Interview : Fabien Fernandez

Réalisée par :mail
Date :mars 2006
L’illustration d’un livre joue souvent beaucoup pour le lecteur dans son choix, le rôle de l’illustrateur est donc primordial.. Rencontre avec Fabien Fernandez…

Allan : Bonjour Fabien, avant toute chose, il est de coutume que l’on se présente avant d’aller plus : te plieras-tu à ce périlleux exercice ?
Fabien : Bonjour,
Donc je ferai simple : Fabien Fernandez, se promenant sous le pseudo de Fablyrr sur pas mal de forum. 29 années qui courent tranquillement vers la trentaine, marié depuis peu…vivant à Paris. Voila je crois en gros que vous m’avez en esquisse.

Allan : Si nous te posons ces quelques questions, c’est parce que tu es illustrateur… Peux-tu nous dire quelles voies t-on mener sur ce sentier ?
Fabien : Je ne vais pas faire dans l’original puisque je suis tombé dans le chaudron quand j’étais petit. J’ai eu je crois un petit déclic au collège ou je me suis dit je veux que ce soit mon métier, puis après j’ai compris qu’il fallait autant de talent que de volonté pour être illustrateur. La volonté je l’ai et le talent je le travaille encore.

Allan : On pose souvent la question aux auteurs mais rarement aux illustrateurs : as-tu des modèles qui t’ont permis d’avancer ou qui t’ont marqué ?
Fabien : Autant des modèles que des rencontres. C’est aussi un des grands plaisirs et enrichissement de ce métier. En modèle je suis parti tout petit avec mes couvertures de « livres dont vous êtes le héros », puis je suis tombé amoureux du dessin de Bilal ; Oui je sais ce n’est pas très original mais bon. Après je suis tombé amoureux de plusieurs autres styles d’illustrateurs qui m’ont poussé vers l’avant, à essayer de comprendre leur style, comment pourquoi ou, etc. Comme je le disais c’est aussi les rencontre qui forge dans ce métier (du moins pour moi). Une de ces rencontres fortes fut celle avec Guillaume Sorel aux Utopiales de Nantes il y a deux ans maintenant je crois. De son style que j’ai toujours adoré je suis passé au personnage. On a discuté pas mal sur le dessin en général et le métier, puis il est parti se replonger dans sa peinture, cette grande fresque cette année là qui était comment dire, déstructurée au niveau des parties graphique par artiste. Bref, pour continuer sur les rencontres, même si ce n’était pas forcément très graphique cela fait partie des rencontres qui font avancer. Celle avec jean Jacques Annaud m’ayant contacter pour des illustrations pour un projet. Je n’ai pas travaillé pour lui au final mais la rencontre était agréable et enrichissante. Celle ci m’a plus fait avancer par motivation car c’est gratifiant d’être choisi par un grand personnage du cinéma, même si on était deux sur le projet et que je n’ai pas été retenu.

Allan : Alors une question qui taraude toujours : pourquoi la fantasy ? Par goût ?
Fabien : Parce que c’est un univers privilégié de rêves. Cela va faire maintenant vingt ans que je pratique le jeu de rôles. Donc 20 ans que je baigne là-dedans. Ce sont mes petites poches d’irréel. Tout est possible, les frontières sont assez élastique, et comme je ne suis pas forcément excellent designer je pense que je suis plus apte au domaine de la fantasy qu’a celui de la SF par exemple…Mais bon après je suppose que c’est une histoire de pratique aussi.

Allan : Je voudrais que tu définisse quel est ton but lorsque tu réalise la couverture d’une parution ?
Fabien : Mon but est plutôt simple dans la théorie. A la base rendre au mieux une vision de l’histoire, du texte en entier ou simplement d’un passage. Le plus dur est parfois de rester sur certaines contraintes ou faire apparaître des éléments directement demandés par la personne passant la commande de l’illustration. En plus de rendre ce lien a l’histoire ou le texte se trouvant avec l’image, il faut se mettre a son service et il faut que l’image puisse raconter une histoire elle-même , qu’elle questionne voire interloque ou surprenne. Quand je peux dire qu’une image est réussie, je crois que c’est quand on me dit q’on a vu une histoire ou qu’on s’est posé des question sur mon image.
D’ailleurs, qu’apporte à ton avis l’illustrateur à un roman ?
Dans un premier temps je dirai simplement une simple vision des choses. Dans un second temps il ne faut pas nier qu’ »une illustration de roman ou autre livre fait parti d’un bon pourcentage du vecteur de vente. Celui qui fera que l’acheteur potentiel prendra le livre en main ou non. En tout cas ce que j’espère apporter par une image à un texte, principalement une histoire c’est un petit plus, une petite fenêtre de représentation de certains éléments du texte. Personnellement quand je lis un roman, j’aime bien retourner sur la couverture et voire l’interprétation d’un passage ou d’un personnage… Mis c’est peut-être une déformation professionnelle, allez savoir.

Allan : Dans les travaux que tu as déjà mené à terme, as-tu reçu des consignes précises et plus globalement comment travailles-tu ?
Fabien : Oui évidemment. Je pense qu’auteur de texte et illustrateurs sont lié ne serait ce que par une consigne : la taille. On se retrouve avec des contraintes de tailles ou de format d’image et souvent l’auteur lui a des limites de signes. C’est un peu la même chose.
Quand à ma façon de travailler ça dépend énormément de ce qu’on me demande, du support sur lequel ça va être édité, des délais etc. Dans un premier temps on se retrouve toujours avec une phase de croquis de toute façon. Apres en général quand on a fait un choix, on le soumet à la personne qui gère la parution de cette image. Validé ou non on poursuit pour soumettre autre chose ou passer dans une phase plus fouillée en détail et couleur jusqu’à la finalisation. Autant que pour un jeu de cartes à collectionner américain j’ai pu travailler sur mon pc avec une tablette graphique, autant que je peux aisément passer de l’acrylique pour un projet, à la craie sèche pour un autre. En fait il n’y a aucune recette a part les phase de création : croquis, peaufinage, finalisation.

Allan : Maintenant : quels sont tes projets en cours ?
Fabien : Ca doit être une des plus longues listes. En fait je suis sur un projet BD de longue haleine avec une scénariste très très douée…
Puis il y a aussi pas mal d’illustrations pour divers fanzine, une affiche pour un festival médiéval, un petit jeu de cartes a illustrer, un deuxième peut être qui viendra s’y greffer, et probablement quelques illustrations (couvertures) pour un jeu de rôles qui a de la bouteille et qui va faire sa troisième édition cette année. Voila en gros.

Allan : Nous as-tu rendu visite et si oui que pense tu de Fantastinet ?
Fabien : Fantastinet, j’ai en effet fait un petit tour de part chez vous. Je dois bien avouer que la première chose que je peux dire est que j’ai été impressionné par la richesse des éléments sur le site. Je ne connaissais pas et c’est un tort vu le coté presque encyclopédique que vous avez.

Allan : Que peut-on te souhaiter ?
Fabien : Plein de contrat et de publications peut être…

Allan : Le Mot de la fin sera ?
Fabien : C’est pas facile je ne voudrais pas non plus lâcher une phrase pseudo « philosophico-grand-sage », du genre pour la paix dans le monde et tout ça (même si on a le droit de rêver). Je rebondirai alors sur le rêve et surtout la fantasy qui est à mon avis essentiel et devrait presque être obligatoire pour les gens du monde entier pour leur procurer un peu de rêve Fantastinet e et de liberté.

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