Destination fin du monde de Robert Silverberg

Et si la fin du monde était pour bientôt ? Et pour être plus précis, s’il vous était donné la possibilité de faire un petit saut dans le temps pour vous permettre d’y assister ?

Robert Silverberg a imaginé pour vous cette nouvelle qu’il est jubilatoire de redécouvrir à un moment où le monde va de plus en plus mal et où il est difficile de savoir si notre fin viendra de notre incapacité à prendre soin de la nature, notre propension à vouloir aller taper sur la tête de notre voisin ou encore par un virus qui va semer la mort dans nos rangs.

Alors, quand Robert Silverberg invente une machine qui permet d’aller jeter un œil discret sur ce qui nous attend tout en permettant de revenir pour aller s’en vanter auprès de nos voisin.e.s et ami.e.s, vous vous doutez bien que c’est la ruée… Et quand ces ami.e.s vous écoute avec une envie qu’ielles ont du mal à cacher, vous êtes totalement satisfait.e d’avoir réussi à être parmi les premier.e.s chanceux.ses.

Mais que ce passe-t-il quand vous vous rendez compte que non seulement d’autres de votre entourage se sont rendu.e.s dans ce voyage tout en ayant vécu des expériences radicalement différentes ?

Ce qui est frappant et choquant dans ce récit est que toute cette population, plutôt que de tenter de sauver ce qui peut l’être, continue à essayer de prendre de l’avance sur les autres, de consommer y compris l’inconsommable.

Encore une fois les éditions du Passager Clandestin nous permettent de découvrir un texte de la littérature de science-fiction étonnamment d’actualité malgré son ancienneté. En 18 pages (le reste étant ventilé en pré et post face), Robert Silverberg nous dresse un portrait au vitriol de notre société, complété ici par une préface de l’auteur.

A lire d’urgence !

Le Passager Clandestin (mai 2020) – 48 pages – 5€ – 9782369352426

En 1972, Robert Silverberg imagine une société où la fin du monde est le dernier divertissement à la mode.
“La fin du monde ? Un sacré spectacle, les enfants !”
Dans un avenir proche, des jeunes couples friands de divertissements en tous genres sont réunis à l’occasion d’une soirée. Au centre des discussions, une distraction inédite tout juste expérimentée par la plupart d’entre eux : les agences de voyages temporels proposent désormais une nouvelle destination. En trois heures de temps, il est possible d’aller assister, à bord d’un vaisseau, à la fin du monde. Mais, les récits des voyageur·ses ne concordent pas. Tandis que les invité·es décrivent et comparent, à l’aune de leur caractère spectaculaire, les paysages mortifères contemplés, de l’extérieur arrivent des nouvelles alarmantes (catastrophes naturelles, épidémies…) mais qu’ils semblent totalement ignorer.
À l’heure où la notion d’effondrement fait florès tant dans l’industrie culturelle que dans les grands médias, Robert Silverberg nous enjoint à nous arracher de notre position indolente de spectacteur·ices d’un effondrement qui ne relève plus de la fiction. Un cri d’alerte !
Avec une préface inédite de l’auteur.

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