Acadie de Dave Hutchinson

Duke est un président malgré lui… Sur la Colonie, le mode d’élection est un peu particulier puisque, de façon à s’assurer de la volonté que le président oeuvre pour le bien de tous, il a été décidé de choisir celui qui avait la volonté la plus faible de prendre ce rôle. Cela peut sembler délirant, mais la Colonie est composée d’hommes et de femmes qui ont fui la terre, en opposition à ce qui se faisait sur la terre. Le mode politique de cette communauté est donc particulièrement intéressante, et c’est avec un sourire jaune que nous en voyons la description : la majeure partie des habitants fait campagne, avec beaucoup d’énergie afin de NE PAS être élu. C’est bien parce qu’il s’est retrouvé très loin de la Colonie et donc incapable de faire campagne qu’il a été élu.

Et c’est alors qu’il pensait pouvoir mener un mandat tranquille qu’une sonde humaine vient troubler la quiétude ambiante, entraînant un vent de panique au sien d’Acadie. Cela peut paraître surprenant, mais les différents flashbacks explicatifs nous apportent la réponse : ce groupe d’humains a fui la Terre, 500 ans en arrière, lorsque le Docteur Isabel Potter, biologiste de renom, a fait des recherches dans la thérapie génique, dépassant largement les bornes acceptées par le gouvernement conservateur américain.

Président de la Colonie : le type qui se tape le boulot que personne d’autre n’a la volonté ou la patience de faire et prend les décisions merdiques que personne ne veut assumer

Comme si d’avoir dépassé ces bornes ne suffisait pas, la jeune femme a rejoint la Chine pour poursuivre ses recherches avant de franchir directement le pas et de voler un vaisseau d’exploration et ses 40000 colons cryogénisés pour fuir à l’autre bout de l’univers. Avec la conséquence d’avoir rendus furieux les gouvernements.

La plus grande crainte donc de ce groupe est donc de ce faire repérer par les sondes automatiques envoyés depuis la Terre pour trouver de nouvelles planètes habitables. Et bien entendu, c’est sous le gouvernement de Duke que cette découverte arrive. Il va donc devoir trouver la meilleure réponse pour protéger ses administrés de la menace imminente.

Le récit de Dave Hutchinson, qui tient sur une centaine de page, est donc mené tambour battant, entre actualité et passé, et avec beaucoup d’humour. S’il s’agit d’un Space Opera, nous restons néanmoins cantonné dans l’environnement proche de Duke, et c’est à travers de son regard que nous découvrons cette étrange colonie où les manipulations génétiques permettent à tout à chacun de prendre l’apparence qu’il veut, de prolonger sa vie ou encore d’être guéri de nombreuses maladies.

Mais, parce qu’il y a toujours un mais, l’auteur nous réserve un renversement de situation de grande classe un peu plus loin dans le récit, un renversement qui vous fera revenir en arrière pour essayer de voir si cela se tient. Et bien entendu ça se tient.

Encore un bon choix des éditions Le Bélial pour leur collection Une Heure Lumière, mêlant avec brio transhumanisme, politique et espace. A noter, une nouvelle fois là encore, la très belle couverture d’Aurélien Police.

Le Bélial (Septembre 2019) – Une Heure Lumière 106 pages – 8,90€ – 9782843449536
Traducteur : Mathieu Prioux
Titre Original : Acadie (2017)
Couverture : Aurélien Police

Il y a la Colonie, une constellation d’habitats spatiaux cachée au sein d’un système stellaire isolé et sans intérêt. Et puis il y a Duke, le Président de ladite Colonie, élu au poste car il était précisément le type qui le désirait le moins. Essentiellement honorifique, le job s’avère toutefois offrir certains avantages. En temps normal… Car voilà qu’une sonde terrienne franchit les limites du système. La pire des nouvelles au regard des membres de la Colonies, eux qui, sous la houlette d’Isabel Potter, généticienne de légende, ont élaboré une utopie contrainte de fuir l’autorité du Berceau depuis plus de cinq siècles. Or, en ce qui concerne le viol des strictes lois bioéthiques terriennes, il n’existe aucune prescription, et la Colonie n’encourt rien moins que l’annihilation. Sauf à ce que Duke, contre toute attente, ne se révèle l’homme de la situation…

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