Hamlet au paradis de Jo Walton

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Moyenne : 9.0/10 (1 vote pris en compte)

Hamlet au Paradis se situe dans un monde uchronique où l’Angleterre a signé une sorte de pacte de non-agression avec l’Allemagne nazie appelée “La Paix de Farthing”.  Ce roman est le deuxième de la trilogie Subtil changement de Jo Walton et de mon côté, j’ai entamé ce récit sans avoir connaissance du Cercle de Farthing qui explicitait un peu le contexte historique.

Pour faire simple, les anglais ont donc signé un accord de paix avec l’Allemagne nazie ce qui a permis donc de limiter les bombardement et autres désagréments. La conséquence subtile est cette montée du fascisme rampante qui prend de plus en plus de place et menace de faire basculer le Royaume Uni définitivement. Les juifs sont de plus en plus marginalisés et se retrouvent au choix déportés sur le continent ou en fuite vers le Canada.

Elle abhorait tout ce qui avait trait à la paix de Farthing. Elle était persuade que les autorités cherchaient à opprimer le peuple. Or, d’après elle, tous les êtres humains devaient avoir les mêmes chances dans la vie, quelles que soient leurs origines. Elle se prenait pour Boadicée, vous vous rendez compte ?

Car les Etats-Unis subissent peu ou prou aussi l’invasion par ce poison qu’est le rejet de l’autre.

C’est dans ce contexte que l’actrice Viola Lark se retrouve projeté au coeur de l’histoire : choisie pour jouer le rôle de Hamlet, elle apprendra que l’actrice qui devait jouer le rôle de sa mère est morte dans l’explosion d’une bombe chez elle. Viola verra l’histoire de sa famille refaire surface alors qu’elle pensait avoir réussi à s’en extirper. L’enquête est confiée à l’inspecteur Carmichael qui va creuser pour comprendre les tenants et les aboutissants de cet attentat.

Avec brio, Jo Watson nous plonge dans une enquête qui fera questionner sur les moyens pour combattre les totalitarismes… Le choix d’avoir pris comme personnage central une femme dont la famille s’étale sur l’échiquier politique (entre un oncle refusant la Paix de Farthing et une soeur mariée à Goebels), pris au piège dans une histoire qui la dépasse est pertinent. Cela permet de concentrer toutes les contradictions sur une seule et même personne.

De même l’alternance des chapitres concernant l’enquête par l’inspecteur et le ressenti de l’actrice insuffle un dynamisme intéressant.

Je vous laisse à ce récit subtilement dérangeant.

Folio SF (Août 2017) – 406 pages – 8,20€ – 9782072727733
Traducteur
: Florent Dolisi (Pays de Galle)
Titre Original : Ha’Penny (2007)
Couverture : Sam Van Oiffen

Londres, 1949; Viola Lark a coupé les ponts avec sa noble famille pour faire carrière dans le théâtre. Quand on lui propose de jouer le rôle-titre dans un Hamlet modernisé où les genres ont été chamboulés, elle n’hésite pas une seconde. Mais l’euphorie est de courte durée, car une des actrices de la troupe vient de mourir dans l’explosion de sa maison de banlieue. 

Chargé de l’affaire, l’inspecteur Carmichael découvre vite que cette explosion n’est pas due à une des nombreuses bombes défectueuses du Blitz. Dans le même temps, Viola va cruellement s’apercevoir qu’elle ne peut échapper ni à la politique ni à sa famille dans une Angleterre qui embrasse la botte allemand et rampe lentement vers un fascisme de plus en plus assumé. 

Hamlet au paradis de Jo Walton, 9.0 out of 10 based on 1 rating

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