Le serpent Ouroboros de E.R. Edison

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Le Serpent Ouroboros (1/2)

De mon côté, il s’agit ici du  deuxième titre que j’ai entre les mains des éditions Callidor (l’interview de Thierry Fraisse est disponible ici), et comme pour Les Centaures, l’objet en lui-même mérite que l’on s’y attarde : qualité de la couverture et du papier mais surtout des illustrations qui enrichissent un texte d’une grande qualité. Si Les Centaures faisaient exception avec des illustrations d’époque, pour cette parution, nous revenons sur le modèle habituel de Callidor avec des illustrations contemporaines, signées Emily C. Martin.

Si nous nous repositionnons sur le coeur de l’histoire, nous allons suivre essentiellement des démons résidant sur Mercure. Comme vous le comprendrez assez vite, Mercure n’est qu’une version différente de notre planète dans laquelle différentes composantes s’opposent.

Alors même qu’une opposition ancienne existe entre la Sorcerie et la Démonie, le roi Sorcier envoie un émissaire pour faire des démons les vassaux et espère une réponse “épidermique” les poussant à l’erreur… Les démons ayant soufferts plus que les autres peuples du combat face aux goules.

Je ne puis à rien d’autre te comparer, ô Juss, qu’au moineau-chameau. Auquel on enjoignait: “Vole !” et qui répondait : “Je ne puis, car je suis un chameau” ; et quand on lui disait : “Porte !”, il répliquait : “Je ne puis, car je suis un oiseau”.

Mais Juss, le roi des démons, fait preuve de beaucoup de sagesse en proposant un combat singulier en terrain neutre avec le roi de Sorcerie, espérant que ressorte de cette épreuve une paix durable… Mais cet affrontement en terrain neutre va être le début d’un enchaînement d’événements aux répercussions sur tous les peuples.

Alors, si le début est assez étrange avec le personnage de Jessingham, que nous ne retrouverons plus par la suite, j’ai trouvé que le récit était d’une très grande qualité littéraire (et bien sûr, pour cela nous pouvons remercier Patrick Marcel pour la qualité de la traduction en français).

Si je vous dis que ce livre a été apprécié par le grand Tolkien, vous ne serez pas surpris de trouver beaucoup de descriptions sur l’environnement de Mercure et pas très surpris non plus qu’une partie de l’aventure se déroule dans le but d’atteindre une montagne :).

Le style pourra bien sûr gêné certains lecteurs : il peut paraître alambiquée, un peu trop précieux mais je trouve personnellement que cela est justement un atout. Cela renvoit à l’époque où a été écrit ce récit (rappelons-le à titre informatif 1922 et jamais traduit auparavant chez nous) et lui donne un petit côté rétro (classique ?) qui le rend en quelque sorte intemporel.

Sur l’histoire en elle-même, je ne peux pas dire que l’histoire est particulièrement originale mais là encore, je vous dirai de resituer le récit dans son époque… Et en 1922, des histoires de guerre sur Mercure n’était pas courantes, le récit est donc totalement innovant !

Les personnages vous sembleront déjà croisés dans d’autres récits, peut-être trouverez vous l’histoire trop convenu… L’humanité des Démons est ce qui m’a le plus marqué : j’ai trouvé cela tellement drôle que les Sorciers, qui sont les plus proches de nous, soient les agresseurs – et permanent qui plus est – dans cette histoire

Pourtant, il serait bien dommage de passer à côté de ce titre, vous risquez de passer à côté d’un vrai moment de pur plaisir.

Les éditions Callidor continue donc à nous faire découvrir des titres anciens et peu (pour ne pas dire pas) connus et ce travail de qualité nous promet à mon avis de nouvelles grandes découvertes à venir.

La seule déception reste finalement de ne pas avoir déjà la possibilité de lire la fin du récit… Espérons que l’attente ne soit pas trop longue 🙂

Callidor (Novembre 2017) – Collection Âge d’Or – 283 pages – 20.00€ – 9782953944778
Traduction : 
Patrick Marcel
Titre Original : The Worm Ouroboros (1922)
Illustration : Emily C. Martin

Sur la lointaine Mercure, les trompettes de la guerre viennent de retentir, les tambours de chanter le fracas des armes et les épées de se parer de leur manteau pourpre. L’honneur des démons a été foulé aux pieds par le roi de Sorcerie, et pour laver l’affront, le seigneur Juss et ses alliés s’apprêtent à livrer un combat épique. Leur périple les conduira à travers forêts et déserts, mers et marais, au coeur des fabuleuses contrées de la la terre du milieu, depuis leur majestueuse Démonie aux mille montagnes jusqu’aux plus hautes cimes enneigées de la terre. 

Le serpent Ouroboros de E.R. Edison, 9.0 out of 10 based on 1 rating

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