Au bal des absents de Catherine Dufour

En ce mois de septembre 2020, Catherine nous a fait le plaisir de nous proposer deux parutions avec d’une part l’arithmétique terrible de la misère paru aux éditions du Belial et d’autre part Au bal des absents au Seuil dans la collection Cadre Noir. D’ailleurs, je dois avouer que rien ne laissait penser au vu de la collection, de la couverture et du quatrième de couverture que le bal des absents pourraient avoir une dimension imaginaire.

C’est donc en pensant lire un bon thriller que je me suis lancé dans Au bal des absents avant de me rendre compte que nous sombrions dans une histoire un peu plus paranormale que prévue.

Claude est une femme en difficulté : sans emploi et au RSA, elle va rapidement se faire expulser de son logement, devant vendre les derniers vestiges de son histoire familiale pour pouvoir survivre. Alors quand elle reçoit un InMail au travers de LinkedIn d’un obscur juriste américain qui souhaiterait qu’elle enquête sur la disparition d’une famille, elle se dit que finalement, ça pourrait l’aider à survivre un peu plus longtemps. Elle file donc rejoindre la villa isolée, n’expliquant pas à son “patron” que cette expérience en milieu policier est plutôt anecdotique…

Et puis elle arrive sur place, heureuse enfin d’avoir un logement finalement et gratuit surtout. Mais elle finira par dormir dans sa voiture, chasser plutôt violemment par des résident.e.s mort.e.s (des fantômes pour être clair) qui n’ont rien de bien sympathique. Claude ne voudra pour autant pas céder et cherchera à libérer la maison de ces occupant.e.s.

Une histoire de fantômes donc si nous résumions rapidement mais qui va surtout nous permettre de nous “frotter” à la misère. Qu’on ne s’y trompe pas, si Claude fait de la résistance et ne part pas comme toute personne sensée à toute jambe, c’est parce qu’elle n’a pas le choix. Elle n’a pas le choix parce qu’elle n’a pas les moyens de faire autrement, ayant sombré dans la pauvreté depuis déjà pas mal de temps. Et c’est surtout sa situation qui me semble être le centre de la trame.

Nous découvrons au travers de Claude, la nécessité de faire des choix pour tous les moments de la vie, sacrifier un ou plusieurs repas pour se permettre un petit plaisir, accepter n’importe quel job pour réussir à juste vivre. Et cette force que nous voyons chez Claude devient finalement l’énergie du désespoir.

Et nous allons vivre dans la tête de notre chasseuse de fantômes, découvrir ses blessures, notamment dues à l’attitude peu avenante de sa conseillère Pole Emploi, prenant un plaisir que nous pourrions dire sadique à rabaisser les chômeurs et chômeuses qu’elle a sous sa responsabilité.

Catherine dépeint à nouveau un pan de notre vie, avec un cynisme ou un humour noir, au choix.

Je m’attendais néanmoins au vu de l’avancée de l’histoire à avoir des explications ou une raison / cause au fait qu’elle ait été choisie, et j’ai été plutôt surpris de ne pas avoir cette réponse mais finalement, ce n’est pas très grave.

Editions du Seuil (Septembre 2020) – Cadre Noir – 217 pages – 18 € – 9782021461824
Couverture : Jan Hankan Dahlstrom / Getty Image

Claude a quarante ans, et elle les fait. Sa vie est un désert à tous points de vue, amoureux et professionnel ; au RSA, elle va être expulsée de son appartement. Aussi quand un mystérieux juriste américain la contacte sur Linkedin – et sur un malentendu – pour lui demander d’enquêter sur la disparition d’une famille moyennant un bon gros chèque, Claude n’hésite pas longtemps. Tout ce qu’elle a à faire c’est de louer la villa « isolée en pleine campagne au fond d’une région dépeuplée » où les disparus avaient séjourné un an plus tôt. Et d’ouvrir grands les yeux et les oreilles. Pourquoi se priver d’un toit gratuit, même pour quelques semaines ? Mais c’est sans doute un peu vite oublier qu’un homme et cinq enfants s’y sont évaporés du jour au lendemain.

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