S’il est un classique que nous n’avons plus vraiment besoin de présenter, c’est bien Frankenstein de Mary Shelley. Considéré comme un des premiers livres de Science Fiction, il est remis au goût du jour par une double actualité. La première est la nouvelle adaptation cinéma, réalisé par Guillermo Del Toro. Je vous laisse découvrir cette version sur Netflix, j’ai trouvé la vision très intéressante. La deuxième est la parution dans une édition collector aux éditions Callidor… richement illustrée par Aurélien Police.
Une expédition polaire…
Le Capitaine de vaisseau Walton a entrepris une expédition au Pôle Nord. Voulant se faire un nom, repoussant les limites atteintes pour l’homme, il finira avec son équipage par être bloqué par les glaces de la banquise.
Si des créatures aussi charmantes étaient misérables, il devenait moins étrange que moi, être imparfait et solitaire, je fusse dans l’infortune.
Quelques jours après, un homme exténué est retrouvé à proximité du bateau. Cet homme, le Docteur Victor Frankenstein, a une incroyable histoire à raconter. L’histoire d’un scientifique qui avait tout pour mener une vie heureuse. Cette histoire, il va vouloir la raconter au Capitaine, pour l’inciter à renoncer à son entreprise, afin de profiter d’une vie longue et joyeuse.
Mais qu’elle est l’histoire qui a mené un homme, un scientifique à se retrouver au milieu de la glace ?
… pour découvrir l’histoire du Docteur…
Celui qui deviendra docteur avait tout pour être heureux. Ses parents, aimants et attentifs à son bonheur, lui ont donné deux autres frères et une soeur adoptive, orpheline d’une riche famille. Cette dernière a vocation à devenir la femme de Victor mais il lui faudra attendre le retour de ce dernier de ses études.
Il commencera par des études en Allemagne, mais ne sera pas convaincu par les sciences exactes, avant de rencontrer un professeur qui lui permettra de faire faire un vrai bond à la science. Cela le conduira à travailler pendant de longs moins, avec un résultat effrayant : il a réussi à insuffler la vie à une créature avec des parties de corps de morts.
Pourquoi avoir formé un monstre à ce point hideux que même toi, de dégoût, tu te détournas de moi ? Dieu, en sa miséricorde, rendit l’homme beau et attirant, à son image ; mais mon corps n’est que l’image infecte du tien, et notre ressemblance même le rend plus horrible encore.
C’est alors qu’il vient de se rendre compte de la terrible erreur qu’il a faite en créant ce monstre, que son meilleur ami, Henry Clerval, vient dprendre des nouvelles. Il n’aura pas à révéler ce qu’il a fait, puisque la créature a pris la fuite…
Mais cette créature commence à développer une haine féroce contre le bon Docteur.
… et des thématiques essentielles…
Je ne suis pas sûr qu’il soit utile de préciser à quel point cette histoire a marqué la littérature, pas uniquement imaginaire.
Les thématiques sont nombreuses dans le roman de l’autrice et de nombreux articles les ont développées en long, en large et en travers avec beaucoup plus de talents que je ne pourrais le faire… Mais mettons-en quelques une en avant.
Celle qui vient naturellement à l’esprit est celle lié au danger d’une science sans conscience. Le sous-titre Prométhée moderne raccroche l’histoire de Victor Frankenstein de celle de Prométhée qui vola le feu aux Dieux. Une ambition démesurée qui conduira à leurs pertes. La volonté de Victor de dépasser les interdits, y compris de la nature, sera ce qui le conduira à sa perte.
Toujours du côté du Docteur, la question de la culpabilité sera bien sûr centrale. Responsable de la création de la créature, il devient responsable des conséquences de cette création. On pourrait y voir aussi la notion de regret, de remords, un remord qu’il oppose dès les premières discussions avec le capitaine pour l’inciter à ne pas faire les mêmes erreurs que lui.
Bien sûr, une autre des thématiques concerne le rejet et la solitude. La créature de Frankenstein n’a a priori pas de raison d’être « mauvaise ». Son isolement et surtout le fait d’être rejeté par son « Père » seront les déclencheurs de la bascule…
… dans une édition de qualité !
Si vous n’avez pas encore fait vos cadeaux de Noël, vous avez peut-être trouvé votre perle rare.
Les éditions Callidor ont vraiment fait un format de luxe, comme une version ultime de ce roman fondateur. Au-delà du roman lui-même, vous pourrez retrouver un avant propos de Barbara Sadoul, et une post-face par Joyce Carol Oates. Surtout, ce sont les nombreuses illustrations d’Aurélien Police qui réhausse cette édition.
Je me suis replongé avec grand plaisir dans ce grand classique !
Editions Callidor (24 octobre 2025) – Collection Collector – 384 pages – 35 € – 9782901207306
Traduction : Alain Morvan (Anglais)
Illustrateur : Aurélien Police
Avant-Propos : Barbara Sadoul
Post-face : Joyce Carol Oates
Animé par une soif de savoir sans limites, Victor Frankenstein défie les lois de la nature en donnant vie à une créature façonnée de chair et de science. Mais face à l’horreur de son propre acte, il abandonne sa « créature » à la solitude et au rejet. Commence alors une course tragique entre le créateur et sa création, où se mêlent vengeance, désespoir et questionnements vertigineux sur la condition humaine.












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