Carne de Julia Richard

Rien que l’image donne envie de lire le livre, ou pas, cela dépend de votre état d’esprit bien entendu. Ce qui est sûr est que de mon côté, elle m’a tapé dans l’œil, et ce n’est pas le seul élément structurel du livre qui est intéressant puisque l’autrice a eu un chapitrage un peu particulier et que certains éléments vont dérouter tout au long du récit.

Les zombies, tout le monde connaît ou croit les connaître, et ça là, déjà que Julia casse un peu le mythe… Simon semble être un homme charmant, entre sa femme, ses deux ans (grands déjà), un boulot somme toute plutôt normal – si tant est à penser qu’un boulot au marketing est un boulot normal – et un adorable chien qui s’appelle Wurst… D’ailleurs, ce nom ne destine-t-il pas l’animal à sa fin dans le livre ? Probablement que si et c’est peut-être la première raison pour laquelle le premier pétage de plomb de Simon est de manger son chien comme on le voit dans le chapitre 1 mais il revit après ou alors notre Simon est tout embrouillé… Tout embrouillé comme le chapitrage du livre d’ailleurs. Mais alors que se passe-t-il réellement ?

Coucou tout le monde, j’espère que vous allez bien, que la rentrée s’est bien passée, que vous vous êtes fait de nouveaux amis. Moi en tout cas je vais super bien et je suis ravi de vous retrouver aujourd’hui pour ce petit tuto dépiautage.

Oui, il semble que Simon soit pris de pulsions étranges qui se traduisent dans un premier temps par une envie de boulotter son chien avant de le faire partir totalement en sucette. Il est perdu notre Simon, et sa famille aussi d’ailleurs, mais il est aussi conscient de son nouvel état même s’il ne le comprend pas totalement. Il est bien loin des traîne-savates baveux que nous voyons dans les Walking Dead ou autre histoire du même type.

Alors comment faire pour survivre alors même que personne ne semble croire à l’incroyable ? Les politiques toujours concentrés sur les élections à venir, la police peu encline à s’intéresser à la disparition de quelques marginaux, …

C’est avec beaucoup de surprise que nous découvrons le personnage de Simon et de son alter-ego Phil, un homme comme tout le monde qui cherche à comprendre ce qui lui arrive et surtout à protéger sa famille malgré la situation. Mais rien ne va, et sa fille Jessica, va devenir rapidement sa plus grande alliée.

On tend à penser que les hommes sont plus affectés que les femmes parce que la différence de taille entre le mâle et la femelle fait que l’on a besoin de plus de protéines, donc de plus de viande. Comme si on était des espèces de mantes religieuses inversées ! Un ramassis de conneries. Peut-être même un vieux relent de sexisme. A mon avis, elles sont aussi nombreuses que nous mais elles se planquent mieux. Les femmes ont appris à souffrir, se démerder, et maintenir les apparences pour notre petit confort masculin.

Son personnage m’a d’ailleurs gênée… Non du fait de l’étrange relation qu’elle va rapidement tisser avec son père mais plus vis-à-vis des motivations que je ne trouve définitivement pas très claires mais peut-être est-ce voulu finalement ? Cet étrange duo va rythmer tout le récit même si d’autres personnages vont se greffer, comme les apôtres pour apporter du peps (évitons de dire du mordant) dans l’histoire.

Le roman que vous propose ici les éditions de l’Homme sans nom n’est pas à mettre entre toutes les mains, il faut même le lire en ayant conscience que cela va être gore, que ça croquer, déchirer mais aussi que des relations malsaines se créent… Il s’agit d’un récit bourré d’humour, dans lequel vous vous retrouverez bientôt aussi perdu que le pauvre marketeur mais pour votre plus grande joie.

Homme sans nom (2 juin 2020) – 320 pages – 19,90€ – 9782918541707
Couverture : François-Xavier Pavion

Simon ne va pas bien. D’ailleurs, depuis qu’il s’est mis à vouloir manger de l’humain, les choses ne tournent pas bien rond dans sa tête. Face à une société qui les traite, lui et ses congénères, comme des zombies, il fait de son mieux pour garder sa dignité, s’occuper de sa famille et être professionnel au bureau. Mais comment rester soi-même quand la faim frappe à la porte avec autant de délicatesse qu’un tank sur un champ de mines ?
Contraint à gérer son état parasite en maintenant l’illusion de la routine, il décide d’en faire une histoire de famille. Et vous savez ce qu’on dit sur les histoires de famille ?
C’est toujours un sacré bordel.

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