Interview : Olivier Deparis

Réalisée par :Mail
Date :Octobre 2007
Allan : Que représente pour toi Cal de Ter ?
Olivier : Je n’ai pas lu Cal de Ter au moment de sa parution. Ce qui a éveillé mon intérêt lorsque je l’ai découvert, l’année dernière, c’est d’y retrouver concentré tout ce qui à une époque, faisait la véritable richesse d’une certaine science-fiction, la SF populaire. Un savant équilibre entre style et souffle narratif, le tout en permanence soutenu par une intensité inventive qui n’a plus aujourd’hui cette naïveté touchante. J’ai de nouveau ressenti ce plaisir que j’avais étant gosse, de rêver sans prise de tête et pourtant en me posant des questions parmi les plus essentielles.

J’apprécie notamment la manière dont PJ Hérault aborde le rapport homme machine. Un thème qui fait écho à la peur que nous avons tous d’être un jour égalés puis dépassés par l’Intelligence Artificielle. En cela, on pourrait penser que Cal de Ter rejoint Ghost in the Shell (ou l’inverse), cependant le premier s’arrête presque exactement là où débute le second. Au moment où les androïdes sont en âge de s’émanciper. Car chez PJ Hérault, les hommes sont versatiles, mais pas les machines. Je ne veux pas parler pour lui mais quelque part, je suis convaincu que son idéal « humain » n’est pas constitué de chair et d’os, mais de plastique et de métal. Il fait davantage confiance à la machine qu’à l’Homme, alors que de nos jours nous sommes plutôt devenus totalement paranos avec l’Intelligence Artificielle.

Voilà ce que représente vraiment pour moi Cal de Ter : une époque où l’on faisait confiance à la science pour sauver l’humanité, la transcender. Tout le contraire d’aujourd’hui.

Allan : Dans quelle optique as-tu accepté ce défi ?
Olivier : C’est intéressant en tant qu’auteur d’essayer de se fondre dans l’univers d’un autre ; de trouver l’angle d’attaque, l’interstice dans lequel se faufiler pour ne pas faire redondance avec ce que l’initiateur d’un roman a déjà raconté. Cela peut paraître évident, mais il faut que l’histoire s’intègre parfaitement dans le cycle d’origine, de sorte à présenter un réel intérêt pour tous les lecteurs qui connaissent la série mais aussi pour tous les autres, ceux qui n’en ont jamais entendu parler.

Concernant Cal de Ter, le terreau était si riche que ce n’était pas gagné d’avance.
PJ Hérault avait ouvert bien des portes, et répondu à la plupart des questions. J’aime ce genre de challenge.

Allan : Quel regard portes-tu sur le résultat ?
Olivier : Tout d’abord, j’ai été stupéfait à la lecture du Secret des Loys, écrite par PJ Hérault lui-même pour ce recueil. Car il existe entre ce texte et le mien une troublante adéquation. A croire qu’on se serait concertés, mais ce n’est pas du tout le cas.

L’unité se confirme très vite avec d’autres nouvelles. Du coup, on évite me semble-t-il ce que je craignais à l’origine, c’est à dire une impression de décousu, d’ensemble mal rapiécé.

Bien sûr, il y a bien un ou deux textes qui me semblent moins intégrés, mais ce n’est là certainement qu’une affaire de goût personnel. L’ensemble fonctionne très bien.

Aucun regret, vraiment.

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