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Epicènes de Thierry Crouzet

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Service de Presse

Les éditions A La Flamme sont nées en 2024 et nous avions eu la chance de pouvoir interviewer une partie de l’équipe. Courant 2025 était paru Epicènes et si ce n’est pas le premier que j’ai lu (voir Résistants), ce titre peut se voir comme un fix-up…

Plusieurs histoires personnelles…

Ce n’est pas moi qui le dit mais la première phrase : « Tout commença par une blague ». Un couple se balade en amoureux sur la plage, les attentes de l’une n’est pas celle de l’autre. Alors elle le copie. Elle le copie dans ses phrases et dans ces mimiques. Elle le copie quand ils vont se baigner. Et l’incroyable finit par se produire, l’un devient l’autre, l’autre devient l’une. Les deux sont uns, sont unes.

Ils contemplaient un être sans cesse changeant qui leur ressemblait à tous deux sans être ni l’un ni l’autre, ni fille ni garçon, ni femelle ni mâle, ni brun ni blond, ni en jupette ni en short.

Ils ne s’en rendent pas compte immédiatement, pris dans leur jeu. Iels s’amusent à se balader, à narguer les passant, volant et ne ratant aucune occasion de se faire remarquer. Ce qui ne posera aucun problème finalement puisque personne ne sera en mesure de les reconnaitre.

Ils sont donc homme et femme à la fois, ou ni l’un ni l’autre, ou peut-être est-ce un nouveau genre.

Et il semble que ces nouvelles « entités » se multiplient sur la planète, semant le trouble…

… pour un récit étrange et captivant.

Le récit que nous propose ici Thierry Crouzet est vraiment captivant. Nous ne comprenons pas tout de suite ce qui se passe pour nos tourtereaux. Dès que la lumière commence à s’allumer, le lecteur cherchera à comprendre ce qu’il se passe.

Mais finalement la cause de cette situation n’est pas l’essentiel. Ce qui importe est que ces épicènes (qui sont une forme de neutralité donc) devraient être perçus comme une forme d’universalité, un modèle. Ce qui sera loin d’être le cas. Après avoir suscité une forme de fascination, les épicènes deviennent la cible d’une haine viscérale. Une haine qui se situera entre la haine de l’inconnpu ou le rejet de ce qui est différent. Une haine qui menace l’existence même de ces groupes-devenus-un qui traverse le temps.

Le texte est comme je le disais captivant. Captivant par le contenu, par la découverte de ces étranges créatures mais surtout captivant par la touche de poésie que le récit nous propose.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce texte et vous pouvez lire lire les premières pages du roman.

Editions A La Flamme (10 juin 2025) – 142 pages – 16 € – 9782959039263

Ils se retrouvaient un instant puis se fondaient l’un en l’autre, incapables de se dire qui était qui, que pensait l’autre, où l’un s’arrêtait et l’autre commençait.
Ils contemplaient un être sans cesse changeant qui leur ressemblait à tous deux sans être ni l’un ni l’autre, ni fille ni garçon, ni femelle ni mâle, ni brun ni blond, ni en jupette ni en en short. Ils se sentaient libres parce que plus rien ne les limitait ni ne les définissait. Le monde n’avait pas été construit pour eux, et ils pouvaient y vivre à leur guise.
Ils étaient quatre, ils étaient deux, ils étaient un. Ils auraient pu être trois, peut-être cinq. Ils le sentaient, et leurs paroles se confondaient.


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