Les ch

IMPERATRICE MOA
Les Ch’tits hommes libres a beau faire partie des “romans jeunesse”, il se lit avec le même plaisir qu’un volume des Annales du Disque Monde. On y retrouve le même univers, quoique dans une version “allégée sans trop de sucre”, facilement accessible à des novices. Les habitués y retrouvent cependant ce bon vieux Disque dans les détails.

Cette excursion au pays de la Reine n’est pas sans rappeler Nobliaux et sorcières en plus léger. Sur les traces d’un petit frère que non, Tiphaine n’aime pas, mais c’est le sien, l’héroïne apprend à devenir une sorcière, une vraie. On notera au passage que Pratchett tourne habilement en dérision les “écoles de sorcières” et explique une fois de plus sa philosophie sur la magie : être sorcière, c’est ne pas avoir besoin de recourir à la magie. Sur les romans d’apprentissage de la magie / sorcellerie, je trouve que ce roman est plus habile que la Huitième fille.

On plonge évidemment dans le monde des Nac mac Feegle, on en apprend les us et coutumes, leurs moeurs si particulières (quand les ennemis sont vaincus, on continue la castagne entre nous, histoire de rentabiliser le voyage), leur goût pour le liniment spécial pour mouton (qui dissout les cuillères) et l’huile pour lampe à pétrole (qui explose, tout simplement). On entr’aperçoit les conflits tout féminins pour le statut de Kelda, avec une remarque très juste : dès qu’il y a plus d’une fille, c’est simple, c’est le bazar. Pratchett a l’immense talent de rendre ces créatures que l’on adore savoir… ailleurs… fortement sympathiques.

J’avais une légère appréhension au retour des Nac mac Feegle dans ce roman. Ils sont forts sympathiques certes (enfin, ça dépend…) mais leur langage est souvent incompréhensible (voir Carpe Jugulum) pour qui n’a pas fait Feegle ou Chti seconde langue. J’ai d’autant plus apprécié la volonté de clarté du traducteur, qui rend leurs paroles parfaitement intelligibles. Pour les passages un peu délicats, le crapaud familier accompagnant Tiphaine traduit, donc les problèmes de compréhension sont quasi inexistants.

En guest star : Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg, mais, vraiment en guest.

ETIENNE
J’ai lu ce roman en VO donc j’ai forcément raté une partie du charme de la traduction de Patrick Couton mais j’ai pu apprécié le phrasé si particulier des Nac Mac Feegle en anglais.
Ce roman est effectivement très proche de l’esprit de la série du disque monde, je ne savais pas qu’il était classé en littérature jeunesse et cela ne se voit pas. L’histoire est aussi bien construite qu’un tome classique, Pratchett jouant à prendre le contrepied de la facilité qu’offre un univers de fantasy pour faire des rebondissements. tout est très cohérent (à quelques bricoles prêt) et bien entendu, empreint de cet humour subtil qui est la signature de l’auteur.

Ce pays, on s’appelle le Causse : une succession de collines vertes peuplées de moutons. C’est là que vit Tiphaine Patraque, neuf ans, fille d’une longue lignée de bergers. Elle a décidé qu’elle deviendrait sorcière.
Les épreuves ne lui manqueront pas : un monstre dans la rivière, un cavalier sans tête sur le chemin du village… et la disparition de son petit frère.
Armée d’une poêle à frire, du livre de magie de sa mémé (Les maladies du mouton) et d’une détermination farouche, elle part affronter la reine des fées.
Seule ? Non. Miyards ! Avec le concours des Nac mac Feegle, les ch’tits hommes libres à la peau bleue, voleurs, bagarreurs, ivrognes et belliqueux.
Ni rwa ! Ni rinne ! Ni djeus ! Ni maets ! Fini de s’faire avwar !

L’Atalante La dentelle du cygne 330 pages 15.00 € ISBN : 2-84172-339-2
Traduction : Patrick Couton
Titre Original : The Wee Free Men
2006

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