L’observatoire de l’imaginaire : les chiffres de 2018 !

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Il y a deux ans, lorsque nous avons lancé un appel pour des états généraux de l’imaginaire, l’envie nous guidait. D’abord celle de comprendre l’écosystème des littératures de l’imaginaire. Y’a-t-il vraiment de plus en plus de livres ? Comment les ventes ont-elles évoluées sur ces dernières années ? Y’a-t’il une dilution dans la littérature générale ? Ne parle-t-on vraiment jamais d’imaginaire dans les médias généralistes ?

Avec les réponses, nous espérions pouvoir agir. L’initiative complétait celle du Mois de l’imaginaire. En vérité, les deux marchaient main dans la main pour que nos littératures soient plus visibles. Le résultat a été enthousiasmant : plein de débats, de questions, de travail surtout pour obtenir des débuts de réponses, et puis des idées, des actions et pas mal d’espoirs dans des discussions qui rassemblaient  auteurs, éditeurs, traducteurs, illustrateurs, documentalistes, bibliothécaires, journalistes, webzines, blogueurs etc.

Parmi tous les chemins qui étaient possibles, nous avons concrétisé un observatoire de l’imaginaire, toujours dans l’objectif de mieux appréhender l’ensemble. Et ces chiffres ont été présentés lors de la cession des Etats Généraux qui a eu lieu début novembre à Nantes pendant les Utopiales.

Notre équipe a présenté un certains nombre d’éléments de façon à pouvoir faire un état des lieux plus précis de la situation.

  • Chiffres de l’Imaginaire,
  • La Presse & L’imaginaire,
  • Le Mois de l’imaginaire,
  • Les Chiffres sur la Parité,
  • Les premières actions suite aux derniers Etats-Généraux,
  • Le vote sur le changement de nom,
  • Les Questions diverses.

La présentation est disponible en ligne : Présentation E.G.

Concernant les chiffres, nous nous sommes appuyés sur les chiffres GFK et ceux de Noosfere et de BDFI. Plutôt que d’établir une vérité dans un monde mouvant, nous nous sommes dit que si certains de ces chiffres concordaient, nous aurions alors des faisceaux d’indices forts pour s’approcher de cette vérité.

Parmi les grandes lignes que l’on peut donner, il y a eu une augmentation du nombre de titres publiés en imaginaire (hors jeunesse et young adult) entre 2003 et 2017. Pour GFK (qui est une base de données via Electre, qui ne prend en compte que les livres inscrits par ce biais), on est passé de 500 titres à environ un millier. Pour Noosfere, on est passé de 1000 à plus de 1600 dans le même temps (avec une baisse depuis le pic de 2012). On peut donc acter qu’il y a eu une véritable hausse de l’offre en imaginaire. Dans cette offre, les inédits représentent entre la moitié et les deux tiers de la production. Le reste sont des rééditions, en poche, en grand format “beaux livres”, en omnibus etc. Dans cette offre, les auteurs et autrices francophones représentent environ 55% des auteurs et autrices publiés. Il y a donc 45% de traduction et c’est relativement stable sur ces dernières années (slide 16). Si les grands formats représentent environ les deux tiers de la production (le reste se répartissant entre les livres de poche et le numérique (sans équivalent papier) qui représente environ 10% du nombre de titres publiés), GFK nous indique que les ventes sont à 80% en poche. En gros on produit plus de grands formats mais les ventes se font essentiellement en poche (ça c’est une info du dossier Livre Hebdo sur l’imaginaire de novembre 2018)

Dans les discussions que l’on peut avoir régulièrement, la question de la SFFF publiée dans des collections généralistes revient régulièrement. Ces titres représentent environ un quart de la production (slide 20). C’est d’ailleurs à peu près la même chose pour la jeunesse. Sur tous les titres d’imaginaire publiés en France, 20 à 25% le sont chez des éditeurs de littérature jeunesse (slide 23). On ne saurait dire s’il y a dilution de l’imaginaire dans d’autres secteurs (généralistes et jeunesse), il nous manque des chiffres de ventes et il nous manque un historique fort. Nous l’avons sur trois ans, c’est trop récent pour en tirer des conclusions. Mais désormais nous savons mesurer la production dans ces domaines. Rendez-vous dans quelques années pour des conclusions plus tranchées.

Parfois, il y a une ritournelle sur l’absence d’imaginaire dans les médias généralistes qui parlent de littérature. Depuis l’année dernière, nous avons essayé de mesurer cela en comptant les articles d’imaginaire dans des émissions et journaux comme Libération, Le Monde (internet) et Le Monde des livres, Vive les livres sur CNews, les pages littératures du magazine Elle, Télérama, La librairie Francophone, Le Figaro Littéraire, Le Magazine Littéraire et La Grande Librairie. On a exclu les médias qui accorde une place privilégiée à l’imaginaire comme La Méthode Scientifique ou Le Point pop (gloire à eux) pour se concentrer vraiment sur ces médias généralistes. Il faudrait que le panel soit plus large et s’il y a quelques bonnes volontés, on pourrait aller plus loin.

Pour l’heure, on a trouvé dans ces médias 2.6% d’articles ou de sujets sur l’imaginaire. C’est stable sur deux ans. Dans ces articles, la science fiction se taille la part du lion (56,2%) alors que la fantasy ne représente que 9,9%. Enfin, dans les livres d’imaginaire qui sont évoqués par ces médias, 83,2% sont publiés par des éditeurs généralistes.

(slide 30/31/32).

Loin de nous l’idée de leur jeter l’opprobre. Il y a sans doute un meilleur travail à faire en terme d’informations vis à vis de ces journaux ci. Et sans doute aussi une meilleure écoute de leur part. En tout cas, il y a de quoi progresser.

Enfin, et pour en terminer avec les chiffres, on a voulu mesurer la répartition homme / femme parmi les auteurs et autrices publiés. On est aujourd’hui à un tiers d’autrices (slider 34) et la courbe est plutôt en hausse depuis 2007 (slide39). Pour compléter, nous avons regarder qui étaient primés dans les catégories romans francophones et étrangers sur les 12 dernières années et sur un panel de prix (slide 37). Il nous manquait juste le prix Planet SF des Bloggeurs. Sur 156 prix possibles, 35 ont été attribués à des autrices (23%). Enfin, et c’est en lien, sur les articles recensés dans la presse, 30% concerne des livres d’autrices. Bon, on ne donnera pas dans le commentaire de tout cela. On ne fait que donner les chiffres. Y’a simplement encore un peu de boulot pour être à la parité.

Et puis pour terminer, nous avons également réalisé une carte des zones blanches de l’imaginaire. Elle permet de penser l’imaginaire par rapport aux territoires et c’est toujours intéressant.

Pour poursuivre le mouvement, il a été voté, après de longues délibérations, de renommer les Etats Généraux de l’Imaginaire par l’Observatoire de l’Imaginaire. L’objectif est de poursuivre l’élan et de continuer à collecter les informations concernant les littératures de l’Imaginaire.

Nous allons poursuivre cette année et sommes bien sûr à la recherche de toute bonne volonté pour collecter et consolider ces informations. Et nous n’avons pas eu le temps d’explorer certains sujets ou de mettre en place certaines initiatives. Si vous voulez vous lancer, vous êtes les bienvenus.

Pour finir, retrouvez notre observatoire sur facebook et notre forum

A bientôt

L’équipe de l’Observatoire : Vanessa Bonneval, René Marc Dolhen, Allan Dujiperou, Muriel Dufils, Estelle Hamelin, Fabien Lyraud, Christian Moulin, Bruno Para, Gilles Richardot, Jérôme Vincent

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