Service de Presse
Depuis plusieurs années, les éditions ActuSF nous propose de découvrir des courants de l’imaginaire au travers d’essai. Cette fois-ci, nous allons parler du Body Horror, et qui de mieux que Fleur Hopkins-Loféron et Morgane Caussarieu pour nous en parler ?
Fleur Hopkins-Loféron, qui sera présente sur une table ronde que je modérerai le 11 avril à l’Angers Geek Fest, est historienne des arts, rédactrice culturelle par exemple dans La septième obsession ou encore chroniqueuse dans Mauvais Genre. Cette année, en plus de cette co-écriture, on lui doit Dark Romance, essai aux éditions Goater et un autre sur la philosophie antispéciste dans la SF.
Morgane Caussarieu œuvre dans les littératures d’horreur depuis de nombreuses années. Que ce soit du côté des vampires (Rouge Toxic, Rouge Venom ou encore plus récemment Festin de larmes avec Vincent Tassy), des loups-garous (Vertèbres), de la sirène / vouivre (Visqueuse) ou dernièrement Baron Cimetière, l’autrice nous montre l’horreur sous toutes ses formes.
Alors qu’allons-nous découvrir dans cet essai ?
Des références à foison
Les deux autrices prennent le temps dans une première partie de leur essai de resituer le Body-Horror au travers des oeuvres qui ont marqué son histoire. La première à laquelle on pense est naturellement Frankenstein de Mary Shelley qui met en avant cette créature composée de nombreux morceaux.
Esthétiser le dégoût, c’est se positionner contre la bienséance et le conformise et donc contre les institutions de légitimation, qui voient d’un mauvais oeil l’horreur corporelle
Pour autant, ce n’est pas le seul roman et la seule histoire qui fait référence au Body Horror et l’essai regorge de nombreuses références qui vous permettront de voir à quel point ce genre est riche et présent dans de nombreux titres et films qui sont devenus des classiques.
Alors même qu’on le pense être réservé à un public averti, on se rend compte que le renouveau du genre, notamment marqué par le film Titane ou encore The Substance touche un public très large.
Des corps et des créatures
En nous resituant le genre dans la culture française, et notamment au travers du fakirisme des années 1920, Fleur et Morgane nous permettent de naviguer au travers des années.
La question du corps, de sa déformation originelle (comme par exemple dans Elephant Man) ou la transformation du corps, et on pourra citer pour cet exemple La Mouche reste centrale. On constatera rapidement que là où nous pourrions penser que le genre est restreint, il apparait au contraire très varié permettant de voir des fusions, déformations, transformations, déliquescence ou pire encore.
On sent dans le déroulé toute la passion des autrices pour ce genre particulier de l’horreur.
Mais bien loin d’être un simple essai, Generation Body Horror donne la parole à de nombreux et nombreuses sachant·es et tente de dresser une image complète de ce sous-genre.
Une vraie découverte pour moi ! Pourtant, pour des personnes qui ne connaissent absolument rien au genre, le texte pourrait paraître un peu dense. Néanmoins, la richesse des références, leur variété ainsi que des illustrations permettent de rendre la lecture accessible.
A noter que si le genre vous intéresse, je recommande tout particulièrement deux textes de Morgane Caussarieu : Vertèbres et Visqueuse.
Nouvelles éditions ActuSF (19 février 2026) – 533 pages – 24,90 € – 9782376867166
Couverture : Amélie Marié
Julia Ducournau et Coralie Fargeat ont électrisé la critique et remis au goût du jour le genre du body horror, longtemps fief masculin considéré comme outrancier, à travers des œuvres-cultes comme La Mouche de David Cronenberg et Society de Brian Yuzna.
C’est parce que l’horreur corporelle possède une histoire bien plus riche que ces seuls noms illustres, en littérature comme au cinéma, que le projet d’écrire Génération Body Horror s’est imposé aux passionnées d’horreur Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron. Leur projet à quatre mains porte une ambition assumée : explorer l’histoire de l’horreur viscérale dans ses moindres recoins, du XIXe siècle à nos jours, exhumant au passage des pépites méconnues, mais aussi interroger combien cette grammaire du corps se donne à voir, ces dernières années, comme un territoire privilégié pour penser la marginalité et laisser exploser sa rage.
Morgane Caussarieu est une des grandes voix de l’horreur en France. Elle revisite et modernise à travers ses fictions, comme Dans tes veines, Vertèbres ou bien encore Festin de larmes (avec Vincent Tassy), les grands mythes de l’imaginaire, du vampire à la vouivre.
Historienne des arts et chercheuse indépendante, Fleur Hopkins-Loféron est une grande spécialiste de la pop culture et l’autrice de plusieurs ouvrages de référence dont Voir l’invisible. Histoire visuelle du mouvement merveilleux-scientifique (1909-1930) et Dark romance : guide amoureux.











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