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Océano Nox de Louise Roullier

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Service de Presse

En cette rentrée des classes, les éditions Critic nous propose deux titres : Nos éclats de souvenirs de Jean Krug et Océano Nox de Louise Roullier. Ce n’est pas le premier roman de Louise chez Critic, puisque Grain de Sable était paru en 2022, les deux romans partagent d’ailleurs l’univers, bien qu’indépendants. Mais de quoi cela parle-t-il ?

Un échange épistolaire…

Pinto Bem est comptable sur la galéasse San Creador. S’il écrit à Dame Melinha Ciprisca, c’est pour obtenir de l’aide pour payer sa rançon, alors qu’il est enfermé dans les geôles de l’empire Jambhai.

Au-delà de cette libération qu’il souhaite ardemment, comme tout prisonnier, Pinto va vouloir expliquer ce qui l’a amené dans cette situation, tout particulièrement parce qu’il est important pour lui d’affirmer qu’il n’a pas été un déserteur. Au travers de nombreuses lettres, très détaillée, il va expliciter le déroulé des événements qui l’ont conduit dans la situation présente.

… commençant par un étrange mal…

A bord de la galéasse et alors qu’ils sont en plein combat, un étrange mal semble frapper l’équipage. Les uns après les autres, les membres du bateau semble se laisser mourir, refusant de se nourrir et de s’hydrater. C’est à ce moment que se fera la rencontre entre Pinto et celui qui se fait appeler Mahas.

L’histoire que lui raconte l’homme est tout simplement incroyable au premier abord. Il serait habité par un Dieu, expulsé de son « domicile » par ses frère et se retrouvant plongé dans le monde des humains.

Pour son plus grand malheur, il va se retrouver au coeur du conflit qui oppose les Maravilhès et l’Empire jambhai. Cependant, loin de se retrouver dans le corps d’un des meneurs des combats, son aventure prend racine dans le corps d’un pêcheur, se retrouvant malgré lui à ramer sur un navire. Sans réelle compréhension de ce qu’il doit faire, le Dieu constate que la mort de son hôte entraîne un saut dans un nouveau corps, sans aucune logique quand au camp de son réceptacle.

… pour un récit succession d’histoires !

Louise nous explique dans une préface le contexte dans lequel elle a écrit son récit. Nous pouvons aussi découvrir à la fin du roman un ensemble de textes sur lesquels elle s’est appuyée.

Personne ne gagne une bataille, jamais ! Il n’existe pas de victoire. Toutes les batailles sont des défaites.

Surtout, nous allons rapidement percevoir l’intention de l’autrice, qui utilise ce moyen pour nous faire découvrir la guerre au travers du regard de femmes et d’hommes du peuple, des petits rouages dans la grande histoire. Chacune de ses morceaux de vie, invariablement achevé par la mort, montre la guerre qui frappe, aveuglément, indifféremment du camp puisque les sauts de notre Dieu se font par proximité, insistant sur les ravages et évitant toute vision manichéenne.

Le monde est gris. Le monde est rouge. Rouge du sang de ces individus qui tombent les uns après les autres, subissant les combats dans leur corps et leurs âmes. Même si la méthode de bascule peut sembler répétitive, Louise réussit à ne pas tomber dans la routine : chacun des sauts apporte à l’histoire, chaque personnalité est différente, chaque hôte révèle sa part lumineuse ou sombre de l’humanité.

Des histoires qui marquent !

Certains des bonds nous laisseront plus indifférents que d’autres, enveloppe temporaire ne présentant que peu d’attrait. Mais ils ne sont que des transitions, des transitions qui vont nous faire découvrir des personnalités exceptionnelles.

Celle de Salini, une simple servante m’a particulièrement marquée, venant contrebalancer l’horreur du soldat précédent. Elle sera une vraie bulle de lumière et de bienveillance dans une guerre qui ne laisse que peu de place à ces qualités. Malgré cela, son destin sera lui aussi tout tracé et tragique.

Ce n’est pas la seule qui vous marquera, et le Dieu lui-même, qui ne comprend pas ce qu’il est censé pour retrouver sa condition apportera aussi un éclairage intéressant.

Le choix et le pari des éditions Critic sur ce récit est pertinent : Louise Roullier réussit à nous entraîner, à nous présenter toutes les couches de gris de notre humanité, dans un récit qui ne pourra pas vous laisser indifférent.

Vous aurez compris que je vous le recommande. Si vous avez envie de découvrir d’autres textes, je vous recommande une des nouvelles parue dans la collection Chronopages : Album Culte, Infiniment ou encore Le Roi Enzio.

Editions Critic (02 septembre 2026) – 456 pages – 24 € – 9782375793633

À bord de la galéasse San Creador sévit une étrange épidémie : tour à tour, les membres de l’équipage sombrent dans la passivité et se laissent mourir. Quand l’un d’eux se confie au comptable du bord, il prétend être un dieu exilé du ciel par ses pairs et incapable de rentrer chez lui. Incarné dans le premier humain venu, il passe depuis de corps en corps à mesure que ses hôtes tombent, victimes directes ou indirectes de la guerre entre Maravilhès, cité des mages, et l’Empire jambhai. Au comptable incrédule, le dieu résigné raconte son expérience de cette guerre et les vies dérisoires et minuscules dont il a partagé la beauté et les bassesses


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