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Heureux comme jamais de Guillaume Chamanadjian

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Nous sommes plutôt habitués à lire Guillaume Chamanadjian dans le domaine de la fantasy, que ce soit au travers de Capitale du Sud ou encore Une valse pour les grotesques, tout cela aux éditions Aux Forges de Vulcain. Cette fois-ci, l’auteur nous emmène dans l’espace, dans un récit où Science-Fiction, ironie et gros moyens se font la course…

Fuir la Terre pour sauver l’Humanité…

La situation sur la Terre est devenue complétement invivable pour l’humanité et, à courte échéance, il est pratiquement avéré que la planète devient inhabitable. C’est dans ce contexte qu’Errol Jorgensen décide de déclencher une mission dans l’espace avec pour objectif de rejoindre une lune de Jupiter, Callisto et constituer une colonie.

Envoyé en avance de phase, des robots, sous contrôle d’intelligence artificielle, sont en passe de terraformer le satellite jupitérien. A bord du vaisseau, nous retrouvons la fine fleur de l’élite terrienne : chefs d’entreprises, milliardaires, riches héritiers. Le petit monde interne est sous la direction d’une espèce de comité directoire où Errol semble être l’alpha et l’omega.

Cependant, le monde ouvrier n’est pas totalement absent parce que le vaisseau, aussi puissant soit-il, a besoin d’entretien. Pour répondre à ce besoin majeur, un technicien a été intégré à l’aventure. Jonathan Simmons, de façon à gérer les réparations et éviter aux ultrariches de devoir se salir les mains. Ce dernier est monté à bord avec sa fille Noah. Malade, il va la laisser prendre sa place à l’appel du maître du vaisseau, à un moment où où la Terre a envoyé un message.

… et un pied de nez à notre monde !

J’avoue que j’ai trouvé ce récit savoureux. Réponse directe aux velléités de nos puissants de quitter la terre ferme pour éviter de travailler sur les solutions, la mission d’Errol Jorgensen n’est pas sans rappeler les propos d’un Elon Musk ou Jeff Bezos. Et Guillaume nous l’affirme bien fort, si cela vous fait rêver, n’oubliez pas que vous ne ferez pas partie du voyage.

L’accord ces fonctionne au-delà de nos espérances à toutes et à tous, et nous sommes heureux de vous annoncer qu’en cette année 2063, la Terre est revenue au niveau de CO2 qu’elle avait en 2016.

Alors c’est proprement jouissif de voir que les terriens ont finalement réussi à trouver une solution alors que les ultrariches semblent condamnés ! Condamnés parce qu’ils continuent, même alors que le monde est foutu, à vouloir amasser des fortunes, à être les meilleurs et surtout à maltraiter les ouvriers.

Du côté de Noha, elle va apprendre malgré elle ce qu’entraîne le pouvoir et qu’elle peut n’être qu’un jouet entre leurs mains avides. #MeToo semble oublier loin de la planète bleue !

Drôle et quelques messages !

Même si le roman se lit très bien et présente une ironie qui n’est pas sans être plus que plaisante, il ne s’empêche pas d’aborder des thématiques d’actualité et à se placer socialement.

Déjà par le choix du personnage central. Noah est la plus pauvre du vaisseau. Non seulement elle est ouvrière mais elle est en plus la fille du technicien. Au titre de « pauvre » elle subit énormément : agression verbale de la part des puissants, agressions sexuelles et, cerise sur le gâteau, le remède pour soigner son père existe mais les détenteurs du remède en daigne pas l’utiliser pour quelqu’un qui ne pourra pas lui apporter quoi que ce soit.

Autre axe : la mégalomanie, associée à une IA qui ne fait que tenir son rôle, à savoir valider / confirmer les propos de son propriétaire. Et là encore, celles et ceux qui utilisent l’IA oublie de prendre en compte le côté « soumis » des réponses qui ne prendra pas le contrepied de la vision du questionneur.

Editions Aux Forges de Vulcain (Mars 2026) – 189 pages – 18 € – 9782373053791
Couverture : Elena Vieillard

À bord du Space Dragon, vaisseau spatial contenant le dernier espoir de l’humanité, les places sont chères. Seuls les ultrariches ont pu embarquer pour fuir une Terre au bord de l’extinction. Noah a grandi sur le vaisseau en compagnie de son père, seul ingénieur de maintenance autorisé à embarquer. Formée pour prendre sa relève, elle occupe ses journées à travailler et à écouter la musique d’un monde passé avec BINS-42, son IA de compagnie.
Un jour, alors qu’elle assiste malgré elle à une réunion top-secrète avec les quatre têtes pensantes du Space Dragon, Noah apprend l’existence d’un message en provenance de la Terre. L’humanité est loin d’être aussi éteinte qu’on le croyait et cette nouvelle provoque au sein du vaisseau une guerre de pouvoir sans pitié.


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