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Trois contes de Maëlig Duval

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Service de presse

En cette rentrée de septembre, les Editions Gephyre nous propose de découvrir trois contes réunis en un seul volume. Il est à noter que le prologue plante le décor en expliquant que, oui, bien sûr, le titre Trois contes fait écho à celui de Gustave Flaubert. Un bon moyen, dixit l’autrice, pour réussir à attirer quelques lecteurices « par accident ».

L’évasion minuscule

Le premier conte nous permet de découvrir une lectrice un peu particulière : Emma. Elle n’a pas une vie particulièrement intéressante – en tout cas c’est la perception qu’en donne sa description – et sa vie en environnement urbain lui convient finalement pas si mal. Cependant, cette vie masque malgré tout une certaine forme d’évasion avec un monde intérieur dans laquelle elle se projette au début de ses lectures.

Est-ce la raison pour laquelle elle a une préférence pour les auteurices disparues ? La question mérite d’être posée, d’autant plus que ce n’est pas une particularité de lectrice qu’elle a tendance à partager, notamment avec son amie Eugénie. Jusqu’à ce que cela ne soit plus trop le cas.

Je glisse la petite citation ci-dessous tirée de cette nouvelle, car je me demande si – à l’instar de Pierre-Emmanuel Barée dont la twingo virtuelle a écrasé Sophia Aram – Maëlig Duval sera traînée pour sa R5 devant les instances judiciaires par Silène Edgar.

… que faisait Silène Edgar en bicyclette au milieu de la route, sans éclairage et sans casque ? Emma devait lui dire que c’était dangereux ! Mais Emma ne bougea pas les mains du volant, ne klaxonna pas, ne fit aucun appel de phares. Quand son pare-chocs percuta l’écrivaine, elle pensa au livre qui attendait sur l’étagère…

Plus sérieusement, ce premier conte nous plonge dans une dimension onirique, avec cette question sur nos pratiques de lecteurs, de mon côté, je préfère les auteurs vivants. Ils montrent aussi la capacité qu’à la littérature à nous permettre de construire nos propres mondes intérieurs… et les conséquences lorsque cela n’est plus possible.

L’Empereur et les oiseaux

Dans la suite du conte précédent, vous verrez le lien assez rapidement, nous voici dans un autre lieu et probablement un autre temps. L’Empereur a un réveil pas des plus agréables à son goût. La raison ? Ces oiseaux qui piaillent et lui vrillent les tympans.

Alors qu’il a besoin de toutes ses capacités pour pouvoir étendre l’emprise de son empire, les piafs font courir le risque que tout ne soit perdu. L’Aigle de ses rêves lui a dit clairement que l’avenir n’est envisageable que si l’ensemble des volatiles soit définitivement silencieux.

Réveil après réveil, nous suivons l’avancée de la folie du dirigeant, une folie directement liée à son sommeil ou son absence de sommeil. De leur côté, les neuf conseillers se demandent comment ils peuvent répondre aux exigences de leur souverain et comprendre ce qui est la cause de cette démence.

Avec beaucoup d’ironie, l’autrice nous fait suivre le glissement d’un peuple qui suit aveuglément son dirigeant, y compris lorsque ses ordres et sa trajectoire n’ont aucun sens.

Lignes de fuite

Ophélie n’a jamais été très à l’aise avec certaines expressions et cela l’a marquée pendant longtemps. Et c’est vraiment une expression étrange qui lui vient à l’esprit lorsque son amie Mathilde lui annonce sa grossesse. Cette amie, qui semble être parmi les seules à la comprendre, lui apprend cette nouvelle alors même qu’elle venait d’apprendre la fin de sa maison d’édition.

Moyen de tirer un trait sur une trajectoire d’écrivaine, ou véritable occasion de relancer une carrière qui lui échappe, elle s’appuiera sur l’énergie de la future mère pour peut-être trouver la bonne réponse.

On finit avec une forme de rebond sur le premier texte, et je dois avouer que j’ai bien aimé cette boucle. Prolongeant l’expérience, Maëlig Duval nous permettra de percevoir aussi les questions que se posent les auteurices, mais aussi autour de la fragilité de l’édition indépendante.

Trois contes, complétés par une intro et une conclusion

L’autrice nous propose au travers de ce recueil une trame très bien lancée par le prologue et avec un épilogue Le cimetière des éléphants roses qui permettre de boucler la boucle.

Cette lecture mérite que vous vous y arrêtiez pour découvrir un univers que je trouve original. La mise en relation des cinq parties de Trois Contes est une vraie réussite et ce que j’ai surtout ressenti, c’est le plaisir d’écrire qui transparait dans chacun des textes.

Un moyen de découvrir Maëlig Duval et sa maison d’édition !

Editions Gephyre (5 septembre 2026) – 160 pages – 20 € – 9782490418909
Couverture : Paul Cosquer

Un livre peut vous sauver. Il peut aussi vous entraîner dans sa folie.
Percutée par la violence du réel, Emma rejette les livres qu’elle a tant aimés.
Ivre de pouvoir, un Empereur veut soumettre le chant des oiseaux pour étendre son empire.
Ecrivaine au bord de l’épuisement, Ophélie cherche la force de créer alors que tout vacille.
Peu à peu, leurs vies se répondent, se mêlent.
De l’intime au fabuleux, la question revient : que devons-nous à la fiction ?


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