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Fantômes et Giboulées de Catherine Dufour

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Service de Presse

J’attends toujours avec impatience les récits de Catherine Dufour. L’autrice, qui enchaîne les styles et qui a un punch oratoire que j’ai encore pu constater durant notre rencontre aux Mycéliades, revient ici avec un roman sympathique et drôle, qui sous ce ton léger aborde des thématiques plus que lourdes. La couverture donne le ton de ce qui peut sembler un roman cosy, dans la collection La Bête Noire de Robert Laffont.

Un refuge pour les femmes…

C’est ce que voulait faire Camille. Permettre à toutes ces femmes, victimes de la violence de leurs compagnons, maris ou non, pouvaient se cacher et revivre dans cet environnement. Et si ce lieu est important, c’est aussi parce que l’administration et les forces de l’ordre ne semblent pas promptes à protéger les victimes, qualifiant même le lieu de « Lieu d’accueil pour personnes isolées » ou « relais d’accompagnement des familles ».

Camille n’était pas forcément destinée à tenir ce genre de refuge, son rapport aux autres n’étant pas des plus simples. Cependant, son manoir dans le coin de Montigny permet à certaines femmes de reprendre pied.

L’arrivée d’un inspecteur qui cherche une certaine Madame Grue, qui aurait été présente il y a trois ans pourrait remettre en question le refuge. D’autant plus que le garde du corps de Camille est décédée et que la quarantenaire se dit que l’accueil des morts attirerait probablement moins l’attention…

… et un récit doux-acide !

On retrouve dans ce titre tout le talent de Catherine qui réussit dans le même temps à nous faire sourire tout en abordant les grands maux de notre époque.

Pour le côté humour, que j’ai trouvé faire un peu écho au cycle Quand les Dieux buvaient, on mettra déjà la personnalité de Camille. Loin d’être anodine, elle a ce petit côté décalé et déconnectée de la réalité qui la rend sympathique. Ces tentatives pour amadouer l’inspecteur-détective, tout comme sa recherche pour accueillir les fantômes en font une personne attachante, brouillonne et un peu à côté de la plaque.

Pour autant, on notera que le sujet principal de ce roman est la violence faite aux femmes. Et nous sentons que l’autrice a des choses à dire alors que 57 femmes (au 19 mai 2026) ont été victimes de féminicides. Si nous voyons qu’au sein de la structure de Camille, les femmes qui s’y trouvent montrent des capacités de construction et apparaissent comme autre chose que des victimes, Catherine nous questionne sur l’énergie plus forte de la police à retrouver les agresseurs disparus qu’à les empêcher d’agresser.

Sous couvert de ces crimes qui ne sont pas sans rappeler les séries anglaises – j’ai eu l’impression de suivre à un épisode d’Arabesque par moment -, nous voici à réfléchir sur la mort, la vie ou encore sur ce que nous pourrions faire pour améliorer le sort et l’écoute des victimes.

Et puis il y a un chat, probablement pas le même que dans Les champs de la Lune, quoique…

Editions Robert Laffont (Mai 2026) – Collection la Bête Noire – 269 pages – 15,90€ – 9782221287750
Couverture : Simon Roussin

Tout est possible dans cette campagne-là : biner le jardin, cuisiner des scones à la cannelle et même invoquer les fantômes d’êtres disparus…
Camille tient un refuge pour femmes victimes de violences. Lorsque son garde du corps meurt d’une indigestion, elle transforme son manoir campagnard en lieu d’accueil pour les fantômes. Celles et ceux qui le souhaitent peuvent venir y dire un dernier adieu à leurs chers défunts pour un prix raisonnable.

Mais peut-on vraiment jouer ainsi avec les spectres ? Et qu’en pense la police ?


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