Super Normal de Robert Mayer

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Pendant de nombreuses, les superhéros ont protégé les populations sans calculer le moins du monde. Voler ici pour sauver un enfant, aider à faire reculer les éléments déchaînés, livrer de petites crapules, rien ne les arrêtait. Mais, petit à petit, ils se sont faits plus rare, à l’image de David Brinkley qui s’est rangé. Travail routinier, mariage de raison à défaut de conviction, il est désormais père de deux filles en attendant que le petit dernier pointe son nez… Et même s’il lui prenait l’envie de reprendre de l’activité, il semble que l’âge viendrait contrarier ses plans.

Protégé par son identité secrète, David Brinkley, il s’était glissé dans la vie routinière de classe moyenne. Il avait quarante-deux ans. Il était marié, il avait deux enfants, et un troisième en route. Plus jamais, pensait-il, il ne se précipiterait dans une cabine téléphonique pour enlever ses vêtements et laisser apparaître son uniforme, plus jmais il ne mettrait son masque violet et  ne se lancerait dans un grand combat contre les puissances et les ténèbres.

Il doit désormais faire face à la faiblesse humaine qu’il subit comme tout à chacun et se retrouve bien embêté lorsque la situation commence à dégénérer à New-York. On ne serait même pas loin de penser que certains souhaiteraient qu’ils reprennent du service mais pour quels objectifs ?

Dans ce roman qui fête ces 40 ans, Robert Mayer rend les superhéros humains. Il y a fort à parier que ce livre, comme le dit par ailleurs Grant Morrison (pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il s’agit d’un scénariste de comics), ait influencé toute une génération de scénariste de comics.

Dans Super Normal, David Brinkley est plein de doute : doutes par rapport à ses pouvoirs qui sont en plein déclin, mais aussi par rapport à sa vie et aux choix qu’il a fait. Et si son identité est restée secrète jusqu’au bout, cela interroge aussi sur la nature de la relation de confiance au sein de son couple, à ce qu’implique son statut de Super Héros en société…

C’est la faiblesse humaine que les gens aiment, pas la force. Regarde ce qu’ils en font , de leurs héros. Regarde les Kennedy, Martin Luther King. Même Wallace, tiens, il s’en trouve pour dire que c’était un héros. Il les flinguent, voilà ce qu’ils en font.

Mais je vais m’arrêter là car vous pourriez penser que ce récit est d’un sérieux qui frôle à l’ennui alors que le récit est bourré d’un humour décalé, avec quelques scènes de sexe (mais pas aussi marquées que ce que la préface pourrait laisser penser.

Une vraie bonne idée que d’avoir édité en français ce titre méconnu.

Aux Forges de Vulcain (Juin 2017) – 311 pages – 21,00€ – 9782373050295

Traduction : Francis Guévremont
Titre Original : Superfolks (1977)
Couverture : Elena Vieillard

David Brinkley a été le plus grand des super-héros mais il a pris sa retraite, s’est marié, et s’est installé en banlieue. Quand une série de catastrophes décime la population des superhéros, David doit reprendre ses collants, sa cape et son masque. Le seul problème, c’est que notre héros est désormais un homme entre deux âges, dont les superpouvoirs tombent parfois en panne, et qui se sent complètement dépassé par les années 70, avec leur cortège de nouveautés. Il se lance quand même dans l’aventure, et nous emmène avec lui dans un thriller qui plonge avec humour dans les méandres d’une Amérique qui doute, après l’affaire du Watergate et la fin de la guerre du Vietnam.

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