Rencontre avec Robert Bennett

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© Josh Brewster Photography

Les Utopiales sont l’occasion comme souvent de rencontrer les auteurs, que ce soit dans le contexte du festival en lui-même avec des interviews planifiées / cadrées, et d’autres auteurs que vous rencontrez hors cadre. 

C’est ce qui s’est passé avec Robert Jackson  Bennet, auteur d’American Elsewhere aux éditions Albin Michel Imaginaires, croisé autour d’une bonne bière (avec modération, évidemment). Rendez-vous pris pour une interview que je vous retranscris ici.

Je vous remercie d’avoir accepté cette interview et pour commencer, pourriez vous vous présentez ?
Bonjour, Robert Jackson Bennet, auteur de Foundryside, The Divine Cities Trilogy, et American Elsewhere.

En tant que le lecteur, quels écrivains vous ont marqués ?
Je répondrais probablement Neil Gaiman, John Le Carre, Margaret Atwood, John Crowley, PL Travers et beaucoup, beaucoup d’autres !

En France, American Elsewhere est un des premiers publiés chez Albin Michel Imaginaire : comment avez-vous appris que votre roman serait adapté en France ?
Je pense qu’ils ont contactés les agents responsables des droits à l’étranger et juste suivi ce processus. Les droits à l’étranger sont toujours un monde totalement opaque pour les auteurs. Nous ne savons pas trop comment c’est fait. Comment vendriez-vous un livre en Cratie ?, nous ne savons pas trop comment les ventes sont suivies et les échéances pour les royalties. Parfois, de l’argent apparaît comme venant de Croatie et nous ne posons pas de questions.

J’ai trouvé que l’atmosphère ressemblait à celles des romans de Stephen King : nous démarrons avec des lieux communs, où d’étranges événements surgissent… L’atmosphère est important à l’action ? 
L’atmosphère est incroyablement important pour l’histoire. J’irai même jusqu’à dire que c’est LE sujet de l’histoire. Quand j’ai commencé à l’écrire, j’ai observé de nombreuses peintures d’Edward Hopper, qui a fait un important travail sur les jeux d’ombres et de lumières dans des scènes américaines au milieu du siècle. Ce sont typiquement des images isolées d’aliénation avec des contrastes sévères entre la lumière et l’obscurité. Je voulais écrire une histoire sur un tel endroit, mais demandez-vous – que se passerait-il si quelque chose observait depuis l’obscurité?

Quand j’ai commencé à l’écrire, j’ai observé de nombreuses peintures d’Edward Hopper, qui a fait un important travail sur les jeux d’ombres et de lumières dans des scènes américaines au milieu du siècle.

Mona est une jeune femme au lourd passé… Comment construire un personnage aussi fort ?
Mona est un personnage très sympathique, en ce sens qu’elle est sans attache et qu’elle traverse une période de transition. C’est une chose à laquelle tout le monde peut s’identifier, même si c’est probablement plus tragique pour elle que pour la plupart des autres et qu’elle se trouve dans une situation exceptionnelle. Elle est une personne en transit, en pleine mutation – une vagabond, en quelque sorte. Ce qui est un idéal très américain, je pense. 

Elle est dans votre roman celle qui change et qui accélère les événements…
Elle est l’étrangère qui arrive en ville, faisant remonter de nombreuses choses que tout le monde préférerait taire. C’est le cœur de nombreuses fictions, tout spécialement aux Etats-Unis. Shane me vient à l’esprit, le flingueur avec un passé sombre qui complique la vie d’une petite ville. 

Nous découvrons de nombreuses choses et spécialement l’implication du gouvernement : n’avez-vous pas peur que les lecteurs trouvent cela trop facile ? 
Je dirai non, je ne suis pas réellement concerné. La raison à cela, c’est qu’il ne s’agit pas d’une histoire de complot gouvernemental : il n’y a pas d’agents gouvernementaux ou de responsables d’état qui tenterait de perpétrer un complot qui leur serait bénéfique et porterait préjudice à d’autres. 
Il y a une présence du gouvernement – l’histoire concerne un laboratoire qui opérait dans les années 60, 70 – mais cela ne tombe pour que sous un angle nostalgique, ce qu’American Elsewhere creuse profondément. Le vieux laboratoire gouvernemental est un artefact de ce que l’Amérique était, lorsque le gouvernement finançait la science pour repousser les limites du possible et nous avons apprécié ça. C’est un aspect du milieu du siècle passé dans les derniers jours de la 2nde guerre mondiale et le pic de la guerre froide. 

Un autre sujet est bien présent : les armes. J’ai ressenti durant ma lecture que vous souhaitiez passer un message : me trompes-je ?
Je dirai que l’histoire interroge sur un certain nombre d’archetypes américains, et l’idée d’un héro masculin apprivoisant le désert avec son arme en est un. .

Avez-vous une idée sur une future traduction d’un de vos autres romans ?
Je crois que Foundryside ne devrait plus tarder

Nous nous sommes rencontrés durant les Utopiales, que pensez-vous de l’événement ? 
C’est beaucoup de fun ! et la plupart en français. Donc je n’en ai perçu que des bribes. Je dirai qu’entendre les mots parlés au travers d’un traducteur a été une expérience enrichissante pour moi. Il y a de nombreuses façons invisibles d’entraîner notre cerveau, notamment sur la façon de prendre les informations. Il est fascinant d’expérimenter que ce que nous avons toujours pris pour acquis peu évoluer. 

Je vous laisse le dernier mot !
Merci pour l’interview.

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