Toxoplasma de David Calvo

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Moyenne : 8.0/10 (1 vote pris en compte)

La ville de Montréal est assiégée dans ce nouveau roman de David Calvo. La vie a beaucoup changé depuis que la deuxième plus grande ville du Canada a décidé d’y organiser une Commune : la vie avec l’extérieur est coupée, l’internet effondré et les habitants qui n’ont pas voulu fuir attentent avec inquiétude le moment où la résistance cédera et où la population sera décimée…

Dans cet univers qui fonctionne en autarcie, les gens survivent donc comme ils peuvent et s’il est un élément qui m’a énormément plu, c’est la façon dont se font les échanges de service et notamment la façon de “payer” à base d’objet du quotidien (j’ai notamment aimé le paiement en personnage Playmobil).

Alors oui, les gens ont peur, mais la Commune Montréal résistera, nous avons des punks à chien ici et nous avons l’esprit des rebelles du passé pour nous guide

C’est dans ce contexte que vont évoluer nos différents personnages, à commencer par Nikki qui travaille chez un loueur de vidéos… en fait de cassettes vidéos si nous devions être tout à fait précis (sisi ça existe) et on savoure tout au long du récit la référence à des films que seuls de vrais connaisseurs peuvent connaître (d’ailleurs, j’avoue que peu d’entre eux me sont familiers si je sors du lot Rencontre du troisième type ou encore les Langoliers). Les échanges autour de ces “reliques” d’un passé cinématographique que nous aurions pu croire totalement disparus ajoutent une touche totalement décalé à un récit déjà hallucinant.

Et c’est bien par Nikki que nous découvrons ce Montréal, enclavé mais a priori pas si lointain de notre monde moderne… Nikki s’attaque à une enquête suite à des cadavres d’animaux retrouvés décapités, et c’est au travers de ces premiers contacts avec Montréal et l’environnement de Nikki que nous découvrons que ce n’est pas notre époque et que nous avons fait un bond dans le futur… Sentiment rapidement renforcé par la langue où je serai bien en peine de dire ce qui dépendrait du québecquois ou d’un glissement / perte de la langue…

Deux autres personnages sont centraux du récit, deux hackeuses, Kim et Mei, qui naviguent dans un internet qui est à l’agonie au sein de l’île et que les deux jeunes femmes vont néanmoins d’infiltrer, pour essayer semble-t-il de comprendre une prophétie.

Après une prise de contexte de cette ville transformée, et alors que nous commencions tout juste à nous y habituer, David Calvo bouscule ses personnages et ceux-ci commencent à perdre avec pour conséquences de nous faire perdre les nôtres; en toute logique !

Le récit est brillant, profondément humain et perturbant : vous serez libres de comprendre à la fin ce que vous souhaitez.

Montréal se présente ici comme une ville de résistance, faisant miroir à l’Islande qui, dans le monde décrit, est l’exemple suivi par les Montréalais… Une petite punchline pour finir :

Le jour où le nazisme sera rentable, tous les capitalistes seront nazis

 

La Volte (Octobre 2017) – 374 pages – 19.00€ – 9782370490537
Couverture : 
Stéphanie Aparicio

Après un grand soulèvement, l’île de Montréal est assiégée – ses ponts bloqués par l’armée fédérale. Internet disparu, une Commune improbable s’y organise, redoutant à tout instant l’effondrement du monde.

Au cœur de ce chaos, Nikki Chanson, détective pour chats perdus et spécialiste de films de série Z dans un vidéo-club à la dérive, enquête sur des sacrifices de rongeurs. Entre hallucinations en VHS et cauchemars de forêt détruite, son quotidien s’engouffre bientôt dans une conspiration dont elle ne percera le mystère qu’avec l’aide d’une coureuse de bois virtuels et d’une marionnette d’un show pour enfants.

Toxoplasma de David Calvo, 8.0 out of 10 based on 1 rating

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