Le chant mortel du soleil de Franck Ferric

Les éditions Albin Michel nous régale depuis près de 8 mois avec la collection Imaginaire et c’est aujourd’hui au tour de Franck Ferric d’entrer au catalogue avec son titre Le chant Mortel du Soleil, qui est en même temps la première parution francophone de la collection.

Franck nous construit un univers où les religions se retrouvent menacées par les hommes, par les Montagnards pour être plus précis.

Sous l’égide d’Araatan, tyran et grand Qsar, les différents peuples nomades se sont unis et ont contribué l’élimination de la plupart des dieux. Nous pourrions dire tous, mais un reste en place, au-delà des murailles d’Ishroun mais le temps est venu pour Araatan de mettre une bonne fois pour toute l’ensemble des Dieux hors circuit et de permettre ainsi aux hommes de s’affranchir de toute forme de servitude…

La servitude, c’est ce que subit par ailleurs Kosum, une dresseuse de chevaux des plaines qui va devoir fuir après avoir été responsable de la quasi-castration du fils de son maître. Cette première rencontre avec la femme-esclave est d’ailleurs un des passages qui n’est définitivement pas destinée aux âmes sensibles car l’auteur ne prend pas de gants pour nous décrire dans le même temps la façon dont se défend Kosum face à ses agresseurs mais aussi la façon dont elle sera punie par ses bourreaux Rapidement, la jeune femme sera aidée par des Cavaliers-Flèches, en mission pour le Qsar, qui décideront de la prendre avec eux et de la libérer du joug qu’elle subissait.

Et au travers de ce roman très sombre, Franck va nous raconter les histoires de Araatan et de Kosum, des histoires qui vont avancer en parallèle sans que ne se croisent réellement les deux personnages. Une histoire racontée par les vainqueurs et donc forcément à leur avantage. Une histoire aussi qui sera aussi violente que ceux qui la font vivre, il s’agit bien d’une guerre, et Franck ne cache pas la violence et l’horreur de celle-ci.

Aux incrédules qui déjà fourbissent leurs doutes, je demande : qu’est-ce que l’Histoire ?

Ceci : ce qu’en rapportent les survivants aux oreilles des imbéciles

La force de ce roman est la construction des personnages et l’univers en lui-même. Dans un premier temps, je me suis senti tombé dans un roman type Conan le Barbare avec des personnages très stéréotypés mais très vite, les personnages prennent de l’épaisseur. En premier lieu le Qsar dont on se rend compte très rapidement qu’il est empli de craintes et de questionnement sur les actes qu’il s’apprête à déclencher. Son entourage, et tout spécialement Tsaral dont on se demandera pour quelle raison il a rejoint l’Avalanche sans lutter, vont tenter de l’accompagner dans ses questionnements et les choix qui en découlent.

Le personnage de Kosum aussi intrigue, jeune femme qui va devoir passer du statut d’esclave à celle d’affranchie et qui va devoir s’intégrer dans le groupe de cavalier des plaines, les fameux Cavaliers-Flèches… Elle va devoir apprendre à faire sa place dans ce nouveau groupe et dans cette nouvelle vie. Une place qu’elle va devoir gagner durement, en prouvant qu’elle mérite de courir au sein de l’équipe.

Il est beaucoup question de religion bien sûr puisque la quête principale des Montagnards est bien d’éradiquer cette forme d’asservissement et nous sommes donc menés à nous interroger en même temps sur les contraintes apportées par les religions mais aussi que serait le monde sans les religions.

Albin Michel (Mars 2019) – Imaginaires – 377 pages – 21.90€ – 978226440792
Couverture : Guillaume Sorel

Il s’appelle Araatan, il est le Grand Qsar. On le surnomme la Montagne car il est haut comme deux hommes, large comme un auroch. Le destin de ce géant est de mener son peuple de cavaliers sur la route de la Toute Fin : achever l’extermination totale des dieux. Une seule divinité a survécu à leur déicide  : celle de la cité d’Ishroun. Pour abattre les murailles d’Ishroun et éteindre le culte de la Première Flamme, Araatan se donne un an.Elle s’appelle Kosum. Née esclave, elle était la meilleure dresseuse de chevaux des plaines. Pour avoir tenté de castrer le fils de son maître, elles a été enchaînée nue à une tour pleine de morts. Alors qu’elle attend résignée le baiser mortel du gel, quatre cavaliers la délivrent. Ces hommes durs retournent auprès du Grand Qsar. Kosum, qui croyait mettre un pied dans la guerre, va entamer un tout autre voyage.

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