Interview : Alain Leboutet

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Date :avril 2005
Alain a édité aux Editions France Europe Editions (à compte d’auteur), Aux Sources du Temps, son premier roman traitant de conflits sous fond de manipulation du temps. Nous avons échangés quelques questions avec lui que nous vous retranscrivons ici même !
Allan : Avant de parler de ton roman, parlons un peu de toi ; peux tu nous parler de toi, de ton cheminement personnel, de tes lectures et de tes goûts (je sais c’est un vaste débat…)
Alain : D’abord je suis né en 1949, dans le Sud-Ouest (Agen) dont j’ai gardé l’accent si caractéristique.
J’ai passé toute ma jeunesse à Toulouse, passant 11 ans dans un lycée extraordinaire, Pierre de Fermat.
A ma décharge, j’ai eu mon bac en 1968 (année fameuse) avant de rentrer en prépa et d’intégrer une école.
J’en suis sorti en 1974, puis une année à étudier l’économie avant de me lancer dans la vie active.
J’ai travaillé essentiellement dans l’industrie, toujours dans le domaine de la vente et du marketing en milieu industriel assez technique. Je suis arrivé à Lyon suite à une opportunité d’évolution professionnelle. Aujourd’hui je travaille dans un groupe Italo-Finlandais (mélange du feu et de la glace).
Coté lecture, c’est plutôt classique, Franck Herbert, Asimov…

Allan : Ce premier roman a mis du temps à venir d’après ce que j’ai pu lire sur ton site et notamment dans les articles de presse : pourquoi ce temps ?
Alain : J’ai commencé à lire de la SF en prépa (entre deux parties de bridge dans les escaliers), et j’ai commencé à « écrire » presque à ce moment. Mais écrire n’est pas le bon terme. Il s’agissait alors plus de laisser des rêves ou des délires prendre vie sur du papier que de véritablement écrire. Ces délires pouvaient durer quelques pages ou plus d’une centaine. Mais je passais ensuite, après quelques mois ou plus à autre chose. C’était uniquement une étape strictement personnelle. Et puis il y a environ deux ans, j’ai décidé d’essayer de finir l’une de ces histoires.
Pourquoi ? C’est vraiment difficile de répondre. Mais je crois que j’avais envie à la fois de partager quelque chose (pouvoir se soumettre au jugement des autres) et me prouver que j’étais capable d’aller au bout d’un projet .
A partir de ce moment-là cela est devenu difficile, car il y a un monde entre un délire sans une seule contrainte et construire un récit cohérent, intéressant, crédible, en essayant de lui donner un style. Il a fallu trouver une méthodologie, se soumettre à cette discipline et écrire chaque jour.

Allan : Quel a été la raison qui t’a poussé à proposer ton texte à des éditeurs ?
Alain : Aller au bout du projet.

Allan : Tu as été publié à France Europe Edition : comment s’est passé le contact avec les éditeurs et qu’as-tu pensé la première fois que tu as pris le livre avec ton nom dans les mains ?
Alain : Comme beaucoup je pense, j’étais plein d’illusions. J’ai envoyé le manuscrit à une vingtaine d’éditeurs sans obtenir la moindre réponse positive. J’ai donc décidé de me faire éditer à compte d’auteur chez France Europe Edition.
Le jour où j’ai tenu le livre entre mes mains a été un instant fabuleux. Rien que pour ce moment je ne peux qu’encourager tous ceux qui ont un projet d’aller au bout. Allez-y ! Vous en tirerez de grandes satisfactions.

Allan : Passons maintenant aux choses sérieuses… L’histoire de Arm et Palm : d’aucuns ont reproché le côté convenu ou classique de ces deux personnages. Que leur réponds-tu ?
Alain : Ils ont sûrement raison. Je ne suis capable d’écrire que par rapport à ma propre personnalité qui est (désolé) très classique.

Allan : Quand on lit le quatrième de couverture du livre, on s’attend à trouver une histoire de voyage dans le temps mais on se rend compte rapidement que l’histoire va au-delà de cela… Ne crains-tu pas que ce quatrième nuise par l’aspect classique au contenu ?
Alain : C’est aussi très vrai. Mais je suis très frustré par ce livre. J’ai fait un grand nombre d’erreurs par manque d’expérience. Je croyais, et j’avais bien insisté auprès de l’éditeur que le manuscrit n’était qu’un point de départ et que je voulais travailler avec lui pour l’améliorer. Je n’avais aucune expérience. Mais j’ai été laissé seul, et j’ai dû prendre un certain nombre de décisions.
Mais pour moi, la quatrième est une bonne traduction de l’histoire que j’ai voulu raconter. Mais je suis sûrement trop prisonnier de mes personnages pour avoir un jugement correct.

Allan : Pour ma part, je me suis vite trouvé emballé par l’intrigue et je voudrais savoir la façon de procéder que tu as employé pour maintenir de bout en bout le suspense : tu avais un canevas auquel tu t’accrochais ou tu écrivais au fil de l’eau ?
Alain : Désolé de te décevoir, mais l’histoire se créait a fur et à mesure qu’elle s’écrivait. Mais combien de fois je suis revenu en arrière car je n’étais pas satisfait !

Allan : Les Zongs de par leur façon d’être font penser aux molécules… (mon côté chimiste – que je fus le temps d’un DUT – m’y a fait penser) : est-ce une résurgence de ta vie professionnelle qui interfère ?
Alain : Tu vois juste. L’école que j’ai intégré est une école de chimie.

Allan : Des dieux sont présents et participeront à la résolution de l’intrigue ; fais-tu donc partie de ces scientifiques – et de ces auteurs de SF – qui considèrent que science et spiritualité ne sont pas nécessairement incompatibles ?
Alain : Question très intéressante ! La complexité presque infinie de la nature, de la vie et de l’espace peut-elle uniquement découler de la théorie de l’évolution, ou est-il aussi possible d’envisager une intervention divine ?
Je crois dans la théorie du Big Bang, mais pour moi, avant et autour il y a autre chose. Un super Big Bang, ou quoi d’autre ?

Allan : Dans un premier temps, une équipe uniquement féminine fut envoyée pour tenter de percer le mystère… C’est étonnant d’avoir fait le choix de confier une tâche à des militairEs (E car femme)…
Alain : Pour moi les femmes sont quelque chose d’extraordinaire. Elles sont capables d’avoir une volonté hors du commun et elles ont une puissance de travail impressionnante alors qu’elles ont des contraintes familiales et professionnelles beaucoup plus importantes que les hommes. De plus elles ont, en particulier une capacité de création, dans le domaine artistique, décoratif très fort. L’un des grands challenges et l’une des grandes opportunités pour notre pays est d’arriver à créer un environnement qui permette à toutes de vraiment libérer la totalité de leur énergie.

Allan : Maintenant que tu as publié ton premier roman, que comptes-tu faire : écrire une suite (ou une préquelle), arrêter l’écriture ?
Alain : On aime ce que l’on écrit, sinon on ne l’écrirait pas. Mais cela correspond-il à un public ? C’est la première réponse que je recherche à travers la commercialisation de ce roman. Si dans les mois à venir la réponse est positive, j’écrirais une autre histoire (à puiser peut-être à partir des bribes d’histoires qui traînent dans mes tiroirs).
Aujourd’hui je passe une bonne partie de mon temps libre à essayer de faire connaître ce livre aux libraires et aux lecteurs potentiels. Mais si je dois écrire autre chose, je ne veux pas le faire dans les mêmes conditions. Je veux me donner les meilleures chances d’écrire quelque chose de qualité. Pour cela il faut que je puisse m’appuyer sur des personnes ayant la capacité et l’expérience pour m’aider.

Allan : Ton site web est une vitrine de ton roman : quel place occupe-t-il dans ton emploi du temps et quel temps t’a-t-il pris lors de la conception ?
Alain : Le site a été construit par un ami. Je lui donne simplement les mises à jour.
Je suis à l’écoute de toutes les critiques de lecteurs sur ce livre. Soit directement sur, mon mail , soit sur le site
Je répondrai à tous les messages

Allan : As-tu d’autres projets ?
Alain : J’aimerai vraiment trouver un dessinateur pour faire une bande dessinée avec lui.

Allan : Tu as pris contact avec nous et nous as même proposé de rejoindre notre équipe : qu’est ce qui t’intéresse dans cette démarche ?
Alain : Lorsque l’on parle avec n’importe qui on s’aperçoit que les gens de tous bords sont ouverts à la SF. Ils en ont lu, et cela leur a souvent plu. Mais, j’ai l’impression que la SF paraît, parfois comme le jazz, tellement hermétique qu’elle rebute ceux qui seraient susceptibles de s’y intéresser.
De même si on regarde les périodiques généralistes, il y a des critiques de livres qui ne sont guère éloignés de la SF. J’ai le projet d’écrire des critiques, de préférence pour des auteurs Français et de les soumettre à ces périodiques pour amener d’autres lecteurs vers la SF.
Je voudrais aider à gagner un public à la SF .

Allan : Que peut-on te souhaiter ?
Alain : Arriver à tenir un exemplaire de mon livre entre les mains était un objectif qui semblait irréaliste il y a quelques mois. Le livre est bon, il est mauvais, à la limite qu’importe. Il existe.
C’est donc possible. Que tout ceux qui ont ce projet aillent au bout de leur idée. Leurs efforts seront récompensés.

Allan : Le mot de la fin sera :
Alain : Au travail ensemble. Et faisons avancer la SF .

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