Dimension Uchronie 2 présentée par Bertrand Campeis

Dimension Uchronie – 2/3

Je vous avais présenté il y a quelques temps une chronique du premier dimension Uchronie avec, en complément, une interview de Bertrand Campeis que nous retrouvons une nouvelle fois aux manettes de ce deuxième recueil sur les 3 prévus.

Un des éléments qui est à prendre réellement en compte lors de la lecture d’oeuvres d’uchronie est à mon sens une connaissance, au moins partielle, de l’Histoire réelle qui la sous-tend. Ce manque de connaissance de certaines de ces origines historiques m’ont fait je pense un peu manquée des éléments importants de la première partie de ce tryptique mais je me suis senti bien plus à l’aise avec le deuxième opus, intégrant toujours d’excellents choix de nouvelles et d’auteurs / autrices. Il est d’ailleurs assez amusants que plusieurs de ceux / celles-ci soient par ailleurs lié.e.s au domaine historique de par leurs études et/ou leur travail actuel.

Le recueil couvre encore de nombreuses périodes historiques (de l’époque romaine à l’époque contemporaine), dans des zones géographiques variées puisqu’il sera autant question de l’histoire européenne qu’américaine et asiatiques (manque peut-être un peu d’uchronie en terres africaines ?) et avec des éléments se référant autant à la politique, aux arts qu’aux sciences. Et toujours quelques extensions sur, par exemple, des invasions extra-terrestres.

Passons maintenant au menu que nous a concocté Bertrand, avec des nouvelles qui vont nous faire traverser les différentes époques :

Nous allons commencer par des uchronies “romaines” avec deux nouvelles, la première de Pascal Lemaire va nous raconter une autre histoire de Pline et de son travail encyclopédique pendant Stéphane Lesaffre nous plongera avec Europa dans la conséquence d’un voyage vers le satellite jupiterien… Une mention toute particulière pour cette nouvelle qui lie dans un même temps le voyage dans l’espace et les déités romaines. J’ai notamment bien accroché à la relation qui se noue entre le scientifique et le prêtre romain dans l’analyse des faits et le questionnement quant à leur possible origine.

Si l’histoire romaine nous est plutôt familière, l’histoire espagnol (et notamment son expansionnisme) l’est moins. Noches Tristes d’Olivier Boile va nous renvoyer sur la conquête de l’Amérique Centrale par l’Espagne et cette uchronie va s’enraciner dans l’échec de la colonisation du Mexique et la revanche du prince Cuauhtémoc… Toujours autour de l’Amérique Centrale, Floriane Soulas nous mènera sur le débarquement de colons et l’installation de ces derniers. J’aurai bien aimé que soit plus creusé cette nouvelle qui nous font découvrir le continent sous un angle jamais vu…

La guerre de Sécession reste aussi un élément assez classique de divergence historique et que seraient devenus les Etats-Unis sans la fin de la ségrégation ? Préférer les ténèbres de Sylwen Norden nous en donne une vision prolongée durant les derniers instants du Reich pour montrer ce que seraient les alliances.

j’ai bien peur d’avoir trouvé la réponse. Siècle après siècle, le monde reste le même. Les peuples n’arrivent pas à évoluer. Ce qui évolue, chez l’homme, c’est sa technologie, son potentiel de destruction, mais pas son humanité.

Préférer les ténèbres de Sylwen Norden

Les autres nouvelles sont du même accabit, réussissant à nous faire réfléchir sur ce qu’aurait pu être notre histoire, et les conséquences d’une déviation plus ou moins légères de celle-ci. La recherche médicale pour faire des surhommes est au coeur de la nouvelle d’Alain Rozenbaum Le Cerveau n’est pas un organe vital, la Bretagne et son indépendance marque la nouvelle Anarchy in Brittany de Jean Rébillat.

A noter que, comme dans le précédent volume, des uchronies avec intégration d’éléments surnaturels ou SF sont présentes et en tout premier lieu (dans l’ordre chronologique) Opération Baphomet de Pascal Roussel. Issu d’une famille de voleur, Thibaut va vivre une bien étrange aventure dans un monde où une invasion extraterrestre a eu lieu et ce avec beaucoup d’humour.

J’ai le pied droit sur un coffre et le gauche qui vient de passer au travers d’un petit tableau qui, je crois, représentait une femme qui sourit, une main posée sur l’autre. Sûrement un petit portrait de famille sans grande valeur.

Opération Baphomet de Pascal Roussel

Black Coat Press (Août 2019) – Collection Rivière Blanche – 417 pages – 35€ – 9781612278704
Couverture : Tiffaine Uldry

Et si ? Et si la république indépendante d’Ezo l’avait emporté ? En 1868, le Japon est déchiré par une guerre civile entre les partisans de l’Empereur et ceux du Shogun. Nakano Takeko, jeune femme noble et guerrière accomplie, vient combattre aux côtés des troupes restées fidèles au Shogun avec son escadron de femmes. Blessée grièvement lors d’une bataille, elle survit et participe à la création de la toute jeune république d’Ezo, proclamée sur l’île d’Hokkaido. Elle devient l’incarnation des idéaux de la République lors de la bataille décisive de Miyako en débarquant à la tête de l’armée républicaine qu’elle mène de victoire en victoire. Elle est la première présidente de la république du Japon, en 1870. Mais ceci est une autre histoire.

Sommaire

  • Préface par Etienne Barillier
  • Pascal Lemaire : Mort d’un encyclopédiste.
  • Olivier Gaudefroy : La République pneumatique. 
  • Stéphane Lesaffre : Europa. 
  • Olivier Boile : Noches tristes. 
  • Floriane Soulas : This land is mine. 
  • Pascal Roussel : Opération Baphomet
  • Sylwen Norden : Préférer les Ténèbres. 
  • Alain Rozenbaum : Le Cerveau n’est pas un organe vital 
  • Jean Rébillat : Anarchy in Brittany
  • Cédric Legentil : Tora no kaigai hakengun.
  • Jérôme Akkouche : Mécanique cubiste.
  • Pierre Léauté : Kaiser Kong. 
  • Philippe Deniel : Tribunal de guerre. 
  • Jérôme Bertin : À travers l’Univers. 
  • Marc Legrand : Antarctique. 
  • Meddy Ligner : Un Crochet de trop. 
  • Gillen : Pour une gorgée de Talisker. 
  • Jean-Jacques Régnier : Où sont passés nos futurs ?
  • Amélie Bousquet : Sous l’emprise du temps. 
  • Aliette de Bodard : L’Homme emporté par le vent 

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