Retrouvez l’actualité des littératures de l’imaginaire (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy, et autre) ainsi que des interviews de celles et ceux qui les construisent.

Je ne suis pas venu vous apporter la paix de Nicolas Martin

,

Service de Presse

La rentrée littéraire du côté des Editions Au Diable Vauvert se fera avec Nicolas Martin, à qui l’on doit, chez le même éditeur Fragile/s et, aux éditions Esquifs, Dans ma maison sous terre. Alors que le premier texte était dans le rayon dystopique, sa nouvelle prenait racine dans l’horreur… Ce qui sera aussi le cas de Je ne suis pas venu vous apporter la paix.

Une réunion de famille comme une autre ?

Tout commence par une mauvaise nouvelle pour cette famille : le patriarche vit ses derniers moments. C’est la raison pour laquelle, et alors qu’ils sont restés bien éloignés du foyer, les cinq enfants convergent vers la ferme pyrénéenne, isolée bien loin de la civilisation. Il est rapidement clair que rien ne sera épargné à l’adelphie puisque les deux derniers, devront finir le trajet à pied, merci à un temps catastrophique !

Elle regarde ce cadavre, celui d’un home dur. Celui d’un homme intègre. Celui d’un homme qui n’a jamais cédé sur ses principes. Qui a toujours choisi sa vie, rejeté le monde, sa folie, son absurdité.

Leur arrivée à la ferme donnera le ton et il est certain que bon nombre de lecteurices reconnaîtront certaines ambiances de réunions familiales. La mère de famille accueille ses enfants, avec une froideur qui laisse suspecter de lourds passifs pendant que Maud, l’employée de maison, surveille le patriarche dans ses derniers instants, psalmodiant des prières aux couleurs locales.

L’ambiance est donc pesante, et les relations entre les différents protagonistes de ce huis clos sont aussi froides que les pièces de vie.

Un huis clos isolé

Voici donc la famille réunie pour un événement triste par essence. Le patriarche ne semble pas avoir laissé un grand souvenir d’humanité à ses enfants et nous ne le verrons finalement que très peu, la mort le frappant rapidement. Autour de lui gravitent sa famille, une famille dont les lourds secrets et pensées vont être le coeur du récit.

Judith, qui est resté près de son mari jusqu’à la fin, est la deuxième femme du mourant. Son histoire nous sera révélée mais ce qui est important de noter est qu’elle aura accompagné les deux enfants de la première femmes – Diane et Victor – avant d’avoir elle-même trois enfants : Rachel, l’aînée, Pierre et Marie, de faux jumeaux. S’ajoute à la « famille » élargie, Maud, l’employée de maison comme je le disais plus haut, ainsi que les deux molosses, agressifs au possible et totalement soumis à Judith.

Cet étrange rencontre a incité certains à inviter leurs familles, raison pour laquelle Diane est venue avec son mari Guillaume, pendant que Rachel est venue avec son conjoint Anwar et sa fille Aluna.

Le temps tourne, la pression monte, les échanges se tendent…

Un vrai roman horrifique !

J’ai dévoré ce roman. Tout simplement. Je ne sais pas pourquoi les Pyrénées semblent apporter plus que d’autres montagnes cette tentation vers l’horreur (je pense notamment à Le Haut Mal de Pierre Léauté paru en mai) mais il semble y avoir quelque chose dans le lieu qui appelle à l’horreur.

Nicolas Martin réussit dès les premières pages à rendre la rencontre avec la famille montagnarde inquiétante. L’arrivée des jumeaux, dont la proximité frôle l’incestueux, lance l’ambiance. Une ambiance d’orage violent, de pluie permanente qui nous rappellent les tropes des films d’horreur. Et ça marche, on voit les scènes, j’ai vu le duo arriver à la ferme, complètement trempé avec cette mère qui les regarde de haut, probablement avec cette petite moue de dégoût, se demandant si elle était vraiment à l’origine de CA.

Et rapidement, on se retrouve sur ces réunions de famille, forcées, où chaque membre tente de faire « comme si » tout était normal alors que la rancœur et les non-dits sont omniprésents. On les verra s’exprimer, petit à petit, révélant ce que nous aurions probablement préféré ne pas savoir.

Des personnages ressortent plus que d’autres, évidemment. Diane, l’aînée de l’adelphie qui a lâché toute la famille pour se construire une vie ailleurs, abandonnant tout le monde. Rachel qui refuse d’accepter son hérédité et veut imposer son succès à rebours de ses frères et sœurs.

Nicolas ne nous épargne rien, et il est certain que des lecteurices seront choqué·es autant par les scènes de violence que de sexe, très présentes elles aussi. Cela n’a pas été mon cas, sortant tout juste du recueil Eros Macabre. Cependant, il ne faut pas s’arrêter là : le roman a été travaillé aussi sur la forme, avec cette tragédie en cinq actes, chaque acte se concluant par une scène théâtrale qui aggrave la tension scénaristique.

On le dit depuis quelques temps, l’horreur bénéficie d’un rebond en France, et il est certain que Nicolas fait partie de ceux qui vont permettre au genre de s’enraciner !

Post Scriptum : il y a quelques références bien sympathiques. Sauras-tu trouver, comme moi, celle à La Part des Ténèbres ?

Editions Au Diable Vauvert (03 septembre 2026) – 453 pages – 23 € – 9791030707847
Couverture : L’atelier des Glyphes

Dans une ferme pyrénéenne coupée du monde, une fratrie recomposée se réunit autour d’un patriarche agonisant, une matriarche glaciale et leur inquiétante servante. Chacun y revient avec ses secrets, ses fantômes. Pris au piège d’un orage diluvien, ils voient leurs masques se fissurer sous le poids des non-dits. La violence couve, prête à exploser.

Entre tragédie antique et huis clos horrifique, Je ne suis pas venu apporter la paix allie la tension d’un thriller psychologique à la noirceur d’un implacable drame familial.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.