Service de Presse
Deux nouveautés très attendues au programme des éditions Critic en cette rentrée scolaire : Oceano Nox de Louise Roullier, à paraître le 3 septembre et donc Nos éclats de souvenirs de Jean Krug. Ce n’est pas le premier titre de Jean à être chroniqué, voici la liste : La couleur du froid, Cité d’ivoire et Le chant des glaces et vous aurez la chance, si vous êtes du côté de l’Université du Mans le 1er octobre, de le rencontrer dans le cadre de Faites Lire Campus. Mais revenons-en à ce nouveau roman, où la mémoire est au coeur de l’intrigue.
IA, Mémoire et Sauvegarde…
Le froid a gagné et l’Humanité a du se protéger en intégrant une méga structure, une ville forteresse, celle de Kelgran. Dans cette nouvelle société, la donnée, la data, est structurante et vitale à la survie.
Chacun habitant est désormais équipée d’une puce, qui lui permet de sauvegarder ses souvenirs tout en étant dans le même temps gavé de donner par ce qui ressemble aux GAFAMs du futur. La donnée est une monnaie, la société semble figée.
Et pourtant… Pourtant, une résistance existe à ce système, et Cosma fait partie de celleux qui ne veulent pas accepter la société telle qu’elle s’est construite. Amnésique, sa mémoire et sa puce ne semble pas accepter de stocker de nouvelles informations, et elle est même dotée d’un étrange pouvoir, celui de voler les données des autres, de façon définitive.
De son côté, Ark est un botaniste, qui a perdu femme et fille il y a plusieurs années. Alors qu’il rentre chez lui, il découvrira un corps et comprendra que sa vie ne sera plus jamais comme avant.
Course-poursuite et résistance !
Je m’attendais à avoir pour ce nouveau roman une thématique climatique tant Jean excelle dans cet exercice et c’est donc avec surprise que j’ai découvert ce roman qui, bien que le froid n’est pas totalement absent, est bien centré sur la mémoire.
La première chose que nous comprenons est que non seulement nous n’avons pas réussi à renverser le tort que nous faisons à la nature (et les événements actuels nous prouvent bien que ce n’est pas près d’arriver) mais aussi que nous avons laissé la main aux gros consortiums pour gérer notre vie. Si vous trouvez que les GAFAMs d’aujourd’hui en savent trop sur votre vie, vous allez voir que ceux de demain peuvent directement piocher à la source, vous donnant le moyen de décharger votre mémoire dans des puces qui leur appartiennent, tout en injectant leurs propres données.
Comme aujourd’hui, nous avons des résistants avec le développement de certaines compétences dans l’Humanité. D’un côté, il y a celleux qui sont hypersensibles à la donnée, de l’autre celleux qui sont capables de les siphonner. Et bien entendu tout ce que cela peut impliquer par ailleurs : fuite des données, manipulations et merchandisation des données.
Certains aspects m’ont fait penser à Composite d’Olivier Paquet, tout particulièrement pour la dimension « manipulation ». Une des questions qui tournera en boucle pour moi est celle-ci : Ark est-il Ark où n’est-il que la composition de ses souvenirs ? Existe-t-il au travers des souvenirs qu’il a ou aussi par rapport aux souvenirs que les autres ont de lui ?
Pour des raisons différentes : Cosma et Ark cherchent à comprendre au travers de leur mémoire qui iels sont : l’une alors qu’elle ne garde aucun souvenir, l’autre parce qu’ils semblent faussés.
Ce roman m’a dérouté, m’a surpris tant les thématiques sont différentes de celles habituelles de l’auteur et aussi parce qu’elles apportent une vraie approche sur ce rapport mémoire – donnée (à mon sens).
Editions Critic (26 août 2026) – 9782375793718
La ville forteresse de Kelgran est le dernier bastion de l’humanité, une cité assaillie par le froid, maintenue en vie par l’acier, le charbon et la force de milliers de travailleurs. À son sommet, un vaste datacenter gave les habitants de données. À sa base s’entassent des millions de supports silicium corrompus, desquels s’échappent des données éparses.
Tout bascule quand Ark, un botaniste hanté par son passé, rencontre Cosma, une résistante amnésique. Débute alors une course-poursuite haletante sur fond de quête d’identité, à la recherche de précieux éclats de souvenirs.











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