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La grande interruption de Sibylle Grimbert

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Service de Presse

La rentrée littéraire approche et un certain nombre de ces titres vont apparaître dans les prochains jours / prochaines semaines. Comme chaque année, un certain nombre de titres, paraissant dans le catalogue de littérature blanche, font écho aux thématiques de science-fiction. Ce sera le cas du roman La Grande Interruption de Sibylle Grimbert aux éditions du Seuil.

Un réveil et une fin du monde…

Lorsque Josépha, une intelligence artificielle, se réveille, le monde n’est plus du tout le même. Partout où son regard se porte, l’humanité semble absente. Son format de « boîte » ne lui permet pas de se déplacer et sa durée de batterie lui garantit quelques années encore avant d’être totalement déconnectée.

Les élèves étaient heureux, les professeurs respectés. Le savoir, circonscrit à ce qui était utile, ravissait toute une population qui en mesurait l’absolue nécessité dans la vie quotidienne. Les fractions justement, la philosophie, la tectonique des plaques, la géographie, etc., dont ils n’avaient aucun usage, les auraient angoissés. L’école cessait à 14 ans.

Cependant, l’arrivée d’une jeune enfant, Nadine, va changer la donne. Elle est la dernière survivante de sa communauté et reste dans sa bulle pour survivre. Deux visions du monde s’opposent : celle de Josépha, cette IA qui a vécu les derniers temps de l’humanité et qui bénéficie d’une connaissance scientifique et intellectuelle du monde et Nadine dont l’éducation repose sur ce qu’on lui a raconté tout au long de sa vie.

Après bien des échanges, le départ est décidé, Nadine portera la boîte.

… pour un texte post-apo plutôt classique.

Nous voici donc sur un texte postapocalyptique où nos intelligences artificielles, comme nous le découvrions, auront eu un rôle important à jouer. Evidemment, ce n’est pas la première fois que la fin du monde due à des formes technologiques est abordée et cela sonne étrangement alors qu’une entreprise a été victime d’une attaque décidée en autonomie par une intelligence artificielle (voir l’information sur France Info).

Alors plusieurs questionnements jalonneront le récit. Le premier concerne bien entendu la dépendance de plus en plus forte que nous avons vis-à-vis des technologies et l’impact que cela peut avoir si elles se mettaient à cesser de fonctionner du jour au lendemain. La seconde concerne l’autonomie et les prises de décision que nous leur octroyons, qui ne seront pas sans faire écho à l’essor des IA agentiques. La dernière concerne finalement la capacité des IA à développer des sentiments ou une forme d’empathie.

Je me souviens que Gulliver, un homme, avait raconté une société idéale dirigée par des chevaux.

Il est aussi intéressant de voir le décalage entre l’histoire telle que la connaît et donc la comprend l’IA et la réalité. Notamment, la réalité des faits rapportés prête à sourire par moment : on retrouve ce côté mélange de culture pop et de réalité historique qu’on voyait dans Les flibustiers de la mer chimique de Marguerite Imbert

L’autrice ne publie pas ici son premier roman puisqu’on lui doit notamment Le dernier des siens, prix Goncourt des animaux en 2022 et les prix François Sommer, Joseph Kessel et de l’académie française Maurice Genevoix en 2023. Ce n’est pas non plus le premier texte faisant écho à des thématiques SFFF, Birth Days semblant proche du conte fantastique. Cependant, il est clairement le premier résolument SF.

Il est probable qu’un lectorat habitué aux littératures de science-fiction trouvera la trame « SF » un peu légère. Néanmoins, il est certain que ce texte, dans une collection blanche donc, montrera que la SF continue à s’inscrire durablement dans la culture au sens large.

Un roman qui permettra peut-être de faire connaître au-delà du cercle de lecture habituel la SF.

Editions du Seuil (21 août 2026) – 270 pages – 21,50 € – 9782021629408

Quand Josépha se réveille, tout est déjà fini. Immobile sur une colline, elle contemple l’effondrement du monde parfait que les boîtes, ses semblables, ont créé lorsque, parvenues au stade suprême de l’intelligence artificielle, elles ont décidé d’arracher la Terre aux ravages de l’humanité. Pendant des siècles la nature a repris ses droits et les derniers humains ont connu une douce torpeur confinés dans les villes où Josépha et les siennes les ont isolés. Jusqu’à ce que le système se dérègle.

Soudain, une enfant de 11 ans s’approche, Nadine, la seule survivante de sa communauté. Ensemble elles décident de partir, Nadine espérant retrouver d’autres rescapés et Josépha pouvoir résoudre ce terrible dysfonctionnement. Commence un voyage qui va les entraîner dans un monde suspendu entre deux destinées possibles, celle que les boîtes avaient imaginé pour la Terre et les vieux rêves humains, lourds de grandeurs et de menaces, qui brillent déjà dans les yeux de Nadine.


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