A comme Alone de Thomas Geha

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Alone 1

Pépé vient de se faire capturer alors qu’il s’approchait d’un puits. Pour une fois, il ne s’est pas méfié. Il l’a payé cher. Pépé est un alone, un de ces vagabonds qui errent à travers un monde livré au chaos et à la sauvagerie après un cataclysme qui a plongé la civilisation dans une ère post-apoclayptique cauchemardesque. Les centrales nucléaires ont explosé, les robots qui gardent les villes sont devenus fous, des mutants sont apparus, et l’humanité décline, devenue une proie pour ce monde prédateur. Mais les alone savent résister eux, répandant leur goût d’indépendance partout où ils passent, chevaliers modernes de la veuve et de l’orphelin, farouches misanthropes en apparence, mais camarades fidèles au fond. Par contre, leur espérance de vie est des plus courtes, car les humains rassemblés en communauté, les Rasses, voire les Fanam ou les Fanarm selon les déclinaisons fanatiques, apprécient un peu de chair fraîche de temps en temps.

Et là, Pépé sait qu’il ne va probablement pas échapper à la marmite. Emmené dans une petite communauté bretonne, il découvre une mini-dictature religieuse fondée sur le culte d’une vierge qui apparait la nuit dans le ciel. Après qu’il ait refusé de se convertir, pépé est condamné à mort par le grand prêtre. Mais il réussit à convaincre une femme de l’aider, et il s’échappe, en profitant pour s’assurer que la vierge ne reviendra plus. Ce qui lui permet de briser le culte local et de provoquer la chute de son clergé autoproclamé. Il n’a plus qu’à repartir. Comme l’hiver est proche, il décide d’aller se terrer dans un de ses abris bretons, puisqu’il ne peut plus rejoindre la provence. Mais là, il constate que son abri est déjà occupé par quelqu’un d’autre, qu’il va donc falloir déloger…

A comme Alone, c’est l’histoire d’un A comme Amour, ou Admiration voire Anthousiasme. ( ouh la belle faute). Car Thomas Géha est en fait un admirateur de Gilles Thomas ( ou Julia Verlanger), un auteur de science-fiction qui était l’un des piliers de la collection anticipation de Fleuve Noir. Et parmi tous ses romans, son préféré est l’autoroute sauvage, qui nous décrit un monde apocalyptique où des aventuriers solitaires essayent de survivre, en échappant aux villages qui se créent ici ou là. Vous l’aurez compris, ce livre est un véritable hommage à cet autre livre plus illustre, mais point n’est besoin de connaitre son aieul pour apprécier celui-ci.

Et l’histoire démarre sur les chapeaux de roue, car dès les premières lignes, le héros, pépé, est déjà en fâcheuse posture et doit se débrouiller pour en sortir. Autant dire que ici, on n’a pas le temps de réfléchir. L’histoire est ainsi divisée en trois parties de longueurs diverses, qui chacune contiennent une mini-aventure de pépé, qui essaye de survivre dans un monde qui lui est tout à fait hostile. D’abord capturé par des fanatiques religieux, il s’aventurera ensuite dans une grande ville, avant de tenter d’abattre une dictature militaire pour récupérer la femme de son coeur. En fait, Pépé ressemble presque à un de ses personnages héroïques que l’on retrouvait dans les pulps, presque un héros à la Howard, si ce n’est que Thomas Géha est beaucoup moins descriptif dans son propos, qui nous est de ce fait beaucoup plus proche.

En réalité, on pourrait même parler d’une sorte de verve populaire, d’un langage de baroudeur. Car le style est châtié, la narration directe, sans détour, s’adresse directement au lecteur, retranscript l’action brute, sans s’empêtrer dans des détails peut être interessants, mais qui ralentiraient l’action. C’est pourquoi le livre ne se repose pas. Une fois en main, sa taille réduite aidant, on le lit presque d’une traite, sans s’en rendre vraiment compte. La lecture est ici un vrai plaisir, un plaisir qui avait déjà été rencontré à la lecture du livre modèle. Ce qui nous amène à dire que Thomas Géha a réussi son pari, à la fois rendre hommage à l’autoroute sauvage et écrire une histoire similaire qui, une fois la dernière page tournée, laisse la même impression au lecteur, celle d’une lecture agréable, facile d’accès sans être banale, et qui donne envie de recommencer illico. Vivement le deuxième tome.

Pépé est un Alone, l’un de ceux qui errent sur les autoroutes sauvages d’une France post-cataclysmique, en proie aux hordes de pelerinceurs, aux monstrueuses voitortues, aux mutants diaboliques et aux fanatiques de tous bords. Il cherche Grise, la femme qui l’a elevé et qu’il aime encore. Mais y a-t-il encore de la place pour ce sentiment dans un monde sans pitié ? Qui triomphera ? A comme Amour ou A comme Anarchie ? A comme Apocalypse ou A COMME ALONE…
Black Coat Press Riviere Blanche (2005)161 pages 9.99 € ISBN : 1932983511 Couverture : Juan

A comme Alone de Thomas Geha, 10.0 out of 10 based on 2 ratings

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