Ring Shout – Cantique rituel de P. Djèli Clark

Ring Shout est un court roman de P. Djèli Clark, lauréat des Prix Locus en 2021 et Nebula en 2020. Il nous permet de découvrir une Amérique alternative où les monstres sont parmi nous et notre salut dans les communautés Noires et notamment Gullah.

Plantons le décor

1922. Le Ku Klux Khan est partout et développe sa haine vis-à-vis des noir·e·s, avec un appui de la population qui dépasse tout ce que l’histoire américaine a pu connaître. La faute à un film Naissance d’une nation qui, tout en ensorcelant l’Amérique, a permis dans le même temps de développer la présence de créatures d’un autre monde ou en tout cas d’un autre plan : les Ku Kluxes.

Ces créatures arrivent à se faire passer pour des hommes, et ne sont repérables qu’à d’infimes détails comme une soif inextinguible et une certaine attirance pour la viande canine. Et pour lutter contre ces ku kluxes, Maryse Boudreaux, Sadie et Chef n’hésitent pas à utiliser tout leur savoir faire : Explosifs, fusils ou épée, tout est bon pour détruire ces créatures infâmes qui développent la haine contre la population afro-américaine.

La découverte du trio se fait alors qu’elles ont décidé de détruire quelques unes de ces créatures, appuyées dans leur quête par une “sorcière” (est-ce le bon terme ?) gullah, pratiquant le ring shout, cérémonial pratiqué par les esclaves africain·e·s et permettant ici de lutter contre le mal.

La société s’enfonce donc dans ce développement du Ku Klux Klan, aidé par l’absence de réaction ou le laisser faire des blancs bien-pensants.

Exemple de Ring Shout

Malheureusement pour Maryse et ses comparses, il semble que la situation va s’aggraver avec l’arrivée à Macon d’un boucher aux connaissances étendues.

Trois femmes au cœur du combat

P. Djéli Clark profite de ce court récit pour nous parler des gullah, ces descendants d’esclaves et leur culture présente notamment sur les côtes de la Virginie où les premiers bateaux esclavagistes sont arrivés. Au travers de ce récit, nous voyons la force de trois femmes, des femmes au passé douloureux et qui vont mettre leur vie en danger pour le bien de la communauté.

Cela commence par Maryse, dont la famille a été tuée alors qu’elle était encore jeune et qui lui vaut d’avoir une épée magique bien pratique pour lutter contre les démons et qui semble faire d’elle une “élue”. Il y a ensuite “Cheffe”, qui a connu les affres de la Grande Guerre et en garde des souvenirs douloureux et enfin Sadie, prête à tout pour obtenir l’égalité pour toutes et tous.

Ca fuse avec des scènes de combat contre ces monstruosités que sont les Ku-Kluxes, qui arrivent à posséder les hommes parce qu’ils le veulent bien. Et c’est bien la difficulté à laquelle sont confrontées les trois femmes : ne pas tomber dans le même travers au risque de dévoyer leur combat.

Le récit est puissant, bien conçu et dynamique. Un vrai régal et une vraie intelligence de l’auteur d’avoir su jouer en même temps sur l’histoire d’une partie des afro-américains, sur l’histoire du ku-klux-Klan, en y intégrant des éléments imaginaires.

Un récit qui réveille !

Editions L’Atalante (Octobre 2021) – 172 pages – 12,90 € – 9791036000928
Traductrice : Mathilde Montier (Etats-Unis)
Titre Original : Ring Shout or Hunting Kukluxes in the end of times (2020)
Couverture : Dorian Danielsen

Macon, 1922.

En 1915, le film Naissance d’une nation a ensorcelé l’Amérique et gonflé les rangs du Ku Klux Klan, qui depuis s’abreuve aux pensées les plus sombres des Blancs. À travers le pays, le Klan sème la terreur et se déchaîne sur les anciens esclaves, déterminé à faire régner l’enfer sur Terre.

Mais les Ku Kluxes ne sont pas immortels. Sur leur chemin se dressent Maryse Boudreaux et ses compagnes de résistance : une tireuse d’élite à la langue bien pendue et une Harlem Hellfighter. Armées de fusils, de bombes et d’une épée imprégnée de magie ancestrale, elles chassent ceux qui les traquent et renvoient les démons du Klan tout droit en enfer ; alors qu’un complot effroyable se trame à Macon et que la guerre contre le mal est sur le point de s’embraser.

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