Retrouvez l’actualité des littératures de l’imaginaire (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy, et autre) ainsi que des interviews de celles et ceux qui les construisent.

L’évangile selon Myriam de Ketty Steward

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Dans le cadre des Mycéliades, Ketty est intervenue sur une table ronde Nos Futurs en chantier : de la lucidité de l’effondrement à l’imaginaire de la reconstruction. Si j’avais déjà lu plusieurs textes, parmi lesquels Foodistan dans la collection RéciFs aux éditions Argyll  ou encore Confession d’une séancière chez Mu et Le futur au pluriel : réparer la science-fiction aux éditions de l’Inframonde, je n’avais pas lu L’évangile selon Myriam, édité aux éditions Mnemos et Prix Rosny Aîné en 2022.

Mais que s’est-il passé ?

Difficile de savoir ce qu’il s’est passé. Nous sommes dans ce qui semble être un futur peu réjouissant. Post-Apo ? Probablement. Les populations semblent s’être renfermées sur elle-même. Des communautés existent… Des villes peut-être ?

Qui a vu verra. Qui a lu lire.

Myriam ne semble pas être reconnue par l’ensemble des siens. Sûrement parce que même au sein de son groupe – L’église des Derniers Temps – elle ne présente pas un grand apport au collectif.

Alors on lui demande d’être scribe. Son travail consistera à consolider les textes anciens pour leur donner une lecture plus linéaire, plus temporelle. Cela lui permettra de proposer aux siens une histoire de l’humanité qui se tient.

Des sources pour le moins diverses

Cet évangile que Myriam va nous proposer va être fait de bric et de broc. Enfin, pas tout à fait. Il va être construit sur la base des livres qu’elle a sous la main. Si des livres religieux semblent faire partie de ses sources, on y trouvera aussi les récits de Stefan Zweig, de Milan Kundera tout autant que des contes ou encore des extraits de chanson.

Cet amalgame donne une histoire étonnante, drôle quand on le regarde depuis notre époque contemporaine.

Après tout, elle n’était qu’une femme. Une femme violée parmi tant d’autres, salies et piétinées dans la fleur de l’âge, par les désirs impérieux de leurs proches masculins.

Le rythme des chapitres, courts et percutant, regroupés en six parties apporte une dynamique certaine à cet étrange construction. On picore et on passe de surprise en surprise, nous demandant où Ketty veut nous emmener. Peut-être qu’aucune destination n’est prévue autre que le voyage, un voyage qui, si je le retente, ne sera probablement pas le même.

Alors, difficile de tirer une conclusion sur cette composition dont chacun aura sa propre lecture, qui nous renvoie vers nos légendes et vers nos croyances. Un voyage que je vous recommande, et dont j’espère vous viendrez me parler.

Editions Mnemos (Septembre 2021) – 197 pages – 18 € – 9782354088385
Couverture : Giorgia Morena

À seulement seize ans, Myriam est chargée d’écrire le livre de la Vérité qui manque à sa communauté de survivants de l’apocalypse. Elle n’a plus accès qu’à quelques ouvrages en lambeaux et à des récits oraux conservés tant bien que mal. Qu’à cela ne tienne, elle remplit sa mission.

Puisant à toutes les sources, de la chute de Lucifer aux chaussons de Cendrillon, en passant par Le Lac des cygnes et les pérégrinations d’Œdipe, elle trace des démarcations nouvelles entre le mensonge et la vérité


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