Service de Presse
Chaque année, Oksana et Gil Prou (interviewé·es il y a trois ans) nous propose deux romans. L’année dernière, nous avions pu découvrir Les Thaumaturges du Vigintyllium et Oaristys en Enfer, toujours dans la collection Rivière Blanche des éditions Black Coat Press. Cette année, les deux publications seront distantes dans le temps et la première, 10⁸ K, vient de paraître. Avant de vous parler du texte en lui-même, une petite mention sur la couverture. Loin d’une question de pudibonderie, je trouve dommage d’avoir fait le choix de ce type de couverture pour représenter ce roman. Si la nudité est une des caractéristiques des peuples, elle ne représente pas le coeur de l’histoire. Passons maintenant à cette nouvelle aventure onirique.
Une nouvelle vision de l’univers…
L’univers est vaste, plus encore si nous le voyons sous le prisme du multivers. S’il est habituel d’avoir des planètes qui tournent autour de leur soleil, Isξadelph fonctionne bien différemment : la planète se trouve être en orbite directement au sein de son étoile. Bien entendu, cela a des conséquences puisque le centre de l’étoile se trouve être à des températures incroyables : 100 millions de kelvins.
Un bouclier magnétique intense permet à la planète de ne pas être entièrement brûlée par l’étoile et permet à différents peuples de survivre.
Les premiers sont les Hystrïgons, immortels, qui sont en guerre entre les différentes factions royaumes qui co-existent. Résidant dans des pyramides inversées, qui ne sont pas sans faire penser aux monuments égyptiens, ils doivent aussi faire face à un autre peuple d’immortels que sont les Stymphalides qui ressemblent à de grands oiseaux.
L’impossible n’existe pas dans l’univers
Pourtant, cette guerre qui date de nombreuses années (pour ne pas dire plus), sera mise en pause. D’étranges signaux lumineux laissent à penser qu’une autre civilisation existe à l’extérieur. La découverte de ce peuple, les Aglaöh[o]oma pourraient changer l’histoire globale de leur vision du monde. Les deux peuples suspendent leurs affrontements pour en apprendre plus !
… et toujours autant de poésie.
Chaque roman d’Oksana et Gil Prou est pour moi un voyage étrange à plusieurs niveaux.
Le premier est l’inventivité autour des personnages, leurs formes, leurs noms qui sont à chaque fois surprenants ou encore l’imagination quant aux mondes eux-mêmes. Ici, si les seules particularités des Hystrïgons consistent en une couleur de peau et d’yeux, une forme d’immortalité, pour le reste, ils sont très proches de l’humanité, celles des Stymphalides interpellent plus. En effet, ces grands oiseaux se trouvent être immortels par absorption, par couches successives de leurs ancêtres. Cette vision de l’hérédité m’a semblé plutôt intéressante.
Le second est cette approche particulière que le duo a de son univers, proposant des mondes, des fonctionnements qui questionneront à coup sûr les plus scientifiques de leur lectorat. Pour autant, cette vision d’un univers flamboyant, étrange, contraire à ce que nous avons l’habitude d’imaginer est une incitation au rêve.
Le troisième est plus étrange : ma lecture du roman m’a encore déconnecté du réel. Je me suis retrouvé à devoir suivre l’histoire, à l’accepter sans être sûr de savoir où le voyage m’emmènera. Une nécessité de céder à l’abandon et à faire confiance aux auteurices.
Un style vraiment à part.
De façon générale, et 10⁸ K n’échappe pas à la généralité, je ressors toujours avec un sentiment étrange. Cela est probablement dû au fait que, même si l’humanité n’est absolument pas présente dans le récit, les rappels à des concepts humains, ou à des grands penseurs humains, rend la lecture atypique. Difficile d’expliquer réellement le ressenti, définitivement positif. Je dirai pour faire simple, le sentiment d’avoir vécu une expérience littéraire différente.
Editions Black Coat Press (Février 2026) – Collection Rivière Blanche – 274 pages – 20 € – 9781649324474
Couverture : Nikawum
Notre univers contient des milliards de milliards de planètes. Elles tournent toutes autour de leur étoile au sein d’un vaste système stellaire.
Une seule est différente. Totalement différente.
sξadelph se déplace dans un brasier stellaire habité depuis des millions d’années par trois civilisations: Les Aglaöh[o]oma vivent à l’extérieur. Les Hystrïgons et les Stymphalides se dissimulent au cœur de ce monde brûlant protégé par un puissant champ magnétique. Ces trois civilisations arrivent enfin au terme d’une hallucinante guerre cosmique. Celle-ci se déroule au centre de leur étoile. Là où la température frôle 100 millions °C : 108 K !
Les trois civilisations arrivent enfin au terme d’une hallucinante guerre cosmique. Celle-ci se déroule au centre de leur étoile. Là où la température frôle 100 millions °C : 108 K !











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