Le peuple du grand chariot de William Lindsay Gresham

Vous l’aurez noté, je suis fan de la collection dyschroniques des éditions Le Passager Clandestin qui arrive à nous dénicher des petites pétites / nouvelles de Science-Fiction qui font écho à notre monde actuel.

Un nouveau monde Post-Apo

Le monde que nous découvrons est un monde que nous commençons à voir bien souvent dans les récits de Science-Fiction, mais il s’agit ici d’un texte de 1953 par un auteur fasciné par le monde du cirque et la culture foraine… Ce qui se ressent dans la description qu’il fait des gitans de son récit.

Ce monde donc est un monde qui a subi un (ou des) événement(s) suffisamment important(s) pour la connaissance scientifique et les outils modernes aient totalement disparus laissant les sédentaires dans une situation bien compliquée.

Nous découvrons l’existence d’un de ses villages lorsque la caravane de Johnny Petulengro, romani lui-même arrive et est accueilli avec beaucoup d’égards car considéré comme des porteurs de savoir. C’est au cours de cette étape que Fedar, fils adoptif de Johnny, tombera sous le charme d’une des villageoises, s’attirant par la même occasion l’inimitié d’un des courtisans de la jeune femme… Et la nouvelle tournera autour de cet amour et de ces conséquences

Une nouvelle courte mais percutante

La nouvelle est brève (45 pages), enrichi néanmoins d’un ensemble de notes. Pourtant, l’auteur réussi à nous décrire un monde qui est contraint de s’appuyer sur les romani, faisant un peu contre poids à l’accueil que recueillent les communautés nomades à notre époque. Ce décalage est intéressant et, pire que tout, la vision qu’en donne Johnny est effrayante. Le leader de la caravane considère effectivement que ce profond respect pour les romani n’est que temporaire, le temps que les “sédentaires” retrouvent leurs compétences et reconstruise le monde… Rendant à nouveau les romani “exclu”. Et c’est avec beaucoup de fatalité que les romani semblent prendre cette réalité comme incontournable.

La nouvelle aborde aussi l’importance de la culture orale bien sûr mais il y a tout un sujet autour de cet amour jugé comme impossible entre une sédentaire et un nomade…

Vous l’aurez compris, Le Passager Clandestin a encore tapé juste pour moi dans le choix de cette nouvelle pour étoffer leur catalogue.

Le Passager Clandestin (Février 2021) – Dyschroniques – 64 pages – 5 € – 9782369354291

« C’était la grand-mère de Johnny, la Vieille Anna, qui nous prévenait au sujet des endroits défoncés. Elle semblait le sentir dans ses os lorsque la terre était malade et, sortant de son sommeil à l’intérieur du vardo cahotant, de sa voix éraillée, elle criait de faire un détour. Aussitôt la roulotte s’engageait sur une autre route. Les routes étaient mauvaises là où des fentes s’étaient produites et où l’herbe avait poussé entre les plaques de béton. C’étaient de vieilles routes des jours anciens et à présent, fréquemment, les têtes des arbres se rejoignaient au-dessus d’elles. Mais Johnny Petulengro les connaissait comme sa poche, sachant l’emplacement des sources d’eau potable et des villages des gorgio. »

Après que la Grande Guerre Incendiaire ait fait disparaître « la Civilisation-telle-que-nous-la-connaissions », le clan de Johnny Petulengro sillone les routes de la région en ruines de Boston et profite de la « Grande Vie ». Dans un univers post-apocalyptique, alors que toutes les technologies du monde moderne ont disparu et que le reste de la population, les gorgio, se meurt à petit feu, seuls les gitans semblent détenir la clé de la survie.

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