Toutes les saveurs de Ken Liu

Toutes les saveurs de Ken Liu attire encore une fois l’œil grâce à l’excellente couverture d’Aurélien Police et va vous permettre de plonger cette fois-ci dans la conquête de l’Ouest dans une bien étrange ambiance…

L’arrivée d’une communauté chinoise

La ville d’Idaho City est en pleine reconstruction après avoir souffert de brigandisme et de violence, après l’attaque des MIssouri Boys qui ont ravagé la petite ville…

Et c’est à ce moment qu’une communauté de chinois débarque en ville et s’installe. Leur discrétion et leur repli sur leur clan les rend suspects aux yeux des autres habitants de la ville, en pleine fièvre de l’or.

Leur proximité, les légendes qui court sur leur alimentation, notamment à base de chien, et leur volonté de rester à l’écart des autres villageois n’aident pas à leur intégration.

Vivant leur vie tranquillement, chantant fort, faisant une cuisine odorante et épicée, ils mènent une existence qui semble leur convenir tout en étant pas très “calée” aux habitudes de bons chrétiens des résidents d’Idaho City.

L’innocence de Lily

Pourtant, la jeune Lily, fille du propriétaire, sera intriguée par la façon de vivre de la communauté et sa jeunesse lui fera prendre le risque de se rapprocher de ces étrangers qu’elle ne comprend pas. Elle sera notamment sensible à Lao Guan, décrit comme étant costaud physiquement, avec une longue barbe et dans le même temps féru de justice et prêt à protéger les siens.

Loin de rejeter Lily, il lui apprendra de nombreuses choses sur sa culture, et notamment le Wei Qi, et lui racontera aussi des légendes folkloriques de son pays, comme son arrivée sur le territoire des Etats-Unis d’Amérique. Et c’est ce qui marche dans ce (court) récit qui met en avant dans le même temps le décalage de culture et cette capacité à s’intégrer.

Le récit n’est donc pas vraiment imaginaire, si ce n’est à considérer que les récits de Lao Guan ne sont pas que des légendes, et on oscille entre légendes, western et histoires.

Néanmoins, j’ai littéralement été transporté par cette histoire débordante d’humanité, qui arrive à décrire dans le même temps l’intégration d’une communauté, la souffrance qu’elle a vécue et le développement d’une communauté variée.

Une vraie réussite.

Le Bélial (Mai 2021) – Une Heure Lumière – 125 pages – 9,90€ – 9782843449819
Traduction : Pierre-Paul Duranstanti (Etats-Unis)
Titre Original : All the flavors (2012)
Couverture : Aurélien Police

Idaho City, en pleine fièvre de l’or.
Les temps sont à la conquête. De l’Ouest, bien sûr. De la fortune, surtout… Prospecteurs, commerçants, banquiers, filles de petite vertu, bandits et assassins s’agrègent en une communauté humaine au goût de mauvais whisky et à l’odeur de poudre. Et puis il y a ce petit groupe de prospecteurs chinois. Qui vivent entre eux, s’entassent dans des baraquements minuscules, et font planer sur la ville les effluves de leur cuisine aux saveurs aussi épicées qu’inconnues. Lily, la fille de leur propriétaire, est fascinée par ces étrangers aux coutumes impénétrables. Et par l’un d’entre eux en particulier, un géant au visage rouge et à l’immense barbe, Lao Guan, qui lui apprend les mystères du wei qi et lui raconte des récits stupéfiants, les aventures de Guan Yu, le dieu de la guerre, de Lièvre roux, son cheval de bataille, et de Lune du dragon vert, sa fidèle épée. Guan Yu, qui fait face à l’injustice et à la trahison dans cette Chine impériale fabuleuse. À l’image de Lao Guan, dans cette Amérique en gestation…

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