La Saison de la Sorcière de Roland C. Wagner

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Les Chroniques concernent la version J’ai Lu

Etienne :Bien entendu, l’éditeur s’enflamme un peu dans son “mot”, le livre n’est pas si caricatural dans l’opposition USA/tiers monde, j’ai d’ailleurs assez peu vu le tiers monde.
L’histoire mêle le fantastique et la science fiction puisque l’on y apercoit la magie dans un futur proche, politiquement modifié mais réaliste.
La quatrième de couverture trompe un peu sur la marchandise, mettant l’accent sur des “bataillons de mages-soldats” ou sur l’aspect “réinsertion” de Fric, finalement très peu développés.
Si la caricature de la dérive impérialiste étazunienne est limpide, l’auteur ne nous mache cependant pas la compréhension comme le font trop d’auteurs qui cherchent un lectorat plus jeune : si vous voulez comprendre toutes les subtilités, il va falloir réfléchir, avancer dans la lecture, éventuellement revenir, pour finalement vous dire “c’était donc ça !”. Et cette façon de faire est très appréciable puisqu’elle permet des raccourcis, des allusions, pour finalement aboutir à un texte court et efficace, quand tant d’autres auraient délayé pour arriver à 400 pages (5 pages par attentat, 10 pour la présentation des personnages, 30 pour la situation politique etc…). J’ai parfois eu l’impression de lire un “série noire” également, pour le style sombre et les personnages ambigus.
En dépit d’une fin baclée à mon avis (les 3 dernières lignes : pitié !) et de nombreuses coquilles de l’édition (des renvois à la ligne intempestifs notamment): un vrai coup de coeur ! (NB : la critique se base sur la version J’ai Lu millénaire)

orcusnf : Pour tout vous dire, je l’ai dévoré ce petit livre. 200 pages lues en moins d’une journée, une fois dedans, on ne peut plus s’arrêter.

Roland Wagner réussit ici un mélange entre le science-fiction, le fantastique, le pamphelt politique et le polar. Mais de telle sorte qu’on ne s’en rend jamais compte. Certes les critiques du monde moderne ressortent un peu abruptement par rapport au reste du texte, mais ils sont bien intégrés dans la narration et ne gênent en rien sa progression, la faisant même avancer!!

Nous allons droit au coeur de l’action, sans s’embêter de descriptions superflues, de romantisme malvenu ou de cascades de dialogues qui ne nous apprennent rien sauf l’inutile. Roland Wagner se montre ici incisif, vif et précis. L’action ne souffre d’aucun temps mort, et sa plume se montre aussi acérée qu’une lame. Sous son enrobage légèrement décalé et humoristique, la critique se montre féroce, notre vision du monde, si on lui accorde totalement notre confiance, ne peut qu’en être changée. Naifs et crédules, changez de trottoir, on ne sait jamais!!

Mais si l’histoire va très vite, la fin est encore plus rapide. A tel point qu’on peut en ressentir une légère frustration. Tout se passe très rapidement, les héros sont “sains et saufs”, les méchants punis et tout rentre dans l’ordre après un renversement de situation bluffant et bien maitrisé, trop même. C’est presque une anorexie descriptive pour un tel passage…

Par contre, comme étienne, je déplore quelques coquilles typographiques ( 3 en fait) qui gâchent un peu l’ensemble, mais ne remettent pas en cause ni la compréhension ni la qualité du texte.

En conclusion, pour un prix si modique et un texte si original et si fort, s’aidant de l’actualité mondiale récente sans en abuser, produisant par la même une analyse en temps réelle de la société, il n’y a plus qu’une seule alternative : courir chez votre libraire.

Les Moutons Electriques (Novembre 2017) – 15,00€
Couverture :
Melchior Ascaride

Un ptérodactyle géant arrache la Tour Eiffel, des statues de Mao ravagent Pékin, un Godzilla dévaste le port de Yokohama et des soucoupes volantes auraient procédé à des abductions dans l’Arkansas.
Une vague d’attentats tout aussi déroutants qu’inexplicables ébranle les symboles de puissance des nations les plus industrialisées. L’Europe est particulièrement touchée par cette nouvelle forme de terrorisme à nulle autre pareille, qui fait usage de forces surnaturelles mais épargne les vies humaines. Pour les États-Unis, la lutte contre les « sorciers du tiers monde » devient presque une mission sacrée, qui justifie même une invasion de la France et d’une partie de l’Europe sous prétexte de « protéger » le Vieux Continent… C’est dans ce contexte que Fric, jeune zonard français fraîchement sorti de prison, doit entamer sa réinsertion…

 

J’ai lu J’ai lu SF (Juillet 2006)222 pages 4.50 € ISBN : 2-290-32558-9
Couverture : Benjamin Carré

A l’heure où la seconde guerre “préventive” d’Irak est encore dans toutes les mémoires, voici à n’en pas douter un roman de politique-fiction qui fera date ! La saison de la Sorcière est en effet une satire virulente et féroce d’une sombre acuité sur le monde de l’après-11 septembre 2001. Un monde où ne cesse de grandir le fossé entre les champions d’un ultralibéralisme sauvage, mondialiste et dérégulateur, et les laissés-pour-compte d’un tiers monde traditionaliste. Un livre choc qui, sous couvert d’un de ces récits déjantés et rock’n’roll dont seul Roland C. Wagner a le secret, est un cruel miroir tendu aux dérives de nos sociétés du troisième millénaire. (mot de l’éditeur)

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