque chose au fond de lui lutte, en quête de sens.
Edita est séquestrée depuis l’enfance dans un lodge au fond des bois, elle possède un sens unique qui n’est ni la vue, ni l’ouïe, ni le toucher, mais un peu des trois à la fois, un sens amplifié au centuple qui la guide dans sa découverte du réel.
Jusqu’au jour où s’ouvre une brèche : fuir.
Leur rencontre bouleverse tout.











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