Le Janissaire d’Olivier Berenval

Le meurtre d’un notable, représentant de l’empire galactique sème le trouble sur la petite planète Khataï où l’enquête piétine. Si ce meurtre inquiète au plus haut point c’est parce qu’il pourrait être lié à l’existence d’une rebellion locale, pouvant amener à plus long terme à une forme de secession… Alors, puisque la situation l’exige, un janissaire est appelé, et c’est Kimsé, un janissaire expérimenté, qui débarque pour résoudre le mystère.

Les janissaires, appelés en de très rares occasions, font partie d’un corps d’élite, leur corps augmenté leur permettant d’intervenir de façon musclée quand cela s’avère nécessaire. Pourtant, Kimsè se rendra rapidement compte que les représentants locaux ne semblent pas enclins à lui faciliter la tâche et un ensemble de petits détails l’interpellent, et retardent la découverte du fin fond de l’histoire.

D’ailleurs, l’assesseur Creek qui l’accompagnera une grande partie de l’aventure ne semble elle non plus totalement franche avec l’envoyé…

J’ai vu que ce roman se situait dans le même environnement qu’un précédent roman Nemrod mais cela n’a pas d’incidence si vous ne l’avez pas lu, puisque le récit est auto-porteur. La politique globale de la Communauté est plutôt bien expliqué et nous comprenons bien que tout est fait pour que chaque planète contribue à sa hauteur à l’effort commun… et ce sont d’ailleurs ces explications qui rendent le début un peu dur à appréhender, d’autant plus que quelques maladresses interpellent (notamment pourquoi à plusieurs reprises faire la correspondance entre la taille en toises et celle en mètres si cela a été totalement abandonné ?).

Au-delà de ces aspects, si j’ai trouvé les personnages de Creek et de Nourgehan intéressants dans leur construction et leur progression, j’ai gardé beaucoup de distance avec Kimsè que j’ai trouvé bien trop froid, et qui finalement ne m’a pas plus emballé que cela.

Pourtant, l’enquête, qui ne concerne que le démarrage du récit, nous amène sur une histoire bien plus politique que ce que ne laisse présager le quatrième de couverture avec notamment une origine de l’ordre des janissaires qui est plutôt intéressante.

Globalement, si la première partie présente l’intérêt de mettre en avant un monde complexe et au bord de la rebellion, ce n’est pas celle qui m’a semblé la plus intéressante : la deuxième partie de l’histoire qui va notamment mettre en exergue l’origine de l’ordre des janissaires et de complexifier la dimension politique et disons-le complotiste, m’a semblé bien plus passionnante et entraînante. Le personnage de Kimsè, tout en restant d’une froideur qui le rendent vraiment pas sympathique, devient plus riche, plus complexe et nous aurions aimé en savoir encore plus. Le personnage d’Appius, régent de la planète, devient un personnage central une fois que les masques commencent à tomber.

Pour conclure, un roman qui après un début plutôt complexe à appréhender, notamment par la complexité de l’univers, devient bien plus rythmé par la suite.

Mnemos (Juillet 2020) – 352 pages – 21€ – 9782354087913
Couverture : Wadim Kashin

Khataï est une planète perdue au bout de l’univers. Elle appartient à la Communauté, l’empire galactique réunissant l’humanité qui a essaimé dans les étoiles.
Lorsqu’il y est envoyé pour enquêter sur l’assassinat d’un haut dignitaire, le janissaire Kimsè ne doute pas un instant qu’il résoudra l’affaire. Surentraînés, les janissaires forment l’élite des investigateurs de la Communauté, redoutés pour leur efficacité proche de l’inhumanité.
Mais alors que Kimsè progresse dans une enquête de plus en plus troublante, il réalise que Khataï est aussi un monde de légendes où une rébellion insaisissable gagne du terrain. Confronté aux mystérieux habitants de cette planète, il découvrira une vérité insoupçonnée…

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