Immortels en conserve de Michaël Coney

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©Wojtek Siudmak

Alors que la population mondiale a grandement accru, mettant en danger la vie au sens large, des mesures radicales ont été prises pour limiter la natalité. La principale a consisté à transférer les cerveaux d’arrêter la vie physique des adultes à 40 ans et de transférer dans le corps des bébés naissants le cerveau plus âgé, permettant ainsi de conserver la connaissance.

La conséquence comme de bien entendu a été de faire chuter la natalité et à conduit au besoin de trouver de nouvelles alternatives pour permettre aux cerveaux d’attendre… Ceux-ci sont donc stockés dans des “boîtes”, équipées des moyens pour parler et écouter et le summum est que les “vivants” peuvent les recueillir chez eux pour leur donner un peu de compagnie pendant cette longue attente.

Le petit crâne allait être ouvert, le jeune cerveau enlevé pour être remplacé par un cerveau infiniment plus expérimenté et capable d’affronter le monde tel qu’il est.

Il arrive qu’au gré des brocantes, et des achats de livres d’occasion, nous trouvons quelques pépites. C’est le cas de ce roman de Mickaël Coney, découvert dans une étagère du rayon livre d’Emmaüs. Attiré par cet étrange titre, de même que par le quatrième de couverture, j’ai pu découvrir un petit bijou de SF. La construction de ce roman donne à penser à un recueil de nouvelles : un médecin “transplanteur” est au coeur de 5 histoires, très différentes dans ce monde qui a trouvé une sorte d’immortalité applicable à tout le monde.

Chaque histoire raconte des destins croisés : une femme n’arrive pas à déclarer la naissance de son enfant ne voulant pas le perdre ; une autre décide de venir “voler” deux amis ; une femme proche de sa transplantation voit sa “réincarnation” menacée à quelques mois de sa fin légale ; un groupe refuse de poursuivre cette vie  éternelle.

Alors, nous allons pouvoir réfléchir au travers de ces différentes histoires à l’immortalité bien sûr, avec tous les travers que cela peut représenter : les mêmes personnes revivant, et souhaitant continuer à revivre, se contente de reproduire ce qu’elles font, pour ne pas courir le risque de faire des infractions qui pourraient entraîner la mort définitive… On imagine assez facilement que cela a pour conséquence une société sclérosée, ce sentiment étant renforcé par l’absence totale de jeunesse pour dynamiser et innover.

La question aussi de l’humanité et de son avenir est posée, au travers des androïdes (qui font plus penser à des clones) créés pour accueillir des cerveaux mais que les humains refusent : ils bénéficient du coup de leur jeunesse, la demande étant tellement faible qu’il n’y a que peu de roulements.

L’obéissance aveugle aussi envers une administration qui traque, accuse et condamne sur des bases souvent douteuses, qui poussent à la délation pour permettre une réincarnation plus rapide en faisant progresser le statut de l’individu.

Pour résumer, un roman qui va vous interpeller… Si vous arrivez à mettre la main dessus 😉

Pocket SF (Octobre 1983) – 252 pages – EPUISE – 2266013041
Traduction : Annie Perez
Titre Original : Friends come in boxes
Couverture : Wojtek Siudmak

Ils sont en boîte. Ils sont conscients. Ils peuvent même parler et vous écouter : la technologie fait des miracles. Vous pouvez en recueillir un chez vous ; il vous tiendra compagnie. Un cerveau humain de quarante ans avec tous ses souvenirs, c’est une présence, bientôt peut-être un mai. Mais pensez-y bine  : ce cerveau aurait dû être greffé dans le corps d’un bébé de six mois. Alors, mettons-nous à la place des “vivants” : à quoi bon avoir un bébé quand on sait que son cerveau sera jeté aux ordures au bout de six mois ? Alors, la natalité diminue et les immortels restent en conserve. Je ne serais pas étonné que votre mai en boîte pense à vous. Votre corps l’intéresse. Et il a le temps.

Immortels en conserve de Michaël Coney, 10.0 out of 10 based on 1 rating

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