Service de Presse
La collection dyschroniques des éditions Le Passager Clandestin continue de s’enrichir de titres plus anciens. en ce mois de mai, deux nouveaux titres s’ajoutent : La règle d’or de Damon Knight et donc La tour des damnés de Brian Aldiss. Cela faisait particulièrement longtemps que je n’avais pas lu un roman de l’auteur anglais (en fait 2010 avec Super Etat). L’occasion donc de le redécouvrir dans un format plus court.
Surpopulation et expérience.
Dans les années 1970, la surpopulation planétaire commence à inquiéter les scientifiques. C’est la raison qui poussera le Centre Ethnographique de Recherche sur les Groupes A Forte Densité à imaginer une expérience à taille réelle. En Inde, un bâtiment de 10 étages sera construit pour voir l’évolution d’un groupe de 1500 volontaires, tous âgés de moins de 20 ans en situation d’enfermement.
Ces volontaires sont vaccinés contre tout ce qui est possible et bénéficient de tout le confort possible, notamment une alimentation à volonté. Ils sont surveillés de l’extérieur par le CERGAFD.
Le temps passe, et le monde a changé. Début du XXIè siècle, plus aucun problème de surpopulation, ni de famine. Cependant, il reste cette verrue. Cette tour qui, au fur et à mesure des années, a continué à exister. En son sein, les 1500 sont devenus 75000. Chaque étage sous la direction d’un homme fort.
Thomas Dixit est envoyé dans la Tour pour comprendre comment cela a évolué et notamment les pouvoirs « parapsychiques » que pourraient avoir développés les résidents. Il y rencontrera le tyran du 9ème, Prahlad Patel…
Dystopie et relation humaine.
On s’en doutera, la novella de Brian Aldiss se situe sur le domaine de la dystopie. Nous allons suivre le point de vue de Thomas Dixit et d’une famille du 9ème étage.
Si la question de la surpopulation était d’importance à l’époque, avec de réelles inquiétudes de la part de la communauté scientifique, ce qui est intéressant dans cette histoire est la construction de la société. Totalement enfermée sur elle-même, la communauté à développer ses propres états (qui sont peu ou prou les étages), avec comme de bien entendu, des guerres de territoires.
Ce n’est pas le seul point qui se développe, puisque la soumission à un « gouvernement » et une forme de fatalité semble s’être fait le quotidien des habitants. Cela peut surprendre dans la lecture mais quand on lui fait l’écho de notre période, elle sonne étrangement juste.
Coincé dans leur réalité, la Tour semble devoir rester, malgré la volonté de Thomas de leur faire découvrir l’extérieur et retirer cette verrue qu’est l’expérience d’un monde qui semble plus sympa que jamais.
Ethique quand tu nous tiens
La question de l’éthique résonne fortement au travers de l’avancée de Thomas. Si la primo-population était bien une population de volontaires, qu’en est-il des descendantes et descendants ? D’autant plus que « l’extérieur » a donné suffisamment de biens et de nourriture pour que la question de la liberté se masque sous le prisme d’une vie qui pourrait sembler paisible et sans accroc.
De la même façon, on pourra questionner la volonté de faire sortir cette population contre son propre avis.
Pour résumer, l’histoire de cette Tour tire de nombreux fils narratifs, tous aussi intéressant les uns que les autres. On pourra être frustré par un ton un peu froid, un peu clinique, mais après tout, c’est le compte-rendu d’une expérience non ?
Editions Le Passager Clandestin (7 mai 2026) – Collection Dyschroniques – 134 pages – 10 € – 9782369356257
Traduction : Guy Abadia (Angleterre)
Titre Original : Total Environment (1968)
Couverture : Yanni Pnajotopoulos
Début du XXIe siècle. La Terre a résolu ses problèmes de surpopulation et de famines. Et tout irait parfaitement, s’il n’y avait la Tour. En 1975, 1 500 volontaires y ont été introduits afin d’étudier le comportement d’individus soumis au confinement. Trente ans plus tard, 75 000 personnes pullulent à l’intérieur. Le conditionnement a si bien fonctionné que personne ne semble vouloir sortir, ni même imaginer qu’une autre réalité soit possible.











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