La contre-nature des choses de Tony Burgess

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Ce nouveau titre de la collection Exofictions est un des plus étranges que j’ai eu à lire ces derniers mois…

Les morts continuent à vivre, ou plutôt à remuer devrais-je dire, sans pour autant représenter une quelconque menace… Si ce n’est celle d’envahir le quotidien des survivants. Omniprésents, leur annihilation semble poser quelques problèmes : les différentes méthodes proposées posent des questions morales (pour ce qui était de l’option de les brûler dans des grands fours) ou pratiques (les enterrer ne sert à rien puisqu’à force de remuer, ils remontent à la surface).

C’est à cette époque que les gens ont cessé de mourir proprement. Ils étaient morts, au sens où ils cessaient d’être des gens. mais ils étaient vivants parce qu’ils arrêtaient jamais de bouger.

Bref, rien ne semble permettre de s’en débarrasser de manière totalement satisfaisante et la solution de les envoyer dans l’espace semble être un moindre mal.

C’est sur Terre devenu inhospitalière qu’oeuvre notre personnage qui a pour l’instant un besoin urgent de trouver un enfant pour.. Pourquoi d’ailleurs ? C’est une question que je garde dans un coin de ma tête parce que je ne suis pas bien sûr d’avoir compris tenants et aboutissants.

Toujours est-il qu’il y a certainement une très bonne raison, raison liée semble-t-il à cet artiste du chaos qu’est Dixon et qui a la particularité d’être un porteur de violence et d’agressivité.

Dixon a aligné sur une route des centaines de gens nus sur des chaises et il leur a foncé dessus dans un pick-up à cent soixante kilomètres-heure. Ca, il l’a fait plein de fois. Son record, c’est soixante-dix huit personnes – le nombre de corps qu’il a fallu pour arrêter le véhicule.

L’un traque l’autre et Y (l’enfant) se retrouve embarqué dans cette chasse à l’homme. Cette chasse est semée de violence et de scène crues, de viscères et pour certaines d’entre elles proche de la scatologie.

Le début est particulièrement dur à suivre et à la moitié du récit, nous plongeons dans une sorte de conte morbide dont on a du mal à percevoir où il nous emmène… Et je ne le sais toujours pas.

Une sorte d’Ovni finalement…

Actes Sud (Février 2018) – Exofictions – 192 pages – 16,80€ – 9782330092535
Traducteur
: Hélène Frappat (Canada)
Titre OriginalThe n-body problem (2013)
Couverture : Laura Kate Bradley

Un homme au bout du rouleau – le narrateur – sil­lonne un paysage de fin du monde sans lever les yeux. Tout là-haut, dans ce qu’il reste de l’ancien ciel et qu’il évite de regarder, l’Orbite charrie un milliard de cadavres. Parce qu’au bout du compte, l’apocalypse zombie aura surtout généré un gigantesque problème de gestion des déchets. Les brûler dans des fours géants ? Trop de mauvais souvenirs. Les enterrer ? On a bien essayé, mais pour se retrouver avec des hectares de boue grouillante. Alors on s’est mis à les envoyer là-haut. Quant à lui, il doit se trouver un fils avant le soir, autrement dit kidnapper un gosse pour qu’il l’aide à accomplir une mystérieuse mission.
Et puis il y a Dixon, son double maléfique, une vieille connaissance devenue vendeur de cadavres et un authentique génie du mal. Dixon pratique des tortures d’une barbarie et d’une sophistication pornographique qui en font l’homme le plus redouté parmi ce qu’il reste de survivants sur cette planète presque totalement in­hospitalière. Entre le narrateur et lui, un duel s’engage. L’occasion, pour Tony Burgess, d’ajouter à l’Enfer de Dante une multiplicité de cercles dont la puissance tient autant à leur imagerie traumatiquement poétique qu’à leur caractère politique de prémonition.

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