Interview : Ambre Dubois

Réalisée par :Mail
Date :octobre 2007
Allan : Bonjour Ambre, avant toute chose et parce que c’est la question généralement la plus énervante pour les auteurs, peux-tu te présenter à nos visiteurs ?
Ambre : Bonjour à toute l’équipe de fantastinet et à tous les visiteurs du site. Cela me fait très plaisir de répondre à vos questions et j’ai été très touchée par votre demande.
Je me présenterai en disant que je suis une petite belge de 28 ans, passionnée de fantastique et de vampirisme depuis son plus jeune âge. Comme de nombreux auteurs, je suis aussi une grande lectrice, une boulimique de livre (au grand désespoir de mon banquier !), toujours à l’affût des sorties littéraires susceptibles de m’intéresser. Je suis aussi la webmastrice d’un site web consacrée aux vampires dans les médias (principalement dans les romans, les mangas et les BD). Et de temps à autre, j’essaye d’écrire…

Allan : Tu as publié en juin dernier, Le Manoir des Immortels… Que peux-tu nous dire sur le parcours qui t’a conduit jusqu’à produit fini ?
Ambre : Écrire ce roman m’a demandé environ une année. J’avais les bases d’un premier manuscrit gribouillé lors de mon adolescence mais, au final, je l’ai tellement retravaillé qu’il ne reste plus grand chose de cet écrit initial (alors inspiré du roman Dracula du Stoker et de son adaptation en film par Copolla).
Au plus j’avançais dans mon récit, au plus j’avais envie d’étoffer mes personnages, rallonger mes intrigues, créer des scènes intéressantes.
Une fois achevé, après avoir reçu les conseils d’une précieuse amie, j’ai tenté ma chance auprès de différents éditeurs.
Après de longs mois d’attente, de contacts et d’envois en tout genre, les éditions Nuit d’avril ont accepté mon manuscrit. Quelques mois plus tard, après les corrections d’usage, le roman « Le Manoir des Immortels » voyait enfin le jour. La fin d’une aventure commencée en 2004, comme quoi quand on est auteur, il fait souvent se montrer patient !

Allan : La première question par rapport à l’intrigue est : pourquoi avoir choisi la période “Jack L’Eventreur” sur laquelle de nombreux auteurs se sont déjà penchés ?
Ambre : Tout simplement car c’est une période que j’adore. Depuis longtemps, j’éprouve une grande fascination pour l’époque victorienne et pour ses personnages historiques ou imaginaires (Bram Stoker, Sherlock Holmes, Jack l’Éventreur, Lovecraft, Dorian Gray…).
Pour moi cette période de l’histoire est intéressante car elle possède ce coté romantique et décadent qui s’accorde parfaitement avec l’image du vampire. Et puis, entre les bas-fonds de Londres et les fastes de la cour d’Angleterre, entre les ombres de la rue et de la misère et les lumières du monde moderne, il y a de quoi faire.

Allan : Les vampires que tu as choisi sont pour certains très “humains” ; te semblent-ils important d’essayer de varier un peu le genre en rendant le vampire plus sympathique ?
Ambre : C’était bien sûr une volonté dès le départ. J’adore le personnage du vampire, cette créature envoûtante à mi-chemin de l’homme et du démon. Et je voulais justement que cette ambiguïté se retrouve dans mes personnages à différents degrés. Je trouve que la dualité démon-humain, est l’aspect le plus fascinant et le plus intéressant dans les mythes du vampire, du loup-garou ou même du fantôme. Ce sont des personnages toujours tiraillés entre deux mondes, entre deux modes de pensées, entre deux manières de voir l’existence. J’apprécie aussi beaucoup l’image du vampire romantique mais qui garde toujours dans le regard une étincelle de quelque de chose de bestial ou de démoniaque.
Si certains de mes protagonistes (je pense notamment à Corwin) sont très proches des humains dans leurs comportements et dans leurs raisonnements, il n’en est pas de même pour le Prince de la ville, Rodrigue.
Le thème du vampire offre tellement de possibilité, tellement de facette à exploiter, il renvoie à la fois au désir et à la sensualité, à la terreur et la peur, à la volonté de l’homme de vouloir s’affranchir de la mort et d’accéder à l’immortalité.

Allan : Le personnage de Rodrigue va probablement rester le plus ambigu de tous. On le sent malgré tout très accroché à son pouvoir, quitte à sacrifier le reste de ces proches : n’est-il finalement pas le vrai “méchant” de cette histoire ?
Ambre : Rodrigue est un personnage qui se dévoile plus tardivement dans le roman et qui n’a pas encore livré tous ses secrets !
J’ai voulu le décrire comme un être qui tient énormément à son pouvoir et est prêt à tout pour le conserver, même si pour cela il doit sacrifier l’existence de ses proches. Alors oui, par son attitude dominatrice, ses actes et la manière qu’il a de diriger sa petite troupe londonienne, il peut être considéré comme le vrai « bad boy » de l’histoire.
A coté de cela je tenais aussi à ce que ce personnage garde une part de son mystère et que, malgré sa rigueur et son attitude glaciale, il garde ce charme froid qui fait toute la subtilité des immortels.

Allan : A contrario, un autre personnage (ne dévoilons pas tout) se révèle moins terrible qu’il ne l’était de prime abord… Se jouer du lecteur te semble-t-il important ?
Ambre : Je tenais surtout à ce que le lecteur ne s’ennuie pas ! Pour ma part, je trouve qu’il n’y a rien de pire qu’un roman sans action où l’on décrit pendant des pages et des pages les états d’âme d’un personnage.
Plus sérieusement, je tenais vraiment à faire vivre aux lecteurs les égarements de l’héroïne dans son enquête, dans ce Londres où tous les personnages semblent se jouer d’elle et posséder des identités doubles. Alors oui, j’ai pris un malin plaisir à essayer de semer des indices tout le long du texte pour emmener le lecteur sur une fausse piste et accroître le sentiment de désarroi et de perte de contrôle.

Allan : En plus de l’aspect vampirique, nous avons le droit au scientifique un peu fou… Volonté de varier les genres ?
Ambre : Je tenais à montrer qu’un humain peut se montrer aussi monstrueux qu’un vrai démon. Ce personnage me tenait beaucoup à cŒur. Son utopie du monde, sa quête d’immortalité est quelque chose de très universel. Mais ce qui le différencie des autres êtres humains, c’est que lui met tout en Œuvre pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, même si pour cela il doit laisser des cadavres sur son chemin. Je voulais qu’il incarne la folie humaine au milieu d’une communauté de vampires qui semble finalement plus rationnelle que lui.

Allan : La fin nous laisse par contre avec un étrange sentiment… Une suite est-elle prévue et si oui pour quand est-elle ?
Ambre : La suite est déjà écrite ! Il ne me reste plus qu’à la relire entièrement et à effectuer quelques corrections avant de pouvoir la proposer à un éditeur.
Ce roman reprend la plupart des personnages du « Manoir des Immortels ». Une autre enquête sera ouverte mais, comme il s’agit d’une suite, j’ai voulu davantage approfondir les relations entre les personnages et dévoiler certaines facettes de leur passé.
Et si tout va bien, un troisième tome pourrait également voir le jour, mes petits vampires m’inspirent beaucoup…

Allan : As-tu d’autres projet en cours actuellement qui seront concrétisés dans le moyen terme ?
Ambre : J’écris quelques nouvelles pour des appels à textes, l’une d’entre elle a été accepté pour le webzine « Reflets d’ombres ». Pour les autres, j’attends les réponses.
A côté de ça, j’ai écrit un autre roman ayant pour décor le territoire picte à l’époque de l’invasion romaine. Une histoire fantastique mettant en scène de la magie, des traditions celtes et quelques personnages aux dents pointues. Ce texte a pour titre « La dame sombre ». Je suis en train de rechercher un éditeur pour ce roman.
Et là encore, un seul roman ne m’a pas suffit pour exploiter pleinement mon histoire et mes personnages car je suis en train d’en écrire une suite.

Allan : Que peut-on te souhaiter ?
Ambre : Que les lecteurs prennent beaucoup de plaisir à lire mes histoires. Et trouver rapidement un éditeur pour « La dame sombre »

Allan : Le mot de la fin sera :
Ambre : Je vous remercie pour cette interview et pour tout ce que vous faites pour la promotion des jeunes auteurs francophones qui essayent de défendre le fantastique.
Merci d’avance à tous ceux qui liront mon premier roman, j’espère qu’il vous plaira et qu’il vous fera passer un agréable moment.

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