Interview : Andre

Réalisée par :mail
Date :janvier 2006
Merci à Andreï d’avoir bien voulu répondre à nos questions à l’occasion de la sortie de la Danse du phoque aux Editions Iceberg.

Allan : Avant de commencer à parler de La Danse du Phoque, j’aimerais, si tu es d’accord, que tu te présentes un peu : ton parcours, tes lectures favorites et tes auteurs fétiches.
Andreï : Eh bien, je suis d’origine russe, suis arrivé en France en 1976 et ai toujours été avide de lecture. Surtout les polars et le fantastique. J’ai commencé à écrire des pièces de théâtre en français puis des romans et des nouvelles, voire des chansons dès que j’ai commencé à connaître la langue, ce qui m’a permis de ne l’apprendre que mieux. Au fur et à mesure, j’ai découvert bien des auteurs, Français ou autres, que j’ai toujours lu en français. Maurice Leblanc, Frédéric Dard, Agatha Christie, Exbrayat, Lovecraft, Asimov… je ne peux les citer tous. Je suis venu à la poésie sur le tard, mais ai une très nette préférence pour les Surréalistes et les Romantiques.

Allan : La Danse du Phoque est paru chez Iceberg : la recherche de l’éditeur a-t-elle été compliquée pour toi ?
Andreï : Au début, oui. Il faut savoir que La Danse du Phoque a été écrit il y a dix ans et refusé par tous les éditeurs auxquels je l’ai présenté, la plupart me signifiant leur refus de publier par lettre-type, voire sur carte de visite. Seul un m’a envoyé des critiques constructives.

Allan : Comment s’est passé le contact avec Iceberg et peux-tu nous dire une fois le manuscrit accepté le travail qu’il reste à faire ainsi que le temps que cela prend ?
Andreï : J’ai rencontré Icefull, dont j’ai corrigé le premier roman, elle a lu le mien et émis les mêmes critiques que l’éditeur précédent, m’encourageant à le réécrire. Entre temps, elle a monté Iceberg Editions et m’a proposé de publier, à condition que le livre soit réécrit. J’ai fait appel à des amis à l’esprit très critique, me suis un peu engueulé avec eux durant les six mois de réécriture -il m’avait fallu neuf mois pour la première version, mais le résultat n’est pas mauvais, je pense. Après, il faut tomber d’accord sur la couverture, rédiger une quatrième de couverture valable…

Allan : Nous allons maintenant rentrer dans le vif du sujet : comment présenterais-tu ton roman ?
Andreï : Je l’ai déjà présenté au dos du livre. Je ne me suis pas pris la tête à rédiger la quatrième de couv’ pour ballepeau !
Sinon, je dirais que c’est un polar dans un univers futuriste, avec un brin de fantaisie et d’humour. C’est un roman de gare, rien de sérieux ; je n’ai pas la prétention d’égaler un Asimov, un K. Dick, un Jeury ou un Jan.

Allan : Quel est cet acharnement sur les pratiques sexuelles des phoques ? Est-ce bien prouvé au moins ?
Andreï : (Mort de Rire) Il n’y a pas d’acharnement ! Je trouve juste marrantes certaines expressions.

Allan : Il faut quand même du temps pour comprendre le titre : pourquoi avoir attendu si longtemps pour nous révéler la cause du titre ?
Andreï : Parce qu’il ne faut jamais donner trop tôt la réponse à une énigme. Il faut que le lecteur revienne en arrière, relise des passages entiers et se dise : « Mais, putain ! Tous les indices étaient là et je ne les ai pas vus ! ». Et j’ai aussi été très marqué par ce livre d’André Dhôtel, Le pays où l’on n’arrive jamais, où le milieu du roman est une véritable plaque tournante qui bouleverse le récit et amène justement le lecteur à revenir en arrière pour tenter de prendre l’auteur en défaut, pour comprendre comment il a pu être dupé. C’est une sorte de clin d’Œil que j’ai fait.

Allan : Nous trouvons des références notamment à Rhodan et Matrix : te sens-tu proche de ces deux courants SF ?
Andreï : Ah, merdre. Pour « The Matrix », j’aime beaucoup ce film, son univers onirique et cauchemardesque, esthétique. En ce qui concerne Rhodan, c’est le nom d’une planète que j’ai créée il y a vingt ans, lorsque je travaillais sur l’univers de mon jeu de rôle de SF. Je n’ai jamais entendu parler d’un courant de ce nom. Ou peut-être, réflexion faite, des romans parus au Fleuve Noir ? Dans ce cas, c’est vraiment involontaire. Peut-être inconscient, tout simplement.

Allan : L’univers que tu décris est bien construit et je voudrais savoir comment tu t’y es pris pour construire le canevas : trame écrit très précisément ou écrit d’un bloc ?
Andreï : Tout a commencé il y a vingt ans, lorsque j’ai voulu créer mon propre jeu de rôle. Un projet qui aurait fait voyager les personnages dans le temps et l’espace. Rien qu’en inventant les règles de création des personnages, je me suis rendu compte de l’ampleur de la tâche et ai décidé de traiter chaque thème séparément en commençant par le futur. Pour les autres époques de la Terre, il me « suffisait » de me référer aux livres d’Histoire. Là, il me fallait extrapoler, user de plus d’imagination. Le plus gros morceau, je pense.
Lorsque j’ai commencé la rédaction de La Danse du Phoque, je n’avais pas de titre et l’histoire devait se dérouler au début des années 1990. Je me suis dit que ce serait sympa de transposer tout ça dans le futur et comme j’avais déjà un monde construit, j’ai décidé de l’utiliser et de l’étoffer pour ce roman.

Allan : Alors maintenant, je trouve que le “décor” et les “personnages” mériteraient d’être encore développés… Comptes tu poursuivre les aventures de Daniel Duffel ?
Andreï : Je ne prévois pas de suite. J’ai écrit ce roman comme seul et autonome. Je ne dis pas qu’il n’y aura jamais de suite, mais ce n’est pas prévu. Pour ce qui est des personnages, donc, c’est mort. En ce qui concerne le « décor », il est si riche que si j’avais voulu tout décrire, il m’aurait fallu rédiger un guide touristique géant. Je préfère faire visiter à travers un conte plutôt que de livrer froidement des données. Parallèlement à La Danse du Phoque, à la même époque, j’ai entamé un recueil de nouvelles se déroulant dans le même univers, ce qui permet de fouiller un peu chaque système, chaque planète, avec une focalisation différente à chaque fois, une façon d’aborder les choses autrement, à travers des personnages n’ayant rien en commun.

Allan : Quels sont tes projets à court / moyen / long terme ? As-tu encore d’autres romans en attente ?
Andreï : Les projets, ce n’est pas ce qui manque ! Iceberg Editions devrait sortir pour début 2007 un double recueil de mes poèmes : le premier et le second dans un seul bouquin. Au niveau analytique, ça peut être intéressant de voir l’évolution des textes et de la progression de l’auteur vers le Côté Obscur. (Rires). Rien de conclu de ce côté-là, nous avons un an pour concrétiser.
Dans les mois à venir, je devrais avoir achevé un autre roman, un drame psychologique, mais pas chez Iceberg : il n’y a rien de Fantastique dans celui-là. Donc, je devrais trouver un autre éditeur, ce qui promet des mois ou des années de galère.
J’ai encore d’autres romans en cours, notamment dans le même univers que celui de La Danse du Phoque, et bien sûr, le recueil de nouvelles qui, j’en suis certain, ne pourra que répondre à certaines questions de mes lecteurs tout en leur suggérant de nouvelles questions.

Allan : Nous as-tu rendu visite et si oui que penses tu de notre site ?
Andreï : Je ne vais pas te bourrer le mou : je suis passé en coup de vent. Donc, pour donner un véritable avis, je verrai ça en privé. C’est qu’entre le boulot, l’écriture et la vie privée, il me reste très peu de temps pour Internet.

Allan : Que peut-on te souhaiter ?
Andreï : D’avoir plus d’imagination et d’inspiration et ce, de façon exponentielle.

Allan : Le mot de la fin sera :
Andreï : Pourquoi devrait-il y avoir un seul mot pour la fin ?

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